Solocal : grève contre des cadences infernales dictées par le chiffre d’affaires

Emploi et Salaires par  Valérie Forgeront

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A l’appel de six syndicats dont FO, les salariés de Solocal (ex-pages jaunes) étaient en grève le 21 novembre et manifestaient dans six villes où le groupe est implanté. Après un PSE qui a supprimé 1 300 emplois l’an dernier, les salariés s’élèvent contre l’augmentation incessante de la charge de travail, des cadences et des objectifs pour un toujours plus gros chiffres d’affaires.

Un management de plus en plus dur, une hausse unilatérale des objectifs notamment des commerciaux, des cadences et charges de travail toujours en augmentation, des conditions de travail qui se dégradent, des externalisations de services (au Maroc, Portugal, Ile-Maurice)… Le jeudi 21 novembre, les salariés de Solocal (2 800 salariés/ex-pages jaunes) ont dit stop.

A l’appel de six syndicats dont cinq représentatifs (dont FO qui avec 18,07% de suffrages aux dernières élections professionnelles a progressé de 3,67 points) ils ont organisé une grève nationale et des manifestations dans les six villes comptant des implantations Solocal (Boulogne-Billancourt, Nancy, Lille, Lyon, Rennes et Bordeaux).

Rencontre direction/syndicats le 27 novembre

Il y avait de la fièvre dans les services alors les salariés ont donné un coup de semonce à la direction explique Frédéric Gallois, délégué syndical central (DSC) dans le groupe. Près de 400 salariés en grève, quasiment autant dans les manifestations… La direction a pu mesurer la détermination de salariés qui depuis des années vivent au rythme de leurs difficultés sociales dans le groupe. Et pour cause. Selon un plan enclenché en 2018 organisant une restructuration garnie d’un PSE, plusieurs agences ont fermé et 1 300 emplois ont été supprimés.

Qu’à cela ne tienne, la direction veut rentrer toujours plus de chiffre d’affaires et voudrait que les salariés, qui sont moins, en fassent toujours davantage ! s’irrite Frédéric Gallois. Et les actionnaires s’en mêlent explique-t-il encore. Alors que le cours de l’action en bourse est passé de 90 à 70 centimes en deux ans, ces derniers ont fait part de leurs doutes à la direction lui suggérant de faire en sorte que les affaires s’améliorent et donc que l’action remonte.

Dans cette perspective notamment, la journée de protestation du 21 novembre qui avait été annoncée par les syndicats a, à l’évidence, inquiété la direction. Deux jours avant cette grève, elle a contacté les organisations et proposé une rencontre le 27 novembre. FO attend désormais des annonces...

 Valérie Forgeront Journaliste à L’inFO militante

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