FO Hebdo n°3216 du 19 octobre 2016 - FO Hebdo

Les promesses non tenues des cars Macron

Recommander cette page

Avec la loi Macron, le nombre des sociétés de transport routier de passagers en France a été réduit de près de moitié. © RGA /REA

EMPLOIS FICTIFS - Seulement 1 350 équivalents temps plein de créés au lieu des 22 000 annoncés.
DEMI-SUCCÈS - Selon l’autorité de régulation, le taux de remplissage des bus est inférieur à 50 %.
TRANSVERSALES - Les liaisons routières entre les villes de province ne représentent qu’un tiers de l’offre et risquent de diminuer.

Éditorial, par Jean-Claude Mailly
- L’austérité fragilise le respect des principes républicains

Événement 2-3
- Loi Macron, ceux qui l’aiment n’ont pas pris le bus

+ SUR LE SITE FORCE-OUVRIERE.FR

Actualité 4-5
- Sécurité sociale : FO se prépare pour gagner les élections
- Éducation : les chefs d’établissement en colère
- En septembre, les prix à la consommation ont baissé de 0,2 %
- Réintégration des salariés de Dia dans le groupe Carrefour
- Des amendes comme armes de guerre économique

Idées 6
- Le régime de garantie des salaires a avancé plus de 2 milliards d’euros en 2015

Pratique 7
- Le chiffre de la semaine
- Un seul CHSCT national, tous les salariés éligibles
- Agenda

Entre militants 8
- Portrait - Un militant à toute épreuve

+ SUR LE SITE FORCE-OUVRIERE.FR

A propos de cet article

En complément

Éphéméride

21 novembre 1831

La révolte des Canuts
Le célèbre mouvement qui, en imposant un « tarif » pour le travail fit naître, en quelque sorte, le Smic, un salaire garanti. La crise économique nationale et régionale, liée à la révolution de 1830, va entraîner les ouvriers lyonnais dans un mouvement revendicatif purement social, précurseur sur de (...)

Le célèbre mouvement qui, en imposant un « tarif » pour le travail fit naître, en quelque sorte, le Smic, un salaire garanti. 

La crise économique nationale et régionale, liée à la révolution de 1830, va entraîner les ouvriers lyonnais dans un mouvement revendicatif purement social, précurseur sur de nombreux points. 

Au début du XIXe siècle, l’économie lyonnaise reste largement dominée par la soierie. Mais la concurrence internationale et la transformation de l’économie locale dès 1827 entraînent un appauvrissement général de la population. Le salaire des ouvriers de la soie, les fameux Canuts, tombe à dix-huit sous pour quinze heures de travail journalier. Cette situation n’est guère appréciée par ces ouvriers spécialisés, largement en avance dans l’organisation de leurs droits. Dès 1811, ils obtiennent un tarif minimum. En 1826, ils disposent déjà de leur propre société de secours mutuel. La révolution de 1830 va les électriser. 

Le 27 juillet 1830, les ouvriers parisiens se révoltent contre les dernières ordonnances de Charles X. Le drapeau tricolore devient l’emblème des insurgés des trois glorieuses, immortalisées par Victor Hugo dans"Les Misérables". La chute des Bourbons crée une véritable onde de choc. Bruxelles et Varsovie se révoltent en août et novembre 1830. 

Lyon n’y échappe pas. Le 18 octobre 1831, les chefs d’atelier des soieries demandent au préfet du Rhône, Bouvier-Dumolart, de réinstaurer un tarif minimum. Le 25, six mille Canuts, chefs d’atelier et compagnons-ouvriers, manifestent pour soutenir leur revendication. Le jour même, le préfet accepte. Une commission patrons-ouvriers entérine le tarif. Mais une minorité d’une centaine de fabricants refuse ce tarif, arguant d’une baisse des ventes. 

L’agitation reprend alors et les ouvriers-compagnons, eux aussi organisés, débordent les chefs d’atelier. Le 21 novembre 1831, les premières barricades s’élèvent dans le quartier de la Croix Rousse. La Monarchie de Juillet y envoie la police et les gardes nationaux, mais parmi ces derniers se trouvent nombre de chefs d’atelier. C’est ainsi que neuf cents gardes nationaux passent au côté des insurgés. Le 22 novembre, la Croix Rousse et la Guillotière sont aux mains des ouvriers qui brandissent un drapeau noir où est brodée la devise"Vivre en travaillant ou mourir en combattant". Le 23, les autorités quittent la ville alors que les agitateurs républicains tentent de récupérer le mouvement. 

À l’unanimité les Canuts refusent cette intrusion du politique dans le social. Leur bannière est noire comme leur peine et non tricolore. Le 24 novembre, le préfet, qui avait obtenu le tarif, donc respecté par les Canuts, rétablit le calme. Mais le nouveau roi, Louis-Philippe, ne l’entend pas de la même oreille. Ce "Roi des Français" et non plus "Roi de France" envoie vingt mille soldats dans la capitale des Gaules, sous la conduite du maréchal Soult. Ce dernier désarme la population, licencie la garde nationale, révoque le préfet, abroge le tarif du 25 octobre.La révolte ouvrière des Canuts est brisée et il faudra attendre 1848 pour revoir pareil mouvement social. Cinq mois plus tard vingt mille Parisiens meurent lors d’une épidémie de choléra.

 

Mes droits

Une question ? Une réponse