Spectacle et intermittents : FO exprime des attentes concrètes pour l’emploi

Emploi par Clarisse Josselin, journaliste L’inFO militante

« AlamoFilming2 » par Sean Devine. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons.

Une conférence pour l’emploi dans le spectacle, initiée par le Premier ministre, se tient à Paris, à la Cité des sciences, les 15 et 16 octobre. Cette rencontre fait suite à la concertation qui s’est tenue l’an dernier avec l’État, à la demande de FO, pour améliorer les conditions d’emploi et lutter contre la précarité des intermittents.

La fédération du spectacle Fasap-FO, favorable à cette rencontre, en attend de véritables mesures en faveur de l’emploi, de la production et de la diffusion.

« Les annexes 8 et 10 de la convention d’assurance-chômage qui encadrent le régime intermittent sont maintenues, mais le chômage ne doit pas pallier le manque d’emploi », prévient Franck Guilbert, secrétaire général du syndicat national libre des artistes SNLA-FO, et membre de la délégation FO à cette conférence.


La FASAP-FO porte plusieurs revendications :

  Elle dénonce un amendement à la loi « liberté de création, architecture et patrimoine » adoptée le 15 octobre par l’Assemblée nationale et qui « légalise le travail gratuit des artistes, sous prétexte d’une meilleure visibilité des pratiques amateurs, dans un cadre lucratif », dénonce Franck Guilbert. C’est pour FO une grave remise en cause du statut de salarié des artistes en France.

  Elle exige le maintien de toutes les fonctions éligibles au CDD dit d’usage et aux annexes 8 et 10 de la convention d’assurance-chômage, ouvrant droit au régime intermittent.

  Elle demande la requalification en CDI pour tous les salariés du spectacle, de l’audiovisuel et de la prestation technique dont les postes sont pérennes et qui le souhaitent. Cela concerne notamment l’audiovisuel public, « où le gouvernement et la direction refusent toujours la demande de requalification de 300 salariés-intermittents » dénonce un communiqué de la Fasap-FO.

  Elle demande le rétablissement de toutes les subventions à la création, à la diffusion et aux missions des théâtres publics. « La diffusion des œuvres est réduite en moyenne à cinq représentations, et même à trois pour les spectacles de danse, rappelle Franck Guilbert. En raison des baisses de dotations, les collectivités locales doivent choisir entre financer la cantine scolaire ou des spectacles. Pourtant les retombées économiques de la culture sont énormes. »

  Elle exige le rétablissement de tous les moyens financiers dont l’audiovisuel public a besoin pour ses missions. Elle dénonce notamment la remise en cause des capacités de production et de commande pour les fictions radiophoniques comme les coproductions au cinéma.

  Elle revendique un crédit d’impôt immédiat à 50% pour lutter contre la délocalisation à l’étranger de tournage de films français.

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