Tarn : mobiliser pour faire gagner les revendications

Congrès d’UD par Valérie Forgeront

Le 29e congrès des syndicats de l’Union départementale FO du Tarn se tenait le 5 avril dernier à Blaye-les-Mines en présence du Secrétaire général de la Confédération, Yves Veyrier. Deux-cent-dix militants y participaient dont 180 délégués pour les 80 syndicats du département. Le congrès a souligné la nécessité d’« organiser la résistance ».

Quelque 210 militants dont 180 délégués représentants les quatre-vingts syndicats FO du département du Tarn étaient réunis le 5 avril dernier à Blaye-les-Mines (secteur de Carmaux) pour le 29e congrès de l’Union départementale FO du Tarn. Un congrès présidé par le Secrétaire général de la Confédération FO, Yves Veyrier, et auquel participait aussi Patrick Privat, trésorier confédéral et ancien secrétaire général de l’UD-FO.

Au cours de ce congrès qui a vu la réélection d’Eric Bellouni à un second mandat de Secrétaire général de l’UD ainsi que l’adoption à l’unanimité des rapports d’activité et de trésorerie ou encore de la résolution générale, les délégués ont insisté au cours de leurs interventions sur la situation sociale, nationale et locale, largement impactée actuellement par l’arrivée de projets de réformes (retraites, projet de loi Blanquer/école de la confiance, projet de transformation de la Fonction publique…) ou les réformes déjà appliquées (loi Rebsamen, loi El Khomri, ordonnances Macron…).

Dans le département, les enseignants sont le fer de lance des actions contre ces réformes, particulièrement celles qui visent l’Education nationale indique Eric Bellouni. A Albi se réjouit-il, les syndicats dont FO ont obtenu l’annulation de la fermeture d’une école. A Castres, ils luttent actuellement contre la fermeture de plusieurs classes.

Beaucoup d’attaques contre les salariés

D’autres agents sont aussi dans l’action explique encore le militant. Ainsi depuis novembre dernier, les fonctionnaires des finances publiques (DGFIP) du Tarn combattent la suppression programmée de trésoreries de proximité. Quatorze ont déjà été supprimées en trois ans. Désormais, les implantations d’Albi et de Castres sont sur la sellette s’insurge le secrétaire général de l’UD-FO.

Au sein du versant hospitalier, le GHT (groupement hospitalier de territoire) s’étend jusqu’au département de l’Hérault. Pour l’instant il n’est pas question heureusement de toucher aux implantations hospitalières de Castres et Albi. La situation n’est toutefois pas idyllique.

Les personnels des hôpitaux du département connaissent d’importantes difficultés au plan des conditions de travail relève Eric Bellouni rappelant par ailleurs les bons résultats de FO aux élections professionnelles de la fonction publique le 6 décembre dernier. Dans le Tarn, FO est ainsi la première organisation chez les territoriaux, la deuxième à l’État et la troisième dans le versant hospitalier.

Dans le secteur privé, FO est la troisième organisation. Dans ce département rural et qui souffre d’un taux de chômage de 9,7%, les implantations du secteur privé sont principalement constituées de PME et TPE. Quelques grandes entreprises existent toutefois sur le territoire tarnais, tel le groupe Fabre.

Dans le privé comme dans le public, la vie des salariés n’est pas un long fleuve tranquille… Ainsi explique le secrétaire général de l’UD-FO, cet important groupe pharmaceutique Fabre (quelque 11 000 salariés dans le monde) implanté à Castres a lancé un PSE en 2015 avec pour objectif de supprimer 550 postes au plan national dont une centaine dans cette ville du Tarn. FO qui était majoritaire à Castres à participer largement à sauver 290 postes dans le cadre du PSE indique Eric Bellouni.

L’action déterminante de FO

Autre conflit, Chez Imerys (matériel de couverture pour toiture) comptant une centaine de salariés. Le personnel a dû mener une action de grève pour la revalorisation des salaires, une grève pour réclamer une prime de 1 000 euros par salariés suite à la cession de la division toiture.

Chez Sapa-Lacal (100 salariés/métallurgie/traitement et revêtement des métaux), les revendications salariales sont aussi difficiles à faire entendre insiste Eric Bellouni rappelant la demande d’une hausse des salaires de 150 euros/brut par mois en 2017.

A Albi, les problèmes de la clinique privée Toulouse Lautrec (200 salariés) a induit une longue bagarre des salariés, notamment une grève, pour sauver les emplois dans le cadre de sa reprise, finalement par un groupe privé. FO, majoritaire était en tête du combat. Tous les effectifs ont été maintenus. Lors des élections au CSE, en 2018, FO a fait 50% des voix. A Albi toujours, FO a créé un syndicat en 2018 au sein de la clinique Claude Bernard (500 salariés). Aux élections au CSE ce syndicat a recueilli 30% des suffrages.

Pour gagner sur les revendications

Congrès de l’UD-FO a tenu à souligner dans sa résolution générale que dans le département, de nombreux salariés se tournent vers Force Ouvrière afin de constituer des syndicats FO pour défendre leurs droits. Neuf syndicats et sections ont ainsi été créés au cours de la dernière mandature indique le secrétaire général de l’UD.

Dans sa résolution le congrès a acté de la nécessité d’organiser la résistance contre notamment les contre-réformes initiées par le gouvernement et les attaques du patronat. Le Congrès a tenu aussi à inscrire dans la résolution l’exigence aussi de préparer la grève pour bloquer le pays, faire reculer le gouvernement et gagner sur les revendications.

Les délégués FO dans leur résolution ont aussi souligné leur volonté de développer l’outil syndical. Pour le Congrès de l’UD-FO du Tarn, le développement de la formation syndicale est essentiel afin de permettre le développement des implantations des syndicats de la Confédération dans le département et de faciliter l’action des syndiqués dans leurs entreprises et leurs services. L’UD-FO du Tarn entend ainsi poursuivre une politique de formation des militants en liaison avec le CFMS.

Valérie Forgeront Journaliste à FO Hebdo