Tefal : par l’action de FO interim et de FO Métaux, les intérimaires percevront aussi la prime PEPA

Intérim par  Maud Carlus, L’Info Militante

Article publié dans le Dossier Intérim
©Richard DAMORET/REA

Privés de prime Macron pour l’année 2020 suite à une décision de la direction de Tefal de n’en faire bénéficier que les travailleurs présents dans l’entreprise au 31 décembre, les intérimaires vont finalement la percevoir, grâce à une action conjointe du secteur intérim de la FEC-FO et de FO Métaux. Cette régularisation devrait s’étendre à tous les intérimaires du groupe SEB.

L’affaire se passe chez Tefal (groupe SEB, qui possède aussi Calor, Rowenta ou encore Moulinex). Au moment des NAO (négociations annuelles obligatoires), la direction propose de verser la prime PEPA (prime exceptionnelle de pouvoir d’achat) pour l’année 2020 à tous ses salariés, permanents et intérimaires. Pour les plus bas salaires, elle se situe entre 150 et 500 euros.

Sauf que rapidement, Jean-Claude Petit, DS central FO Tefal et coordinateur FO Métaux, constate qu’une grande partie des intérimaires n’ont pas perçu la prime. En effet, la direction a ajouté une clause au versement de la prime : les travailleurs devaient être présents dans l’entreprise au 31 décembre 2020. Or, les usines ont fermé le 18 décembre, à l’occasion des fêtes de fin d’année.

En raison de la fermeture, nombre de contrats d’intérim se sont achevés à cette date. D’autres ont été suspendus le temps des vacances, pour ne reprendre que le 4 janvier, à la réouverture. Au total, quelque 400 intérimaires ayant travaillé dans l’entreprise pendant l’année 2020 étaient concernés par ces différents cas de figure.

L’action commune de secteurs FO

Les camarades de Tefal se sont laissé surprendre par cette clause de présence rajoutée par la direction explique Mathieu Maréchal, responsable de la branche Intérim de la section des Service de la fédération des employés et Cadres (FEC-FO). Ils nous ont alertés en janvier, dès qu’ils se sont rendu compte de cette injustice. Avec Jean-Claude Petit, nous avons alors décidé de lancer une action commune au plus vite.

En quelques jours, Mathieu Maréchal et son graphiste mettent au point un tract humoristique et surtout symbolique : un appareil à raclette dont dépasse un gros billet de 200 euros, mais tel du fromage fondu. Le tract fait réagir la direction de Tefal (groupe SEB), soucieuse de son image. Cela a fait effet boule de neige, résume le militant FO.

Quelques jours plus tard, la direction de SEB convoque une visioconférence. Elle a aussitôt régularisé la situation pour les personnes sous CDI-i, soit les intérimaires en CDI. Certes le groupe SEB a très bien réagi, note Mathieu Maréchal, mais heureusement que FO était là. Sans notre syndicat, aucune action n’aurait été enclenchée.

FO toujours à la manœuvre

Le service juridique de SEB s’aperçoit alors que le problème touche tout le groupe. Mais il précise que les primes ont bien été versées aux agences d’intérim. Ce sont qui n’ont pas reversé les primes.

On a décelé un véritable problème de communication entre les agences d’intérim et le groupe, analyse Jean-Claude Petit.

Au total, 1 200 intérimaires travaillent pour SEB, tous sites confondus, envoyés par Manpower, Adecco, Randstad, ou encore Proman.

A ce jour, près de 80 intérimaires ont déjà reçu leur prime PEPA. D’autres attendent, donc. Nous sommes encore en train de rectifier le tir et nous resterons très vigilants, martèle le coordinateur FO-métaux. Toutes les situations devraient être régularisées en avril. Si cette prime est reconduite l’an prochain, on mettra en place un accord et on fera très attention à cette question de date.

Le responsable de FO-Intérim se réjouit de cette issue positive. Une petite action dans une entité de Haute-Savoie a permis de venir en aide à des centaines d’intérimaires dans tout le groupe. Un groupe qui, en 2020, n’a pas été impactée par la crise, souligne Mathieu Maréchal. Les gens se sont mis à cuisiner et donc à acheter plein de matériel, dont les fameuses machines à raclette.

Plus largement, le secteur FO tient à sensibiliser sur les problèmes, nombreux, que rencontrent les intérimaires en France, soit 2,6 millions de personnes.

Pour une égalité de traitement et de droits

La branche Intérim d’FO a été créée il y a 3 ans. Et depuis, nous nous battons pour, qu’à travail égal, il y ait une égalité de traitement et de droits entre salariés, dotés de contrats pérennes, et intérimaires. Chez ces derniers, beaucoup ignorent leurs droits, ou ont peur de les faire valoir, par crainte d’être ensuite blacklistés par les agences qui les emploient. La première question qu’ils nous posent, c’est toujours : « si je me syndique, est-ce que mon agence sera au courant ? ».

Le militant regrette que les intérimaires soient peu considérés dans les entreprises. Ils en ont assez d’être pris pour des sous-salariés. Il faut savoir qu’un salarié en intérim, il ne fait pas de bruit, il est fragile, il va travailler malade, il ne dit rien.

D’où l’importance de la syndicalisation, afin que les salariés précaires puissent être protégés dans leurs droits face à des employeurs dont ils craignent toujours les réactions, lesquelles peuvent se traduire par la perte d’un emploi.

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