Temps de travail : le gouvernement voit midi à la porte du Medef

Revue de presse par  Michel Pourcelot

L’avant-projet de loi de la ministre du Travail, portant réforme du Code du travail et notamment de son volet temps de travail, a été dévoilé dans la presse ce mercredi 17 février. Il concerne, entre autres, durée maximale de travail, accords compétitivité-emploi, heures supplémentaires, indemnités prud’homales, référendum en entreprise et licenciement économique. De quoi moudre. Ou bouillir. Selon. Aperçus.

L’Express
« La réforme du droit du travail consacre la primauté de l’entreprise ». Apparemment, pour certains, les choses sont claires. « Semaine de 60 heures, astreintes non payées... Sans revenir totalement sur les 35 heures, le projet de loi réformant le code du travail est largement favorable aux employeurs ».

Le Parisien
Main dans la main. Et plus encore. Déjà avec « le temps de travail passé à la moulinette ». Il va, en effet, « permettre demain aux entreprises de négocier à la carte le temps de travail. Car, s’il ne touche pas à la durée légale, il donnera la main aux employeurs qui pourront avoir recours facilement aux multiples exceptions qui entourent la règle des 35 heures en établissant des accords ». Et pour ce qui est d’accorder, le ton est donné. Celui de la pression. Rigide dans ses bottes libérales, « pour assouplir le marché du travail, la ministre est prête à durcir le ton. Myriam El Khomri a exprimé sa volonté de convaincre les parlementaires du bien fondé de sa réforme du droit du travail, tout en laissant entendre que le gouvernement, si besoin, pourrait utiliser l’article 49.3 permettant une adoption sans vote ». Etonnant de la part de qui promeut l’électoralisme en entreprise...

Les Echos
En parlant de force : « le curseur a aussi été poussé loin sur un autre volet central : la possibilité de revenir, par accord majoritaire, sur les salaires et le temps de travail au nom de l’emploi. Une telle approche, déjà possible pour les "accords de maintien dans l’emploi" dits "défensifs", réservés aux entreprises en grande difficulté et dans les faits très peu usités, va être étendue aux accords dits "offensifs", visant à développer à terme l’emploi en se restructurant, en se lançant sur de nouveaux marchés, etc. » Ce n’est plus de l’offensive, mais de l’attaque en règle. Inutile de préciser qu’il s’agit d’une « mesure, réclamée de longue date par le Medef et défendue par le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron ». Béni soit qui Macron y pense.

Libération
Et avec qui il a pris langue. Celle de la « refondation du Code du travail ». Après la fonte au soleil du Medef, voici l’airain de la loi où sera gravé « la primauté de l’accord d’entreprise en matière de durée du travail devient le principe de droit commun ». Une manière de scier la branche...

Le Figaro
Et, déroulant un peu plus le tapis, la loi travail « portera bien une réforme du licenciement économique. Le nouveau texte en précisera la définition et en élargira le champ ». Evidemment « un « grand pas en avant » pour le président du Medef, qui semble avoir un pied dans chaque ministère, à l’Economie et au Travail : « préciser dans la loi les motifs de licenciement économique serait un "grand pas en avant" et un "signal fort" de nature à redonner confiance aux entrepreneurs, avait ainsi estimé mardi, lors de sa conférence de presse mensuelle, le président du Medef, Pierre Gattaz. Cette précision a pour objectif de mieux encadrer la jurisprudence et ainsi, espère le gouvernement, de sécuriser les entreprises qui hésitent à embaucher par crainte de ne pouvoir se séparer de leurs salariés en cas de difficultés ». Sécurité pour les uns, insécurité pour les autres.

 Michel Pourcelot Journaliste à L’inFO militante

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