Tour de vis sur l’Assurance-chômage

Revue de presse par Christophe Chiclet

© HAMILTON/REA

Avec la présentation de ses nouvelles réformes de l’assurance-chômage, le gouvernement s’en prend tant aux chômeurs qu’au paritarisme. En d’autres temps Marc Blondel avait déclaré : Il s’agit d’un rapt. Aperçus dans la presse.

Journal du Dimanche
Les syndicats, eux, déplorent trois autres grenades : le durcissement des conditions d’entrée dans le régime ; les restrictions d’indemnisation pour les cadres supérieurs ; la lutte contre la permittence (le fait d’alterner périodes d’activité et chômage). Non seulement la pilule est très amère, mais en plus le gouvernement veut passer en force et au plus vite.

Le Parisien
Le changement des règles d’accès à l’indemnisation est la mesure principale de cette réforme qui pourrait faire l’objet d’un décret dès cet été pour une application à l’automne.

Les Echos
Il s’agit bien là d’un séisme historique. Fait rare dans l’histoire de l’Unedic depuis que le général de Gaulle leur a confié les clefs à la fin des années 50, les partenaires sociaux vont devoir endosser une convention d’assurance-chômage écrite de A à Z sans qu’ils n’y puissent quasiment rien changer.

Le Monde
Historiquement, en effet, c’est bien FO qui a été à la pointe du combat pour la création d’une Unedic que le gouvernement actuel voudrait totalement détruire. Il n’y a que des perdants et les premiers d’entre eux sont les demandeurs d’emploi, renchérit Yves Veyrier, secrétaire général de Force Ouvrière, qui mentionne, par ailleurs, une autre victime :la négociation collective, foulée aux pieds par un exécutif bien peu respectueux des partenaires sociaux. Et le grand quotidien du soir d’ajouter : L’un des changements majeurs apportés par la réforme – celui qui va permettre de sabrer le plus vigoureusement dans les dépenses : le durcissement des règles pour bénéficier d’une indemnité.

La Croix
Les organisations de salariés ont dénoncé une réforme injuste, qui se fait essentiellement sur le dos des chômeurs.

L’Humanité
Le quotidien a interviewé Claire Vivès, sociologue au Centre d’études de l’emploi et du travail : Cette réforme acte une rupture franche avec notre système de protection sociale et aggrave la subordination des salariés. L’attaque sur les travailleurs les plus précaires est massive et le bonus-malus qu’on voudrait nous vendre comme une sorte de contrepartie, est dérisoire. Pour couronner le tout, les mesures qui toucheront les salariés seront appliquées avant celles concernant les employeurs. C’est invraisemblable..

Libération
Dans son éditorial Laurent Joffrin résume l’iniquité de cette réforme. Frappez les plus faibles : c’est plus simple et moins risqué… Avec cette arrière-pensée à la clé : les chômeurs étant isolés et peu syndiqués, on ne risque guère de déclencher un mouvement social intempestif. Seulement de répandre un peu plus de difficulté de vivre et le désespoir social. Sans oublier qu’avec cette batterie de réformes nombre de chômeurs vont disparaître des écrans radars et le gouvernement pourra alors se targuer d’une embellie des statistiques. Un joli tour de passe-passe sur le dos des travailleurs les plus précaires.

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