Transport aérien : ces compagnies qui tombent, ces emplois qui sombrent…

Emploi et Salaires par Michel Pourcelot

A l’appel des organisations syndicales de la compagnie XL Airways, les salariés se sont rassemblés le Lundi 23 septembre 2019, devant le ministère des Transports pour demander au gouvernement de prendre les mesures nécessaires à la poursuite de l’activité de cette compagnie aérienne qui compte plus de 570 emplois. Photos : F. Blanc

Des décisions de justice ont, le 23 septembre, maintenu temporairement en vol Aigle Azur et XL Airways, plombées financièrement. Ces deux compagnies aériennes françaises représentent plus de 1 500 emplois en France. Les syndicats, dont FO, ont dénoncé les effets délétères du « dumping social », de l’hyper concurrence et du défaut d’encadrement de l’État.

Le tribunal de commerce de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a, lundi 23 septembre 2019, placé XL Airways en redressement judiciaire, avec possibilité d’offres jusqu’à samedi 28 septembre à midi. La compagnie a annoncé gérer ses opérations jusqu’à jeudi inclus avant de passer le relais à l’administrateur judiciaire. De son côté, placée en liquidation judiciaire avec poursuite d’activité jusqu’à vendredi, Aigle Azur, a vu, le même jour, le tribunal d’Evry prolonger jusqu’au lendemain, mardi, son examen des offres de repreneurs intéressés. Le comité d’entreprise de la compagnie s’était, le 20 septembre, favorablement prononcé pour deux d’entre elles, celle présentée par Gérard Houa, actionnaire minoritaire d’Aigle Azur via la société Lu Azur, et l’autre par deux anciens dirigeants d’Air France.

Précipités au sol

Au total, sont menacés plus de 1 500 emplois en France, sans compter ceux induits. Le 9 septembre, environ 200 salariés d’Aigle Azur, considéré comme un des fleurons du transport aérien français, avaient manifesté près du ministère des Transports, où une délégation syndicale, principalement composée du SNPNC-FO (Syndicat national du personnel navigant commercial) était reçue par le secrétaire d’État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari. La scène s’est malheureusement répétée au même endroit ce 23 septembre avec cette fois-ci le personnel de XL Airways, quelques heures avant la décision du tribunal de Bobigny. On pouvait lire des banderoles et des pancartes telles que « XL Airways refuse de mourir », « Des passagers, une compagnie, une famille » et « On ne veut pas mourir, on veut vivre ». Aigle Azur représente près de 1 100 emplois, dont ceux en Algérie, et XL Airways 600, sans compter plusieurs centaines d’autres dans l’assistance en escale.

Dumping social et coûts à ras des pâquerettes

Dans un communiqué de soutien aux salariés de XL Airways le 20 septembre dernier, le SNPNC-FO avait stipendié les causes ayant conduit XL Airways, une entreprise viable ayant vocation à se pérenniser, à cette situation. Elles sont connues et dénoncées depuis longtemps : une taxation excessive des compagnies aériennes françaises qui crée une distorsion de concurrence avec celles d’autres états, une administration, la Direction Générale de l’Aviation Civile, qui tolère, voire encourage le dumping social de compagnies low cost étrangères qui peuvent ouvrir des bases d’exploitation en France en se dispensant d’appliquer la réglementation française, y compris sur les salaires. Au Royaume-Uni, c’est Thomas Cook, voyagiste historique créé il y a plus de 150 ans (elle a vendu des billets pour le Titanic), qui a coulé corps et bien ce même 23 septembre, en se déclarant en faillite. Résultat : quelque 600 000 clients en rade et 22 000 emplois menacés. La compagnie aérienne allemande Condor, sa filiale d’outre-Rhin allemande, a dû demander un prêt d’urgence au gouvernement allemand. Les nuages s’amoncellent sur les voyages.

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Michel Pourcelot Journaliste

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