Congrés FO Transports & Logistique

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Transports et logistique : la lutte contre le moins-disant social

Congrès UNCP-FO par  Valérie Forgeront, L’Info Militante

La seconde partie du XXIVe congrès de la fédération FO des transports et de la logistique (FO UNCP) s’est tenu du 5 au 8 octobre à Hardelot dans le Pas-de-Calais (où FO pèse 19,20% au plan interprofessionnel rappelait Jean-Baptiste Konieczny, secrétaire général de l’UD). La pandémie sévissant depuis mars 2020 est la grande responsable de ce planning chamboulé pour la tenue de cette instance. Annoncé pour mai 2020, le congrès de FO UNCP où 400 délégués étaient inscrits initialement, avait dû être annulé. La crise sanitaire perdurant, ce qui a d’ailleurs conduit à devoir reporter trois fois le congrès en présentiel, la fédération avait décidé d’organiser une première partie de cette instance en visio-conférence en février dernier. Par cet acte 1, marqué par les interventions de 33 délégués, les statuts ont été respectés a rappelé à Hardelot Patrice Clos, le secrétaire général de la fédération.

Pour cette deuxième partie de congrès (rassemblant 250 délégués), les militants ont pu enfin se retrouver en présentiel, avec la participation de secrétaires d’Unions départementales ainsi que de la fédération FEETS-FO qui, sur le secteur des transports, travaille en liens étroits avec FO UNCP. Au menu de ces trois jours d’un congrès, la fédération a dressé le bilan de ses activités des 18 derniers mois, un bilan de ses différents secteurs professionnels et a procédé à des élections statutaires et au vote d’une résolution générale.

Au-delà de cette forme plus familière, le congrès a largement évoqué les revendications dans chaque secteur. Et celles-ci en disent long sur les préoccupations actuelles des travailleurs. Emplois, salaires, respect des droits tant sur les conventions collectives que sur la retraite… autant de thèmes qui font écho aux revendications exprimées par la Confédération FO. Venant saluer les congressistes le 6 octobre, le secrétaire général, Yves Veyrier, a abordé d’ailleurs ces sujets au cœur de l’actualité et qui ont motivé la journée de mobilisation interprofessionnelle du 5 octobre.

Car, hélas pour lui, dans sa globalité, le secteur des transports illustre parfaitement la problématique sur les salaires. Que ce soient les salariés des transports routiers de voyageurs, des transports de marchandises, des transports urbains, ceux de l’activité déchet, du transport sanitaire, ou encore de la logistique, mais aussi du transport de fonds et de valeur, du secteur déménagement, des taxis, ou encore les salariés et saisonniers des remontées mécaniques et domaines skiables… Tous ces salariés luttent pour des hausses de salaires, et ils rappellent qu’au cœur de la crise sanitaire, ils ont continué de travailler, participant ainsi à préserver l’activité économique et en prenant des risques pour leur santé.

Dans tous les secteurs, la revendication d’une augmentation à deux chiffres

On demande une augmentation à deux chiffres dans tous les secteurs insiste ainsi Patrice Clos soulignant que les salariés de la logistique et ceux des transports routiers de marchandises ou voyageurs sont particulièrement Smicardisés. Dans les transports routiers de marchandises, un chauffeur gagne quelque 2 000 euros en début de carrière mais en comptant les heures supplémentaires. Sans elles, le salaire n’est que de 1 400 euros. Après 25 ans de carrière, il n’est que de 2 600 euros, heures sup’s comprises.

Il manque actuellement 66 000 conducteurs routiers. On en forme, on en forme mais il y a un gros turn-over dans la profession explique le secrétaire général de FO UNCP. Et ce turn-over, conséquence directe des conditions de travail difficiles et des faibles salaires, est mesuré. Il y a encore quelque temps, les salariés restaient cinq ans dans le transport, c’est descendu à trois ans indique Patrice Clos dénonçant le discours du gouvernement qui n’a que le mot former à la bouche alors qu’il y a un problème de fond : les salaires, temps et conditions de travail…

Quant au patronat qui vante le métier et se plaint de la pénurie de main d’œuvre, on ne l’entend en revanche jamais parler des salaires, du 13e mois, du permis professionnel…. Révélateur du problème d’attractivité des métiers du transport 2 500 conducteurs de bus manquent à la RATP. Comment accepter qu’un chauffeur gagne 10,50 euros de l’heure ! fulminent les salariés du secteur.

CFA, frais de route, temps de travail…

Et ce sont tous les secteurs relevant du champ de la fédération qui sont aux prises avec ce problème de la faiblesse des salaires liée à la surdité des employeurs qui chacun dans leurs domaines se saisissent d’arguments divers et variés.

Sans compter que le congé de fin d’activité (CFA), dispositif conventionnel d’un coût modeste de 130 millions par an, et permettant aux chauffeurs de partir à 57 ans (42 000 chauffeurs en ont par exemple bénéficié depuis 1997 dans le transport de marchandises) serait menacé par une réforme des retraites. Pour le patronat, cela ne relève pas de la pénibilité fulmine Patrice Clos rappelant toutefois que les chauffeurs routiers vivent de dix à quinze ans de moins que des salariés d’autres secteurs.

La fédération appelle les militants se mobiliser pour que perdure le CFA. Elle combat par ailleurs tout projet d’annualisation du temps de travail des chauffeurs de même qu’elle travaille actuellement sur le dossier des frais de route qui souvent servent à payer des heures de travail, à camoufler les horaires. En janvier, ces frais pourront faire l’objet de redressement en cas de contrôle de l’entreprise.

Transport de marchandises : des coefficients au niveau du Smic

En ce qui concerne les salaires, dans le transport de marchandises, les dernières NAO signées le 23 octobre 2020, mais pas par FO, se sont conclues par une hausse minime de 1% du taux horaire, quand FO demandait +5% en linéaire. Depuis octobre [la hausse mécanique du Smic, NDLR], tous les coefficients sont au niveau du Smic sauf le 150 qui affiche un centime en plus ! s’indignent les militants du secteur.

Lors de ces NAO, FO a rappelé aussi ses autres revendications : une hausse de 5% sur le paiement des heures de nuit, une majoration salariale de 20% pour vingt ans d’ancienneté, un 13e mois... FO UNCP s’élève par ailleurs aussi contre les sept jours de carence en cas de maladie ou encore la prime de départ en retraite limitée à deux mois de salaire.

Et c’est sans parler d’un autre point de mécontentement vis-à-vis du patronat de ce secteur : la question des permis de conduire. Il voudrait la suppression des différents permis, faisant croire ainsi que l’on conduit une voiture comme un véhicule articulé lourd ! Il faut un permis spécifique.

Transport de voyageurs : le moins disant social par la concurrence

Dans le secteur du transport de voyageurs (transport interurbain) il y a aussi beaucoup de difficultés de recrutement indiquait de son côté Khalid Oughizf. A regarder en détails le sort réservé aux salariés, rien d’étonnant. Si le métier a beaucoup évolué, en revanche, pas les salaires, ni la convention collective explique le militant rappelant que la moitié des salariés sont à temps partiel avec des contrats de quinze heures en moyenne sur les périodes scolaires.

Dans ce secteur, et notamment en Île-de-France, les salariés sont aux prises avec un moins disant social qui s’installe toujours un peu plus au fil de la mise en place de nouveaux contrats de transports négociés entre les collectivités territoriales, cherchant à réaliser des économies, et des entreprises (Kéolis, Transdev…) dans le cadre de l’ouverture à la concurrence (prévue par la loi du 8 décembre 2009 en application du règlement européen de 2007 sur l’ouverture à la concurrence des bus en région parisienne. Suivra en 2019 la loi d’orientation des Mobilités). Le prochain acte est annoncé pour 2025 et portera sur les bus de Paris et petite couronne.

Les guerres de concurrence ne cessent donc de s’étendre et l’accord signé le 3 juillet 2020, par FO notamment, portant révision de l’accord du 7 juillet 2009 relatif à la garantie d’emploi et à la poursuite des relations de travail en cas de changement de prestataire dans le transport interurbain de voyageurs, ne résout forcément pas tout.

Ainsi souligne le secrétaire fédéral Khalid Oughizf, en Île-de-France, qui n’a eu de cesse de créer de la précarité et de faire du profit, la concurrence est accrue, de nouvelles entités apparaissent avec un socle social a minima. Nous avons entamé d’ailleurs quelques procédures en justice. Et de préciser encore que l’accord socle, portant moult dérogations, signé chez Transdev par des organisations autres que FO est particulièrement bas, ce que déplore la fédération, s’étonnant par ailleurs de grèves lancées par des syndicats qui paradoxalement ont signé cet accord.

Des conditions de travail qui se dégradent

Sur le terrain, les salariés dénoncent chaque jour le moins disant social. 90% des salariés sont des conducteurs avec des amplitudes horaires qui peuvent aller jusqu’à 14 heures !. Or insiste le militant on a un travail où la pénibilité est réelle, où il y a beaucoup de contraintes. Il peut y avoir par exemple des séquences de vingt minutes avec des coupures de 5 minutes non rémunérées ! Et ces conditions de travail difficiles ne semblent pas gêner le patronat.

Transports urbains : où est la reconnaissance envers les salariés ?

Dans le secteur des Transports urbains, où après 30 années de détermination syndicale vient d’être mise en place une nomenclature des emplois, où est la reconnaissance envers les salariés ? interroge José Angulo rappelant les risques pris pendant la pandémie par ceux qui ont été qualifiés de salariés de deuxième ligne. Il souligne aussi, en lien avec la revendication salariale, que les transports urbains constituent un secteur subventionné par le secteur public. Concrètement, le niveau de la perte de fréquentation voyageurs depuis la crise n’est en rien égal à celui de la perte globale de recettes, bien plus faible puisque la participation budgétaire publique a perduré.

En revanche, s’insurge le militant, les salariés subissent une perte de pouvoir d’achat. Les transports urbains ont une convention collective a minima donc tout se négocie au niveau de l’entreprise…, ce qui est la philosophie des ordonnances Macron rappelle Patrice Clos.

Les sanctions pleuvent

Quant aux conditions de travail… A Nancy, chez Keolis, il y a une démission par jour indique un militant. Je gagne 1 700 euros/mois après 21 ans d’ancienneté dans la boîte. A des centaines de kilomètres de là, à Caen, où les transports, avec délégation de service public confiée aussi à Keolis, la situation est compliquée aussi. Majoritaire depuis 2018, le syndicat FO se bat quotidiennement explique Sandrine contre les sanctions qui pleuvent et le manque de considération humaine vis-à-vis des salariés. Au plan des salaires, nous percevons un 14e mois, mais, on le paye cher !. La direction dégraisse la masse salariale et recrute des CDD une soixantaine actuellement qu’elle vise à faire trimer !. Elle projette aussi de supprimer 22 des 60 postes de maîtrise.

Quant aux temps de parcours des lignes, ils ne cessent de croître au fil des années, 48 minutes contre 30 auparavant et cela à 30km/heure. Sans compter la présence pléthorique de ralentisseurs sur le trajet, parfois plus d’une centaine sur une même ligne précise un chauffeur, évoquant la pénibilité croissante du métier.

De son côté, le nouveau syndicat FO-RATP s’inquiète d’un démantèlement total de la structure. Face au projet du Grand Paris et à la première mise en concurrence, petit à petit, chaque secteur de l’entreprise va devoir faire face à cette concurrence. Cette voie ouverte vers la privatisation des transports n’annonce rien de bon, ni pour les usagers, ni pour les salariés martèle le syndicat qui, rappelant la loi LOM fixant notamment le cadre social qui prévaudra pour cette ouverture à la concurrence, revendique notamment le maintien du régime spécial de retraite, le maintien total de la rémunération et l’application des accords d’entreprise sur les RTT, les travailleurs de nuit…

Logistique : aucune volonté patronale d’un partage de la richesse

Au sein du secteur du transport logistique, les revendications FO traduisent aussi la situation difficile dans laquelle se trouvent les salariés. Le travail est très dur et il n’y a aucune volonté patronale d’un partage de la richesse s’indigne FO UNCP. Pour les NAO 2020, on a voulu +5,86% comme rattrapage du taux horaire [pour se situer au-dessus du Smic, NDLR] et à cela s’ajoutait une nouvelle fois la demande d’un 13e mois, une prime Covid de 2 000 euros, la suppression du jour de carence ainsi que celle de la « clause de six mois », tranche salariale spécifique, et basse, pour les salariés dont l’ancienneté est inférieure à six mois.

Le patronat voudrait donner l’impression d’avancer sur le 13e mois, à ceci près qu’il fait part de sa volonté de créer un CDIO, le CDI d’Opération, autrement dit un contrat de chantier… Les personnels recrutés le seraient pour seulement la durée du contrat passé avec le client ou pour l’opération. Pour FO, à l’évidence ce CDIO est plus un CDD qu’un CDI et il favoriserait une fois de plus la précarisation des salariés de la branche.

Sans même évoquer le gain pour l’employeur qui échapperait ainsi au paiement des primes de licenciement.

De fait, en reliant octroi du 13e mois et création d’un CDIO, cela revient à ce que les salariés de l’entreprise autofinancent leur 13e mois, ce à quoi s’oppose FO UNCP qui a claqué la porte et annoncé qu’elle ne signera pas cette mascarade, fin octobre.

Déménagement : encore de la précarité

Dans le secteur déménagement où le travail illégal sévit, où les conditions de travail sont particulièrement difficiles et où le patronat se plaît à recourir souvent à des contrats précaires exécutés par les non professionnels du déménagement s’insurge la fédération FO, une majoration de 2% du taux horaire pour les ouvriers a été signée en 2020. Pour autant il y a encore de la précarité dans la branche. C’est peu dire. Les employeurs qui font des bénéfices monstres s’emploient à l’entretenir. Et par ailleurs, il était question récemment de rediscuter des modalités du CDIO de trois ans, en créant la possibilité de rompre un contrat à n’importe quel moment …

Transport sanitaire : des salaires irrespectueux de ces professionnels

Le transport sanitaire (87% ambulanciers en France relèvent du privé) est quant à lui un secteur dont les salariés ont été particulièrement exposés depuis la pandémie. Et cela tout en ayant des salaires irrespectueux de ces professionnels, des salaires qui lors que vous travaillez la nuit ou le week-end sont inférieurs à ceux pour des heures de jour ! fulmine un militant.

Sans compter que le patronat s’attaque à l’emploi, évoquant le projet d’affecter à chaque ambulance, deux auxiliaires contre un titulaire diplômé (DEA) et un auxiliaire actuellement. Non seulement cela constituerait une dégradation du service au client/patient, mais cela représente un danger souligne la fédération.

Les salariés de cette branche, qualifiés malgré-eux de travailleurs de la deuxième ligne depuis mars 2020 ont démarré la pandémie avec rien résume la fédération, sous-entendu, pas de masque, pas de gel. Bref, sans protection pour leur santé. Plus largement, ce fut d’ailleurs le cas dans tout le secteur des transports à l’arrivée de la crise Covid.

Pandémie : Il a fallu monter au créneau et contre les patrons pour protéger les salariés

Au cours de ce congrès d’Hardelot, beaucoup de militants de FO UNCP, son secrétaire général Patrice Clos mais aussi le secrétaire général de la Confédération, évoqueront le combat que l’organisation FO a dû mener pour que soit apportée à ces salariés modestes toute la protection sanitaire nécessaire. Il a fallu monter au créneau et contre les patrons pour protéger ces salariés insistait ainsi Yves Veyrier rappelant que la fédération a dû menacer le patronat qu’il y ait des droits de retrait. Cela correspondait à des appels au secours des salariés, des camarades.

Les routiers ne sont pas des chiens !, résumait de son côté Patrice Clos évoquant les problèmes de fermeture d’infrastructures auxquels ont été confrontés les forçats de la route lors du premier confinement. On a réussi à faire rouvrir les sanitaires sur route et autoroutes mais pas les restaurant.

La considération envers les routiers effectuant le Transmanche a pour le moins laissé à désirer aussi l’an dernier, à Noël, alors que le variant anglais sévissait chez nos voisins d’Outre-Manche. 16 000 routiers étaient bloqués au tunnel [côté anglais, NDLR]) et dans une situation déplorable. Au nom de la protection sanitaire, le gouvernement français avait projeté de fermer à midi le 24 décembre l’accès au territoire national via le tunnel.

FO avait dû batailler ferme pour que cette fermeture soit repoussée à 20h, ce qui a permis aux chauffeurs, notamment français, de regagner le continent et de retrouver leurs familles.

Activité déchet : Les entreprises cassent les prix, et les chauffeurs perdent du salaire

Au sein de l’activité du déchet nous sommes attaqués de partout par du moins-disant social s’alarme le secteur fustigeant au passage l’attitude de flicage des communes envers les salariés qui conduisent les bennes. On passe notre temps à défendre les gars !.

A chaque appel d’offre lancé par une collectivité territoriale et remporté par une nouvelle entreprise, les salariés sont dans l’inquiétude. Les entreprises qui arrivent cassent les prix, et les chauffeurs perdent du salaire, cela peut aller de 250 à 300 euros par le changement de convention collective, de celle des activités de déchets [en vigueur depuis mai 2000, NDLR] à celle des transports.

FO a signé l’annexe V de la convention collective, visant à protéger les salariés de toute perte de salaire à l’occasion de leur transfert vers l’entreprise ayant remporté le marché. Et dans l’activité déchet, de grands groupes se disputent les marchés dont les chiffres d’affaires élevés n’impliquent pas une redistribution de la richesse aux salariés… Ainsi le +1,1% pour les NAO 2021 dans la branche.

Taxis, transport de fonds…. Les salaires aussi

Dans le secteur des taxis, alors que la convention des taxis parisiens est devenue une convention nationale, un accord sur le dialogue social a été signé en octobre 2020 mais, déplore FO, seules 6 000 des 68 324 entreprises cotisent à la convention. Côté salaires, le secteur a notamment décroché +3% pour les chauffeurs salariés débutants et +3,8% pour les confirmés, sans cartes professionnelle. De son côté, le secteur Transport de Fonds et de Valeur a dû lutter aussi ces dernières années notamment pour ses revendications salariales ou encore pour la négociation d’un nouvel accord sur la transférabilité des salariés, malgré l’opposition initiale du patronat. Un accord a été signé le 3 juillet 2018.

Remontées mécaniques : la lutte contre la précarité

Au sein de l’Union nationale FO des remontées mécaniques et domaines skiables (première organisation avec 54% des voix), la revendication de hausses de salaires fait particulièrement écho. Tandis qu’après trois ans d’un travail de négociation a été signée une convention collective (applicable dès novembre prochain), le patronat (DSF/Domaines skiables de France) a décidé de geler les salaires. Pas de +0,90% de hausse du Smic au 1er janvier 2021. On va donc demander la hausse du Smic applicable depuis le 1er octobre dernier, soit 2,2%, ainsi que celle de 0,90% de janvier 2021 explique Priscilla Marini.

Dans le secteur (18 000 salariés dont 15 000 saisonniers) la précarité est au centre des préoccupations et cela sur fond de pandémie qui a impacté la branche. En décembre 2020, l’action de FO notamment a permis d’obtenir le maintien des mesures d’activité partielle jusqu’à la fin de la pandémie. Pour autant, souligne la militante beaucoup de salariés n’ont pas eu le droit au chômage et ont basculé dans le RSA.

Et analyse-t-elle, alors que les employeurs qui visent actuellement à faire signer un accord APLD (activité partielle de longue durée) pointent les problèmes de recrutement entre la crise Covid, les problèmes dus à l’activité partielle et la réforme de l’Assurance chômage qui réduit l’indemnité des salariés qui enchaînent les contrats courts, que les saisonniers désertent la branche s’explique !.

Le secteur FO, qui travaille à développer la syndicalisation dans la branche, combat les contrats courts reconductibles qui se substituent aux contrats saisonniers. Quant à la réforme de l’Assurance chômage, c’est le gros dossier sur la table insiste Priscilla Marini dénonçant le fait d’envoyer ainsi droit les permittents à la pauvreté.

 Valérie Forgeront Journaliste à L’inFO militante

L’Info Militante

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