Travail du dimanche : les bibliothèques parisiennes en grève

Emploi et salaires par Clarisse Josselin, journaliste L’inFO militante

Les personnels des bibliothèques-médiathèques municipales de la Ville de Paris sont appelés à faire grève tous les dimanches depuis le 19 janvier par une intersyndicale à laquelle FO participe. Ils revendiquent une revalorisation de leur prime dominicale et des moyens suffisants pour ouvrir le septième jour dans de bonnes conditions.

Non, la banalisation du travail du dimanche ne parvient pas à faire insidieusement son chemin. Même si, dans le service public, le travail du dimanche est de plus en plus sollicité, comme le déplore Patrick Auffret, secrétaire général du syndicat FO des personnels de la Ville de Paris.

Dimanche 9 février, six des huit médiathèques parisiennes normalement ouvertes ce jour-là sont restées fermées pour cause de grève à l’appel de plusieurs syndicats dont FO. Un préavis de grève reconductible pour tous les dimanches est lancé depuis le 19 janvier 2020 auprès des personnels concernés. Et la mobilisation devrait se poursuivre. Un nouveau préavis daté du 12 février a été relancé pour une grève le 23 février et les dimanches suivants.

Nous sommes contre le travail dominical par principe, rappelle Bertrand Vincent du syndicat FO des personnels de la Ville de Paris. Une exception peut être faite pour la culture, mais il faut des moyens adaptés.

Le mouvement a été déclenché à l’occasion de la réouverture après travaux de la médiathèque Melville dans le XIIIe arrondissement. Celle-ci s’est faite avec des moyens que les syndicats jugent insuffisants. La même problématique se pose pour la réouverture prévue au printemps 2020 de la médiathèque Robert Sabatier dans le XVIIIe arrondissement.

10 postes de titulaires à créer

L’une des revendications porte sur les effectifs. La mairie fait venir des étudiants avec des contrats précaires très courts, elle fait appel à très peu de titulaires, poursuit Bertrand Vincent. Or pour des raisons de sécurité, il faut un titulaire pour ouvrir. Ce sont aussi les titulaires qui permettent d’accueillir le public dans de bonnes conditions, notamment en matière d’animation.

L’intersyndicale revendique donc la création de cinq postes – dont deux de catégorie A – à la fois dans les bibliothèques Melville et Sabatier. Et demande aussi la mise en place de seuils clairs en nombre d’agents titulaires par établissement, et jamais moins de titulaires que de vacataires. En dessous de ces seuils, la structure ne pourrait pas ouvrir le dimanche.

Nous sommes dans un rapport de force avec la Ville, poursuit Bertrand Vincent. La municipalité nous reçoit, mais elle propose de prendre des effectifs sur le réseau global, en clair de déshabiller Paul pour habiller Jacques, ce n’est pas acceptable. C’est aussi un combat contre la précarité. Nous ne voulons pas que les contrats des étudiants, très partiels et imposés, constituent une brèche.

Augmenter la prime dominicale à 150 euros net

L’intersyndicale revendique également une augmentation à 150 euros nets de la prime dominicale pour les personnels travaillant ce jour-là. Son montant est figé à 100 euros bruts depuis dix ans. Or selon l’intersyndicale, la mairie de Paris avait convenu à l’époque de faire évoluer cette somme dans les années qui suivraient, notamment pour tenir compte de l’évolution des prix à Paris, l’une des villes les plus chères du monde.

Le conflit pourrait se poursuivre jusqu’aux élections municipales de mars. Si ces revendications ne peuvent faire l’objet de négociations pour cause de période électorale […], l’intersyndicale propose que la mairie de Paris repousse l’ouverture du dimanche des médiathèques Melville et Sabatier après l’élection, précise le préavis de grève.

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