Communiqué de FO

Un grand ELAN en arrière

, Nathalie Homand

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© Romain GAILLARD/REA

Force Ouvrière condamne la mesure votée par l’Assemblée nationale vendredi 1er juin décidant le passage de 100% à 10% de logements accessibles aux personnes handicapées dans la construction neuve. Cela revient à substituer « l’accessibilité », pour laquelle la France est pourtant déjà en retard, par une « adaptabilité » floue et incertaine : les 90% de nouveaux logements restants seront censés être « évolutifs » et pouvoir être rendus accessibles ultérieurement, sous couvert que des financements le permettent.

Globalement, le projet de Loi ELAN (Évolution du logement, de l’aménagement et du numérique) se traduirait dans le parc social par la création anecdotique de 2 300 appartements accessibles par an, soit un appartement HLM accessible pour seulement 30 000 habitants !

Et ceci alors que la société française est confrontée au vieillissement de la population et à l’explosion potentielle à terme du nombre de personnes à mobilité réduite, devant bénéficier de logements aménagés.

Force Ouvrière rappelle que cette mesure est contraire à la Convention internationale des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, ratifiée par la France, qui proclame le droit à choisir librement son lieu de vie.

A nouveau, avec cette mesure, la majorité fait le choix de renvoyer chaque individu à son seul sort et réduit encore un peu plus l’égalité de droits et la juste solidarité entre tous. Même les personnes en situation de handicap se retrouvent ici fragilisées. Cette mesure est un grand ELAN en arrière. Elle s’inscrit dans la logique de l’annonce du Président de la République indiquant en septembre 2017 vouloir réduire les normes qui relèvent de très bons sentiments ! Visiblement à l’heure du « chacun pour soi », il n’y a plus de sentiments, ni de valeurs !

A propos de cet article

Sur l’auteur

Nathalie Homand

Secrétaire confédérale au Secteur de l’Economie et du Service Public


  • Economie, Fiscalité
  • Politiques et filières industrielles et de services
  • Fonction publique, Service Public et politiques publiques (dont AFPA)
  • AFOC et Logement

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12 militants de la CGT accusés d’injure à l’armée et de provocation à la désobéissance
Procès retentissant de douze militants de la CGT, accusés par le gouvernement Clemenceau d’injure à l’armée et de provocation à la désobéissance. Le prétexte de ce procès, que Jaurès jugea odieux et contraire au droit, fut le fameux Manifeste adressé à la classe ouvrière et signé par les 77 membres du (...)

Procès retentissant de douze militants de la CGT, accusés par le gouvernement Clemenceau d’injure à l’armée et de provocation à la désobéissance. Le prétexte de ce procès, que Jaurès jugea odieux et contraire au droit, fut le fameux Manifeste adressé à la classe ouvrière et signé par les 77 membres du Comité confédéral, dans lequel la CGT protesta avec énergie contre les tueries abominables de Narbonne et félicitait les soldats qui avaient refusé de tirer sur les ouvriers. cette affaire, venue devant la Chambre, le ministre de la Justice Briand désavoua l’avocat général. Le gouvernement qui voulait atteindre la CGT, fut ridiculisé et condamné. Le jury acquitta les douze militants, parmi lesquels figuraient Griffuelhes, Merrheim, Pouget, Luquet, Delesalle, Monatte, Janvion. L’acquittement a produit une grande joie parmi les travailleurs et a donné une stimulation morale encore plus forte à l’action syndicale.