Un plan de relance à 100 milliards

Revue de presse par Christophe Chiclet

Présentation du plan de relance le 3 septembre 2020. © Eliot Blondet/POOL/REA

Le gouvernement vient d’annoncer un grand plan de relance pour pallier les effets de la crise sanitaire. Va-t-il profiter aux travailleurs ? Reste à le prouver. Aperçu dans la presse.

Le Figaro
Le quotidien détaille ce plan de 100 milliards :
8,2 destinés aux énergies et technologies vertes
20 dédiés à la baisse des impôts de production
3 affectés au renforcement des fonds propres des entreprises
6,9 destinés à la souveraineté technologique
1,9 dédié à la mise à niveau numérique de l’État
1,6 affecté pour la culture
7,6 destinés à la sauvegarde de l’emploi
8,7 affectés à l’emploi des jeunes
3 destinés à la recherche
6 consacrés au financement des investissements du Ségur de la santé
9,5 affectés à la cohésion territoriale. Ce sont donc les employeurs qui sont les mieux servis !

Sud Ouest
Le quotidien questionne : Pourquoi 100 milliards d’euros, l’interrogera-t-on ? [Jean Castex] Parce que c’est le montant nécessaire pour retrouver dès 2022 notre niveau d’avant la crise. Et d’expliquer : l’impact de cette crise, c’est quatre points de PIB. Et quatre points, ça fait 100 milliards. Un peu plus tôt, le Premier ministre avait répondu aux critiques sur le gonflement de la dette : la pire option pour nos finances publiques aurait été de ne pas faire de plan de relance. Trois points de PIB en moins, c’est 50 milliards de dettes supplémentaires. Relancer l’économie pour accroître les rentrées fiscales, inciter les Français à consommer les 100 milliards qu’ils ont économisés pendant le confinement : pour cela il faut créer un climat de confiance. Voilà pourquoi, le gouvernement le dit et le martèle : il n’y aura pas de hausses d’impôts. A voir.

Les Echos
Avec ce coup de fouet à l’activité, l’exécutif cherche également à juguler l’hémorragie sur l’emploi. Environ 800 000 postes devraient être supprimés cette année, et il est fait l’hypothèse que la moitié de cette perte sera effacée l’an prochain.

AFP
FO a fait part de ses craintes et de ses critiques : Son responsable Yves Veyrier a regretté sur RTL qu’en général les plans de relance ne sont jamais conditionnés à l’emploi. Jamais ce n’est mesuré, jamais ce n’est contrôlé, a fortiori pas sanctionné. Il a également estimé que la question du salaire doit faire partie du plan de relance, appelant à ce qu’on n’oublie pas les salariés de la deuxième ligne.

Libération
L’exécutif s’apprête à baisser les prélèvements sur les entreprises de 20 milliards d’euros. Leitmotiv des libéraux et du patronat, la mesure bénéficiera surtout aux grosses sociétés. Pour le coup, on pourra dire que le Covid-19 aura constitué une belle opportunité. Car en annonçant ce jeudi [3 septembre] une baisse significative des impôts de production sur les entreprises, le gouvernement va satisfaire – au moins partiellement – une revendication patronale vieille de plusieurs années, et totalement décorrélée de la crise sanitaire et économique que traverse la France depuis le mois de mars.

Christophe Chiclet Journaliste à L’inFO militante

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