Une pension minimum à 1 200 euros, de la poudre aux yeux pour FO

InFO militante par Clarisse Josselin, L’Info Militante

Article publié dans le cadre de la campagne Réforme des retraites, FO dit stop !

Dans le cadre de la réforme des retraites, le gouvernement promet de revaloriser la pension minimum de retraite à 85% du Smic, soit environ 1 200 euros bruts. Pour les retraités actuels, l’augmentation pourrait aller jusqu’à 100 euros bruts. Pour FO, rares devraient être les personnes à pouvoir bénéficier pleinement de ces hausses, en raison de conditions restrictives. Et dans les faits, selon l’étude d’impact du projet de loi, l’augmentation serait plutôt de 400 euros en moyenne pour les nouveaux retraités.

Un salarié qui a travaillé au Smic toute sa vie aura une pension de près de 1 200 € par mois, soit 85 % du Smic net, promet le gouvernement dans son dossier de présentation de la réforme des retraites. C’est 100 euros de plus par mois que le minimum de pension actuel.

Cette revalorisation fait partie des rares arguments mis en avant par l’exécutif pour tenter de faire passer la pilule du recul de l’âge de départ. La mesure pourrait bénéficier à une fourchette de 180 000 à 200 000 nouveaux retraités chaque année. Elle s’appliquerait aussi retraités actuels, ce qui n’était pas prévu dans le projet initial. La revalorisation devrait être de 100 euros bruts par mois pour les assurés ayant cotisé une carrière complète. Quelques 1,8 million de personnes y seraient éligibles.

Mais gare aux effets d’annonce. Michel Beaugas, secrétaire confédéral FO chargé des retraites, parle même de poudre aux yeux. En effet rares devraient être les retraités à pouvoir bénéficier pleinement de ces 1 200 euros. Il s’agit d’une part d’un montant brut susceptible de baisser en fonction de prélèvements sociaux, dont la CSG (taux de 0 à 8,3 % selon les revenus du foyer).

D’autre part, pour percevoir une pension à hauteur de 85 % du Smic (pension de base et complémentaire), il faudrait avoir effectué une carrière complète, c’est-à-dire avoir travaillé actuellement durant 41 ans et 9 mois sans interruption, et dès 2027, durant 43, voire 44 ans pour les carrières longues. En cas de trimestres manquants, la revalorisation serait diminuée au prorata, au minimum de 25 euros par mois. Pour les retraités actuels, la revalorisation est également conditionnée à une carrière complète, soit au moins 120 trimestres de cotisations au Smic.

Une mesure inscrite dans la loi depuis 2003

Selon l’étude d’impact du projet de loi présentée le 23 janvier par le gouvernement, cette revalorisation du montant de la pension bénéficierait, concernant les futurs retraités, à près de 30% des femmes et de 17% des hommes, pour une augmentation moyenne de 400 euros par an (460 euros pour les femmes et 300 euros pour les hommes). On est loin des 100 euros mensuels annoncés par l’exécutif.

Quant aux retraités actuels éligibles à la mesure, les femmes verront augmenter leur pension de 760 euros par an (+6,7%) et les hommes de 540 euros (+5,1%). Parmi eux, le cas des poly-pensionnés, qui touchent des pensions de différentes caisses de retraite, promet d’être complexe, surtout pour ceux qui ont liquidé leur retraite avant 2010, et dont le dossier n’est pas informatisé. Selon une source proche d’Emmanuel Macron, la recherche et la réévaluation de leur pension vont se faire... à la main. Ce qui risque d’être sources d’erreurs, de bugs, de retards, explique France Info.

Il faut aussi rappeler que cette idée de fixer un montant minimal à 85 % du Smic n’a rien de nouveau puisqu’elle figure dans la loi depuis la réforme Fillon de 2003, mais n’a jamais été appliquée, souligne Michel Beaugas.

Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante

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