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Une rentrée scolaire sur fond de démantèlement de l’Éducation nationale

, Evelyne Salamero

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La FNEC-FP FO dénonce une marche à la privatisation de l’école, et prépare la mobilisation interprofessionnelle.

Réforme du bac, réforme des conditions d’entrée à l’université, réforme de l’enseignement professionnel, avec pour cette dernière des premières mesures contenues dans la loi Avenir professionnel votée cet été.

La rentrée s’inscrit dans un contexte de démantèlement de l’Éducation nationale et de l’enseignement supérieur et de la recherche, résume la Fédération FO de l’Enseignement, de la Culture et de la Formation professionnelle (Fnec-FP FO). Un démantèlement qui s’inscrit dans celui, plus général, de la fonction publique et du statut de fonctionnaire d’État, souligne-t-elle.

Le Nouveau contrat social avec les agents publics va se traduire notamment par l’évaluation des établissements et des personnels selon les résultats et le mérite. Les programmes passent ainsi au second plan.

Disparition de la moitié des académies

Cette évaluation devant se faire en fonction des besoins territoriaux, précise le gouvernement, ce chantier est imbriqué dans celui de la réforme territoriale, à laquelle l’Éducation nationale avait pour l’instant échappé en gardant ses vingt-six académies.

Le gouvernement a programmé la disparition de la moitié d’entre elles d’ici à 2021 et le renforcement des compétences des recteurs de région en matière de gestion des personnels. Développement des postes à profil, mise en place de RH de proximité, professionnalisation de la formation initiale avec le recrutement d’assistants d’éducation-enseignants (AED) non titulaires, c’est-à-dire corvéables et jetables à merci… La Fnec-FP FO voit dans toutes ces mesures la marche à la privatisation de l’école.

De plus, alors que le nombre d’élèves et d’étudiants ne cesse d’augmenter du fait du boom démographique des années 2000, les budgets se resserrent encore.

1 800 suppressions de postes dès 2019

La hausse de 1% pour le primaire et le secondaire en 2019 (de 51,5 à 52,1 milliards) est ainsi inférieure à l’inflation prévue. Le ministre de l’éducation a d’ailleurs confirmé 1 800 suppressions de postes dès 2019 dans les collèges, lycées et services administratifs.

Alors que 350 000 étudiants de plus sont attendus d’ici à 2025, créer un nombre de places suffisant dans les universités exigerait un budget en croissance de 2 milliards d’euros par an, soit dix fois plus que celle annoncée (1 milliard sur le quinquennat).

Parcoursup introduit donc des critères de sélection propres à chaque université, d’autant plus élitistes que leurs budgets sont serrés et leurs places disponibles par conséquent limitées.

En complément, le bac, par sa réforme, est remis en cause en tant que diplôme national et premier grade universitaire.

Face à cette opération de démantèlement général, qui passe aussi par la remise en cause du code des pensions civiles et militaires dans le cadre de la retraite par points, la Fnec-FP FO revendique l’abandon de ces contre-réformes, et entend préparer la mobilisation des personnels dans un cadre interprofessionnel. Première étape le 9 octobre.

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Evelyne Salamero

Journaliste - Rubrique internationale

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