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Universités : une majorité d’organisations enseignantes appellent à amplifier la mobilisation

, Evelyne Salamero

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faculte des lettres et des sciences humaines et sociales de l’universite Nancy II. © Fred MARVAUX/REA

La majorité des fédérations de personnels de l’Education nationale, dont la FNEC-FP FO, et les organisations syndicales de jeunesse (Unef, UNL, SGL, Solidaires étudiants, Fidl) regroupées en intersyndicale, ont condamné les violences policières exercées contre les étudiants au sein même des universités. Elles appellent à multiplier les assemblées générales et à amplifier la mobilisation contre la réforme de l’accès à l’université.

Intervention des forces de l’ordre à Nanterre en début de semaine, puis à la Sorbonne dans le quartier latin jeudi 12 avril au soir, et à Lyon 2 ce 13 avril au petit matin, menace d’intervention depuis plusieurs jours à Tolbiac… Malgré tout, les assemblées générales se sont multipliées et, fait nouveau depuis lundi, les enseignants-chercheurs y rejoignent de plus en plus les étudiants. Une quinzaine d’universités au total étaient totalement ou partiellement bloquées en fin de semaine. Certaines ont été fermées pour plusieurs jours.

Dans les assemblées générales une revendication s’élève : le retrait de la réforme de l’accès à l’université

Dans toutes ces assemblées générales, s’élève la revendication du retrait de la loi sur l’Orientation et la Réussite des Etudiants (Ore), loi portée par la ministre Frédérique Vidal. Une revendication que la majorité des organisations syndicales d’enseignants, dont la FNEC-FP FO, regroupées en intersyndicale avec les organisations étudiantes et lycéennes [1], expriment depuis six mois face à un gouvernement qui fait la sourde oreille. Aujourd’hui la situation est explosive.

Parallèlement aux assemblées générales, un nombre croissant de personnels, dans des départements et des instances d’Unités de Formation et de recherche (UFR) refusent d’organiser la sélection des élèves considérant que le seul critère de sélection doit rester le bac, contrairement à ce que prévoit la réforme.

Que change la réforme ?

En application de la loi Ore, signée le 8 mars par le président Emmanuel Macron, les universités doivent en effet désormais sélectionner les candidatures des bacheliers qu’elles retiennent en fonction de critères locaux définis par chaque établissement, leurs fameux « attendus ».

Pour vérifier que le candidat répond bien à ces « attendus », les universités ont accès aux notes du bachelier en première et terminale, aux appréciations des professeurs et à l’avis du conseil de classe sur son projet d’orientation.

Chaque établissement est également libre d’exiger que le dossier de candidature inclue une lettre de motivation.

Les critères des universités sont d’autant plus élitistes que leurs budgets sont serrés, politique d’austérité oblige, et leurs capacités d’accueil par conséquent réduites.

La sélection ne se fait plus en fonction d’un diplôme national fondé sur des critères nationaux identiques pour tous les bacheliers.

Enfin, cette réforme s’ajoute à celle du baccalauréat qui prévoit qu’à partir de 2021, le contrôle continu pèsera pour 40% dans la note finale. Or qui dit contrôle continu, dit par définition des critères variables d’un lycée à l’autre.

Les organisations syndicales condamnent la violence policière

Enfin, la réforme du lycée en cours de finalisation organise aussi, outre une baisse des heures d’enseignements, un premier tri social des lycéens en vue de la sélection à l’entrée dans le supérieur, dénoncent les fédérations syndicales d’enseignants et les organisations de jeunesse, soulignant la cohérence entre toutes ces réformes.

Dans leur appel à amplifier la mobilisation et à multiplier les Assemblées générales en date du 10 avril, les organisations regroupées dans l’intersyndicale condamnent fermement les violences policières à l’encontre des étudiants à l’intérieur même des universités.

Elles réaffirment leur détermination à mettre en échec la loi Vidal et les réformes gouvernementales qui ne visent qu’à trier les élèves selon des critères locaux, à détruire les diplômes nationaux et les statuts des personnels.

Soutien total aux cheminots qui eux aussi défendent le service public

Egalité du droit d’accès à l’enseignement supérieur sur tout le territoire national, maintien d’un enseignement national fondé là encore sur l’égalité des droits… C’est aussi le service public que défendent les étudiants et les personnels mobilisés pour le retrait de la loi Ore, Parcoursup et la réforme du lycée et du baccalauréat, soulignent les organisations syndicales.

Elles apportent donc leur soutien total aux cheminots en grève qui en défendant leur statut défendent le service public, comme les personnels mobilisés dans les universités et appellent ces derniers et les étudiants à soutenir la grève des cheminots en adoptant des motions et en organisant la solidarité financière.

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Evelyne Salamero

Journaliste - Rubrique internationale

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