Val-d’Oise : le développement de FO passe par la formation des militants

Congrès d’UD par Valérie Forgeront

Quelque 207 délégués représentant 61 syndicats du département étaient réunis les 16 et 17 avril dernier à Saint-Ouen-l’Aumône pour le XIIe congrès de l’Union départementale FO du Val-d’Oise. Un congrès où les militants ont redit leur opposition à la remise en cause des droits des travailleurs.

Placé le 1er jour sous la présidence de Réza Painchan, secrétaire général de l’UD de Seine-Saint-Denis et le 2e jour sous la présidence du secrétaire général de la Confédération FO, Yves Veyrier, ce congrès a vu la réélection à un 3e mandat du secrétaire général de l’UD, Vincent Vilpasteur. Les délégués –qui ont voté à l’unanimité les rapports d’activité et de trésorerie ainsi que la résolution générale du congrès– ont particulièrement évoqué dans leurs interventions (22 au total) la remise en cause actuelle des droits et acquis des salariés, du privé comme du public indique Vincent Vilpasteur.

Dans sa résolution générale, le congrès de l’UD du Val-d’Oise a ainsi souligné : Dans une situation caractérisée par un isolement sans précédent de l’exécutif, le congrès constate que, ce gouvernement, poursuit avec les ordonnances Macron la destruction du code du travail engagée par la loi El Khomri, entend désormais faire table rase de tout ce qui fonde la République et la protection sociale issue de 1945.

Pour FO, 3e syndicat en termes de représentativité dans le Val-d’Oise, il s’agit de s’opposer, entre autres, à toutes les attaques actuelles menées contre la protection sociale des travailleurs. Ainsi, dans sa résolution générale, le congrès se prononce pour le retour à la Sécurité Sociale de 1945 : on cotise selon ses moyens, on reçoit selon ses besoins. Le congrès par ailleurs dit Non à la CSG. Oui aux cotisations sociales et Stop aux exonérations patronales.

L’emploi malmené dans le département

Au cours de leurs interventions, les délégués ont souligné aussi les difficultés au plan de l’emploi dans le département. La fermeture en novembre 2017 de l’usine Semperit (64 salariés/fabrication de tapis roulant pour l’industrie) à Argenteuil et la délocalisation de son activité en Pologne illustre le problème. Les salariés de ce site (ex Kleber et ex Michelin) ont dû batailler pendant des mois pour l’amélioration du PSE.

La fermeture en avril dernier, quelques jours avant le congrès de l’UD-FO de l’usine 3M (produits pour le bureau, papeterie, entretien, nettoyage…) basée à Beauchamp est un autre exemple des difficultés que connaît le Val-d’Oise concernant l’emploi. Le site a compté jusqu’à 1 500 salariés dans les années 1960/70 rappelle Vincent Vilpasteur. En avril, les 270 salariés encore employés chez 3M-Beauchamp (ou FO était très bien implantée) ont subi la réorganisation industrielle décidée par 3M France (2 400 salariés sur dix sites) pour ses activités en Europe de l’Ouest. Une partie de l’activité française ira en Pologne notamment. Au plan mondial, 3M qui emploie 90 000 salariés a réalisé cependant en 2017 un bénéfice net de plus de cinq milliards de dollars…

De la loi Pacte qui, craignent les militants FO, pourrait mettre en difficulté la pérennité des activités et emplois des casinos, dont celui d’Enghien-les-Bains, aux difficultés d’organisation du travail au sein de l’entreprise de restauration collective Compass (Sanois) en passant par les problèmes dans la grande distribution (notamment chez Carrefour qui a supprimé récemment plus d’un millier d’emplois) ou encore les enièmes fusions/restructurations en quinze ans dans le secteur de la prévoyance… les salariés du secteur privé du département du Val-d’Oise sont pour le moins inquiets.

De bonnes nouvelles par l’action syndicale

De bonnes nouvelles arrivent heureusement note l’UD-FO. Dans le secteur de la santé privé, les revendications de FO sont à l’évidence entendues. Ainsi, dans le Val-d’Oise FO dispose désormais de 26 implantations syndicales dans le département. C’est un bon développement. Bonne nouvelle aussi, accueillie avec joie par l’UD-FO, à l’aéroport de Roissy sur le « territoire » du Val-d’Oise, avec la victoire de FO devenant chez Air France la première organisation syndicale à l’issue des dernières élections professionnelles.

Autre bonne nouvelle… La prime de 500 euros obtenue par les salariés de CEPL (logistique) à Eragny. Sur ce site, racheté par ID Logistics et devenu ainsi filiale, les salariés écartés au départ du possible octroi d’une telle prime ont dû faire grève récemment avant de l’obtenir. Au-delà de cette victoire des salariés, le secrétaire général de l’UD-FO s’inquiète toutefois pour la nature des emplois, sur ce site, comme sur un autre. Ainsi chez CEPL, comme sur le site Paul Prédault (jambons) de Goussainville, 50% du personnel est en situation d’intérim indique Vincent Vilpasteur. Cette situation comme dans de nombreuses autres entreprises motive d’autant plus l’UD-FO à développer la syndicalisation au sein du secteur de l’intérim. Comme d’ailleurs au sein de services support qui interviennent dans les entreprises.

Au cours de ce congrès, les militants FO ont évoqué aussi la situation des services publics et de ses personnels. Une situation de plus en plus douloureuse. Les délégués ont réitéré ainsi leur opposition aux projets, dont la réforme du lycée, du ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer. Ils se sont insurgés contre la dislocation des préfectures et de ses missions, ont redit leurs inquiétudes quant à l’avenir des missions et des moyens de Pôle emploi, sans compter les menaces qui pèsent sur le statut de ses personnels. Dans les hôpitaux où nombre de grèves ont lieu actuellement, les personnels sont sous pression par la charge de travail à réaliser, cela dans un contexte de sous-effectifs et de manque de moyens. A la CPAM du Val-d’Oise les agents subissent une grosse charge de travail ont encore relevé les délégués.

Plus largement ont-ils souligné, l’organisation des services publics est en danger sur l’ensemble du territoire et les réformes/restructuration diverses détériorent la capacité des usagers à accéder à ces services. La situation des services des finances publiques dans le Val-d’Oise est un exemple. Le ministère des finances a produit fin 2018 autant d’arrêtés que de départements pour la suppression de postes comptables. Par ces dispositions réglementaires, le Val-d’Oise, à partir du 1er janvier 2019, se voit imposer la poursuite des fermetures de perceptions. Sont concernées : les trésoreries d’Enghien-les-Bains et de Bezons. C’est aussi l’arrêt de recouvrement de l’impôt à Beaumont-Sur-Oise, Marines et l’Isle Adam, pour être recentrés sur Cergy Pontoise.

Dans sa résolution générale, le congrès note ainsi que le principe républicain de l’égalité d’accès des citoyens au service public n’est pas respecté. Ni la dématérialisation, ni les programmes capables de converser avec un internaute (ChatBot) ne respectent l’égalité des citoyens. Le XIIe congrès se prononce pour le maintien et la réouverture des services publics de proximité sur l’ensemble des territoires du Val-d’Oise.

La formation syndicale des militants est essentielle

Face à ces situations compliquées tant dans le public que dans le secteur privé, le développement de l’organisation FO afin d’accroître encore la portée de son action syndicale est essentiel. Pour cette nouvelle mandature, Vincent Vilpasteur compte mettre l’accent sur la formation des militants.

C’est essentiel pour le dynamisme de l’activité syndicale. Le secrétaire général de l’UD souhaite ainsi la création de stages de formation pour les militants, leur permettant de se perfectionner sur différents aspects de la vie syndicale. Découvrir le syndicat (à travers le stage découverte de FO, NDLR) c’est bien, militer c’est autre chose. Il faut une formation plus large pour agir, notamment à l’échelon interprofessionnel.

Valérie Forgeront Journaliste à L’inFO militante