Santé

Vers le démantèlement de la médecine du travail

, Françoise Lambert

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Un rapport, dont une mesure s’est déjà glissée dans le projet de loi sur le dialogue social, prône l’espacement des visites à cinq ans. FO dénonce des propositions qui affaiblissent la médecine du travail.

Moins d’une semaine après la remise d’un rapport sur la médecine du travail au ministre du Travail François Rebsamen, un amendement reprenant des propositions issues du document a été intégré au projet de loi sur le dialogue social. Il vise à réserver le contrôle de l’aptitude du salarié à certains postes à risques (pilotes d’avion, conducteurs de train ou grutiers par exemple). L’employeur établirait lui-même la liste des postes concernés, suggère le rapport Issindou. Pour tous les autres salariés, il propose de remplacer la visite médicale d’embauche par une « visite d’information et de prévention » réalisée par un infirmier de santé au travail.

Mais la disparition du contrôle de l’aptitude des salariés lors de l’embauche est l’arbre qui cache la forêt.

Effectifs en chute libre

La mesure principale proposée par le rapport Issindou consiste à espacer à cinq ans les visites médicales périodiques, actuellement obligatoires tous les deux ans. « Le démantèlement de la médecine du travail est en route, s’alarme Jocelyne Marmande, secrétaire confédérale FO chargée de la Protection sociale. Plutôt que d’ouvrir le numerus clausus et de former des médecins du travail, on choisit de s’adapter à des effectifs en chute libre. »

Aujourd’hui, 40 % des 4 982 médecins du travail en activité ont plus de 60 ans. Leurs effectifs devraient diminuer de plus de moitié d’ici à 2030.