Congrès d’UD

Vienne : Continuer le combat contre le projet de loi Travail

, Françoise Lambert

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Jean-Claude Mailly, secrétaire général de la confédération FO, et Alain Barreau secrétaire général de l’Union départementale de FO Vienne, réélu à son poste.

Le XXVIIIe congrès de l’Union départementale des syndicats FO de la Vienne, qui s’est tenu le 3 juin à Vouillé (86), sous la présidence de Jean-Claude Mailly, secrétaire général de la confédération, a réuni trois cent trente militants FO. Alain Barreau a été réélu au poste de secrétaire général de l’Union départementale.

La mobilisation contre le projet de loi Travail a occupé le centre les débats du XXVIIIe congrès de L’union départementale FO (UD-FO) de la Vienne. Dans sa résolution adoptée à l’unanimité, le congrès demande « le retrait total » du texte. Il rappelle que l’inversion de la hiérarchie des normes, qui ferait prévaloir les accords d’entreprise sur le Code du travail et les conventions collectives nationales, « condamnerait l’égalité de traitement des travailleurs par secteur professionnel et favoriserait le dumping social. »

Lutter contre la précarité, en forte augmentation

Les questions de l’emploi et des salaires ont aussi été largement abordées par les congressistes. « La lutte contre la précarité et la pauvreté, qui augmentent fortement dans le département, est une nécessité absolue », constate Alain Barreau.

Pas moins de 12 160 foyers de la Vienne étaient titulaires du RSA au 31 septembre 2015, avec un nombre d’allocataires en hausse de près de 4% en un an.

Pour combattre la pauvreté, Alain Barreau estime qu’il convient notamment de s’attaquer « au fléau du temps partiel non choisi, au cœur des précarités. » Le congrès revendique en outre l’augmentation générale des salaires, des pensions, des retraites et des minimas sociaux. Il demande aussi la fixation du Smic à 1870 euros bruts par mois, soit 80% du salaire médian.

Délocalisation et fermetures de sites industriels

L’industrie, qui était l’un des secteurs d’activité phare du département, périclite d’année en année. Alors que les fermetures et les délocalisations d’activités industrielles se sont multipliées ces dernières années, les congressistes considèrent que « l’État doit prendre toute sa place pour empêcher ce dumping social », « préserver les secteurs clés de l’économie » et « garantir l’emploi ».

Parmi les entreprises particulièrement touchées figure la fonderie Federal Mogul située à Chasseneuil-du-Poitou. Le site, spécialisée dans la fabrication de joints de culasses, employait 340 salariés. L’activité a été totalement délocalisée en Roumanie en 2014.

Les services Recherche et développement aussi très impactés

Iso Delta, un sous-traitant automobile (volants, mécanismes de leviers de vitesse) voit son activité peu à peu délocalisée. Une soixantaine de salariés ont déjà perdu leur emploi, avec notamment la réduction du secteur Recherche et développement. Quant au site Itron de Chasseneuil-sur-Poitou, qui fabrique les compteurs Linky pour ERDF, son effectif a fondu de plus d’un tiers.

Le secteur du BTP connaît lui aussi un fort ralentissement de son activité, de l’ordre de 20 à 25%, principalement en raison de la baisse des investissements publics.

Fusions hospitalières

Le secteur public aussi serre les cordons de la bourse, avec notamment des fusions de centres hospitaliers - comme celui Montmorillon avec le CHU de Poitiers, effective depuis le 1er janvier – ou encore des fermetures de classes comme à Châtellerault ou Naintré.

Défendre les services publics

Dans la Vienne comme dans les autres départements, les lois qui transforment l’organisation territoriale aboutissent à une réduction des personnels et par conséquent des services publics.

Augmenter les recrutements dans la Fonction publique et mettre un terme à la destruction des services publics : Telle est l’orientation que revendique le congrès de l’UD de la Vienne.