Yves Veyrier : « Force Ouvrière sera bien là demain »

Éditoriaux de FO par Yves Veyrier, Secrétaire général de Force Ouvrière

I l fallait le faire. On l’a fait ! FO l’a fait. Ce 5 octobre nous étions au rendez-vous. Plus de deux cents manifestations et, à chaque fois, les adhérents et drapeaux FO étaient là, même quand il a fallu affronter la pluie. Nous voulions être à la hauteur, toutes et tous l’avez été. On peut en être fiers.

Ce n’était pas une fin en soi. Nous voulions donner un signal, clair, net, sur le terrain de l’action syndicale : les salaires, les pensions et le pouvoir d’achat face à l’augmentation des prix ; les retraites, l’Assurance chômage et les services publics.

Le message est destiné à ceux qui gouvernent aujourd’hui, mais aussi à celles et ceux qui aspirent à gouverner demain.

Le message est aussi destiné aux organisations patronales en soutien de nos fédérations et de nos syndicats qui négocient les conventions collectives, dans les branches et dans les entreprises, et dans la fonction publique pour les fonctionnaires, pour booster les augmentations de salaires.

Ce n’est que justice quand les révélations sur les systèmes d’évasion fiscale des plus riches se succèdent, démontrant à quel point la spéculation financière, déconnectée de l’économie réelle, capte les richesses et accroît les inégalités !

Accentuer nos efforts pour accroître le nombre de nos implantations, de nos adhérents, nos résultats aux élections professionnelles

Le message est aussi que nous entendons bien veiller à ce que l’on ne fasse pas payer aux salariés le coût de la crise sanitaire.

C’est la raison de notre opposition à la réforme de l’Assurance chômage. Elle n’a d’autre objectif que de réaliser 3 à 4 milliards d’économies qui pénaliseront les plus précaires. Nous en contestons, avec la même conviction, le bien-fondé. Les cinq confédérations se sont accordées pour déposer à nouveau leurs recours au Conseil d’État contre son entrée en vigueur. Il nous avait déjà donné raison en juin dernier.

Sur les retraites, la petite musique du recul de l’âge de départ revient, sans complexe. Le Premier ministre, qui portait le projet du système universel par points, visant 65, 66 et même 67 ans ! De ce point de vue, il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir que la réforme systémique est une réforme paramétrique. Nous, FO, ne sommes pas dupes et n’entendons duper personne.

Le message concerne aussi les services publics, confrontés depuis trop longtemps à une gestion à l’économie (fermetures de lits dans les hôpitaux y compris en 2020 ! de classes à l’Éducation nationale, restructurations et suppressions d’emplois dans nombre de services dont ceux de l’administration fiscale).

De plus en plus, le débat public va être occupé par l’élection présidentielle. Il nous faut prendre garde aux surenchères prônant la rigueur budgétaire, au détriment des salariés, ou aux promesses de jours meilleurs sans lendemains…

Autant FO entend demeurer sur le seul terrain syndical, et préserver son indépendance, autant il s’agissait aussi, ce 5 octobre, de prévenir : nous sommes là et serons là demain !

Notre défi : être plus forts et pour cela accroître le nombre de nos implantations, de nos adhérents, nos résultats aux élections professionnelles. Attelons-nous y sans relâche, à tous les niveaux.

Yves Veyrier Secrétaire général de Force Ouvrière

Secrétaire général de Force Ouvrière

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