Loi Travail - FO Hebdo

19 mai : mobilisations tous azimuts contre la loi Travail

, Nadia Djabali

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Le recours au 49-3 aurait-il offert un second souffle au mouvement de protestation contre la loi Travail ? C’est ce que laisse supposer la multitude d’actions de ce jeudi 19 mai. Cette semaine, les arrêts de travail chez les cheminots, dans les raffineries et dans le secteur aérien ont amplifié le mouvement de protestation contre la loi Travail.

Partout en France

En Normandie, où quinze rassemblements étaient prévus, des barrages dans le centre-ville et dans la zone portuaire du Havre ont perturbé l’activité de la raffinerie et du dépôt de carburant.

Plus à l’ouest, 3000 manifestants ont bloqué le périphérique de Caen. A Saint-Nazaire, la manifestation a « accordé l’asile » aux Nantais interdits de défilé par le préfet de Loire-Atlantique. En Picardie, les routiers ont verrouillé l’accès de la zone industrielle nord d’Amiens et la Gare de Beauvais a été investie par 500 personnes. A Reims, les voies TGV ont été bloquées.

Canon à eau de rigueur à Lyon, malgré le temps pluvieux. 7000 personnes ont marché de la Manufacture des tabacs à la place Bellecourt. Côté Sud, le défilé marseillais a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes. Deux fois plus que mardi 17 mai. A Perpignan et à Limoges, les bretelles d’autoroute ont été bloquées.

Le gouvernement doit bouger

A Paris, mobilisation également en hausse, ce qui confirme la tendance observée après la manifestation du 17 mai. « La mobilisation se maintient à un niveau élevé, se réjouit Jean-Claude Mailly. Avec plus ou moins de monde selon les départements car les gens ne participent pas obligatoirement à toutes les rassemblements. »

Une réaction concernant les déclarations de Manuel Valls invitant les syndicats à prendre leurs responsabilités par rapport aux violences ? « La meilleure façon pour qu’il n’y ait pas de violences, c’est qu’il n’y ait pas de manifestations, préconise Jean-Claude Mailly. Et pour qu’il n’y ait pas de manifestations, il faut que le gouvernement bouge sur son projet de loi. »

Du côté du service d’ordre de FO

Devant le carré de tête, les militants affectés au service d’ordre (SO) veillent au grain. Parmi eux, Jacques Girod 67 ans. Quarante ans de manifestations au compteur dont dix-sept dans le SO de Force Ouvrière. « Les manifestations sont de plus en plus difficiles, explique-t-il. Ce qu’on appelle les « casseurs », c’est-à-dire ceux qui viennent pour empêcher la manifestation de se dérouler dans des conditions normales, sont montés d’un cran. » Il explique qu’auparavant les forces de l’ordre étaient exclusivement ciblées par de tels individus. « Aujourd’hui, ils balancent des objets sur les manifestants. » Jacques n’arrive pas comprendre comment de tels actes sont possibles en présence des forces de l’ordre. « En aucun cas, nous avons un rôle de police, chacun sa partie. » Pour lui, la fonction d’un service d’ordre est de sécuriser les manifestants en empêchant en particulier les automobilistes et les deux-roues de traverser les cortèges.

La suite des événements

Le texte va bientôt être examiné par les sénateurs. Le gouvernement ne pouvant recourir au 49-3 au Sénat, le texte qui sortira du palais du Luxembourg sera certainement amendé. Puis le projet de loi passera en commission mixte paritaire avant un vote à l’Assemblée nationale.

« Le gouvernement peut décider de ne plus rester droit dans ses bottes et d’ouvrir la discussion », déclare le secrétaire général de FO. Notamment, ajoute-t-il, sur les points les plus importants et les plus dramatiques du projet de loi. « Le 49-3 n’est pas un passage obligé et trouver une majorité, c’est mieux du point de vue démocratique. » La balle est donc dans le camp du gouvernement.

Une manifestation nationale en juin

Quelques heures plus tôt, la commission exécutive de Force Ouvrière s’est prononcée à l’unanimité pour l’organisation d’une manifestation nationale en juin à Paris au moment où le débat démarrera au Sénat. Cela veut dire que les manifestants viendront de tous les départements pour défiler à Paris. « Nous allons en discuter ce soir avec les autres organisations syndicales, précise Jean-Claude Mailly. A FO nous considérons qu’une manifestation nationale est nécessaire pour booster le mouvement. »


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