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Éphéméride

20 avril 1851

Naissance d’Auguste Keufer
Article de Théodore Beregi paru dans Force Ouvrière n°686, daté du jeudi 30 avril 1959. Édouard Dolléans me disait que Keufer avait de belles vertus humaines et une personnalité mise en relief par ses activités multiples et son noble idéalisme. La lutte qu’il a menée pendant quarante ans pour les (...)

Article de Théodore Beregi paru dans Force Ouvrière n°686, daté du jeudi 30 avril 1959.

Édouard Dolléans me disait que Keufer avait de belles vertus humaines et une personnalité mise en relief par ses activités multiples et son noble idéalisme.
La lutte qu’il a menée pendant quarante ans pour les revendications ouvrières ne fut pas vaine puisqu’elle a abouti à de magnifiques résultats.
Le syndicalisme pour Keufer n’était pas seulement un principe, mais une arme puissante dont il se servit contre le capitalisme pour changer la condition de vie des travailleurs du Livre.
Il quitte l’Alsace à 19 ans, après l’invasion de 70 et travailla comme typographe dans plusieurs villes. La vie des ouvriers était pénible à l’époque. Il se joignit à ses compagnons qui se révoltaient de leur misère et pour demander un salaire plus équitable.
Son œuvre syndicale débuta après la grève parisienne de 1878, par l’organisation des travailleurs du Livre. L’intelligence et la ténacité avec lesquelles il accomplissait son travail difficile et délicat lui gagnèrent la confiance et l’admiration de ses compagnons.
Le Congrès constitutif de la Fédération du Livre en 1881 le désigna au Comité central. Plus tard, en 1884, il fut nommé secrétaire général de la Fédération dont il devint l’ardent animateur. Son activité consistait dans propagation des principes syndicalistes et dans la création des sections locales. D’esprit pratique, il recherchait l’utilité de toutes ses actions. Ennemi de la violence et de la démagogie périlleuse et guidé par son bon sens et par son amour de la justice, il essayait de résoudre les conflits corporatifs par la conciliation. Il admettait la grève que lorsqu’elle était inévitable.
Au cours de sa vie militante, Keufer connut les critiques injustes et les obstacles qu’il surmonta toujours par son dévouement à la cause de la classe ouvrière.
En 1886, quand il y eut la scission dans la section parisienne de la Fédération du Livre, Keufer employa toute son énergie pour rétablir la situation et si cette Fédération devint une organisation importante, c’est grâce à lui. Par son esprit de décision et sa fermeté, il était un exemple pour ceux qui devaient continuer son œuvre. partout, il était à la hauteur de son tâche. Il participa dans le Conseil supérieur de l’Enseignement technique avec l’intention de développer la valeur professionnelle des travailleurs. Vice-président du Conseil supérieur du Travail, il s’occupa de la protection des femmes et des enfants à l’usine ; proposa des mesures contre les accidents du travail, et fit adopter la loi de 8 heures, la loi sur les assurances sociales.
Ce grand syndicaliste, dont l’activité était basée sur l’utilité de l’expérience, était aussi un idéaliste qui croyait dans les bienfaits du progrès. Influencé dès sa jeunesse par la philosophie positiviste d’Auguste Conte, il comptait transformer la société par le perfectionnement moral de l’individu en développant en lui le sentiment de la liberté et de la justice. Il croyait que la réforme de la moralité de la conscience et des idées était plus susceptible de modifier l’organisation sociale que la réforme des lois.
Dans la lutte, la sagesse et la détermination le conduisaient ; hostile aux vagues formules, il s’efforçait de convaincre ses adversaires par des arguments pertinents. Sans haine et sans rancune, il agissait toujours dans un esprit de fraternité et de courtoisie et désirait qu’il y eût entre les ouvriers une sympathie et une compréhension réciproques.
Il joua un rôle important dans l’éducation syndicale des travailleurs du Livre en formant leur conscience et par son constant désir de perfectionnement il combattait l’ignorance, les faiblesses et les maux.
En 1895, Keufer prit part à la constitution de la Confédération Générale du Travail et jusqu’à sa mort il resta attaché à la CGT.
Keufer demeure une belle preuve de courage, d’intelligence et de dévouement au service de la classe ouvrière.

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