Agir pour et avec les jeunes

Diplôme et seuils d’accueil

, FO Jeunes

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Outre le problème du manque d’emplois disponibles pour les jeunes, la question de la rémunération des contrats proposés nous interpelle aussi. De plus en plus de jeunes se voient proposer des emplois qui ne sont pas en adéquation avec leur formation –effet de déclassement évoqué plus haut– et quand par chance ils trouvent enfin un emploi en adéquation avec leur niveau d’études, la rémunération est souvent inadaptée.

Face à une demande beaucoup plus importante que les offres proposées, les employeurs se permettent d’offrir des rémunérations inférieures à ce qu’ils devraient. Beaucoup trop de Smic sont proposés à des bacs +3, +4… sans qu’ils ne puissent refuser face à la pénurie croissante d’offres d’emplois proposés. Ainsi, la comparaison des répartitions des rémunérations montre que le rapport entre les 10% plus élevés et 10% plus faibles, est deux fois plus important pour les séniors que pour les jeunes [1]. Autrement dit, tout niveau de diplôme confondu, les jeunes ont des rémunérations beaucoup plus concentrées que les séniors. Cela provient à la fois de la valorisation de l’expérience, inégale selon le niveau de carrière, et de la concentration des rémunérations débutantes vers le Smic.

C’est pourquoi de plus en plus de jeunes vivent sous le seuil de précarité et tardent à prendre leur indépendance vis-à-vis de leurs parents, ne pouvant subvenir seuls à tous leurs besoins. Chaque jeune doit pouvoir toucher une rémunération en adéquation avec son niveau d’études et sa formation.

Selon FO Jeunes, il appartient à chaque branche professionnelle, au sein de leurs accords de classification, de prévoir des seuils d’accueil pour les jeunes embauchés, en fonction de leur diplôme. Ce seuil d’accueil doit prévoir la classification d’accueil (niveau, coefficient, …) auquel correspond un salaire minimum en accord avec ce niveau de classification. Plusieurs branches se basent aujourd’hui sur ce système et, sans être totalement efficient, il permet aux jeunes diplômés d’y voir un peu plus clair sur les conditions de leur embauche.

A titre d’exemple, la branche de la métallurgie prévoit, dans son annexe1 « Seuils d’accueil des titulaires de diplômes professionnels » à l’Accord National relatif à la classification du 21 juillet 1975, que la classification d’un salarié titulaire d’un BTS (Brevet de Technicien Supérieur) ne pourra être inférieure au 1er échelon du niveau IV, soit le coefficient 255. Il prévoit ensuite qu’après six mois de travail effectif dans l’entreprise, le classement de l’intéressé ne devra pas être inférieur au 2e échelon du niveau IV, soit le coefficient 270, et après 18 mois de travail effectif, au 3e échelon du niveau IV, soit le coefficient 285. À chaque coefficient correspond une rémunération minimale, négociée tous les ans au sein de la branche.

FO Jeunes revendique…
- Que chaque jeune puisse avoir un emploi en adéquation avec son diplôme et sa formation ;
- que les rémunérations proposées aux jeunes soient en adéquation avec le poste proposé, leur diplôme et leurs qualifications ;
- que les branches professionnelles négocient des accords prévoyant des salaires minimums, en entrée de grille de classification (seuils d’accueil), pour les différents niveaux de diplôme et qualifications.

Notes

[1Insee 2010, France métropolitaine, ensemble des salariés hors salariés agricoles et apprentis-stagiaires.