Retraite

Editorial de Philippe Pihet : « Les règles de la retraite ne sont pas compatibles avec le temps politique »

, Philippe Pihet, Secteur Retraites

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Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)
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FO Actualité
Retraite n°82
septembre 2017

Les mois qui viennent vont être riches en actualité retraite. Nous aurons d’abord la négociation sur la mise en place du « régime unique » complémentaire pour les salariés du privé : l’échéance est à la mi-novembre. Nous irons à cette négociation en défendant bien évidemment nos revendications, particulièrement en matière de majoration de pension pour enfants élevés et en matière de réversion.

Puis, dans un calendrier que nous ne connaissons pas encore, il y aura non pas la négociation mais la concertation avec les pouvoirs publics sur la « réforme » des retraites.

La seule certitude que nous possédons, c’est le nom du haut-commissaire à la réforme des retraites qui sera en charge du dossier : il s’agit de Jean Paul Delevoye. Sur la forme c’est un gage de dialogue sincère. Sur le fond, il faudra attendre d’avoir sa « feuille de route politique ».

Le candidat Macron avait un slogan simple voire simpliste mais, élection oblige, il faut être « percutant » : nous avons déjà dit ce que nous en pensions, je n’y reviendrai pas maintenant.

Pour étayer nos positions, nous pourrons aussi nous servir du quatrième avis du Comité de suivi des retraites (CSR), plus exactement de quelques phrases tirées de ce rapport : Le Comité estime par ailleurs que la période actuelle est propice à une réflexion approfondie sur le devenir du Fonds de réserve pour les retraites dont les perspectives sont aujourd’hui mal définies alors qu’il dispose de fonds prévus à l’origine pour aider à passer la bosse démographique.

Voilà une manière courtoise de rappeler au Législateur - ce que nous faisons régulièrement - que les règles de la retraite ne sont pas compatibles avec le temps politique. Une retraite, à grands traits, c’est 70 ans : 40 ans pour la construire, 20 ans de droits directs et 10 ans de droits dérivés (nom politiquement correct pour la réversion). Ce laps de temps correspond à 14 campagnes électorales… 14 fois l’occasion d’entendre tout…

Autre extrait de l’avis du CSR : D’autres mesures d’économies sont parfois citées que le Comité de suivi n’entend pas passer revue. Il remarque seulement que certaines pistes envisagées ne lui semblent pas obligatoirement génératrices d’économies, notamment celles qui seraient liées à la suppression des catégories actives de la Fonction publique.

Est-il besoin d’ajouter un commentaire, si ce n’est que rappeler une fois de plus que la faute politique majeure est de vouloir faire jouer à la retraite un rôle qui n’est pas le sien.

Elle n’est pas faite pour réparer les injustices subies au long de la vie active, elle peut en corriger quelques effets (minimum contributif, majoration de durée d’assurance…).

La justice réside donc dans les négociations, de branches puis d’entreprises, sur la revendication : à travail égal, salaire égal.

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Philippe Pihet

Secrétaire confédéral - Secteur retraites


Retraites régime général et régimes de base - Retraites complémentaires - Prévoyance sociale - UCR - Mutualité


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