Portrait - FO Hebdo

Il travaille à rompre l’isolement des salariés de l’aide à domicile

, Françoise Lambert

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David Legrand, 40 ans, est auxiliaire de vie sociale dans le Nord. En tant que militant FO, il défend les salariés d’un secteur aux conditions de travail très dégradées.

David Legrand fait un peu exception dans son métier. Il est un des rares hommes à exercer dans l’aide à domicile, un secteur qui emploie 95 % de femmes. Je suis dans le métier depuis seize ans. Avec la baisse des financements publics, les conditions de travail sont devenues très difficiles. On nous demande de faire beaucoup en une demi-heure. Cela crée de l’usure et de la souffrance car on ne peut plus vraiment prendre soin des personnes aidées, expose-t-il. Embauché en tant qu’aide à domicile en 1998 par l’association La Maison de l’aide à domicile, David a pu obtenir au début des années 2000, via une validation des acquis de l’expérience, un diplôme d’État d’auxiliaire de vie sociale. Un métier centré sur l’aide directe à la personne (repas, toilette…), alors que celui d’aide à domicile, moins spécialisé, comprend aussi les tâches ménagères chez les personnes aidées.

Les financements départementaux en baisse

79 %

C’est le pourcentage de salariés de l’aide à domicile qui travaillent à temps partiel, pas forcément un choix.

C’est en 2004 que David décide d’entrer à FO et devient, dans la foulée, délégué syndical. C’est surtout la dégradation des conditions de travail qui m’a poussé vers le syndicat, raconte-t-il. Je connaissais peu les idées de FO, mais elles m’ont vite plu, surtout l’indépendance. À l’époque, FO n’est pas représentée dans l’association où travaille toujours David. En 2012, le syndicat prendra la première place avec 51 % des voix. David, secrétaire départemental de l’Action sociale FO depuis 2013, continue son activité professionnelle et son action de défense des salariés.