Communiqué de FO

L’emploi des seniors : de vieilles idées simplistes qui reviennent sur le devant de la scène dans une note du Conseil d’Analyse Economique

, Michel Beaugas

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Au moment même où les interlocuteurs sociaux négocient la prochaine convention d’assurance chômage et que la question de la durée d’indemnisation des demandeurs d’emploi de plus de 50 ans y est débattue, Force Ouvrière est surprise de la parution d’une note du Conseil d’analyse économique sur l’Emploi des seniors.

Pour les auteurs (Pierre Cahuc, Jean ‐ Olivier Hairault et Corinne Prost) l’amélioration du taux d’emploi des seniors tiendrait en 6 recommandations, notamment mieux les informer, les former et bien évidemment diminuer leurs droits à indemnisation chômage.

Et tout irait mieux veut-on nous faire croire.

Face à ces affirmations, FO se doit de rappeler la réalité de centaines de salariés seniors privés d’emploi, à savoir : de nombreux CV envoyés mais qui restent sans aucune réponse, un service public submergé qui ne peut les accompagner efficacement, des demandeurs d’emploi qui ont eu une carrière quasi complète mais qui la terminent en tant que bénéficiaire du RSA alors qu’ils ont leurs trimestres de cotisations retraite mais pas l’âge pour la liquider.

Et que dire de la proposition qui consiste en un énième « plan accompagnement formation pour les seniors ». Faut-il attendre d’avoir plus de 50 ans pour être formé ? Est-ce à l’État de payer les carences de certains employeurs qui ne forment toujours pas les salariés tout au long de la vie professionnelle.

Force Ouvrière souhaite que sur ce sujet, tout un chacun respecte les situations personnelles souvent compliquées lors de la formulation de recommandations ou autres revendications concernant les seniors.

A propos de cet article

Sur l’auteur

Michel Beaugas

Secrétaire confédéral - Secteur Emploi - Chômage - Formation


Emploi - Assurance chômage - Formation professionnelle - Travail Temporaire


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Éphéméride

28 mai 1871

L’assassinat d’Eugène Varlin
Louise Michel décrit l’assassinat par les Versaillais d’Eugène Varlin qui est resté dans l’histoire du mouvement ouvrier, comme elle-même, le symbole du soulèvement populaire. « La Commune était morte, ensevelissant avec elle des milliers de héros inconnus. Ce dernier coup de canon à double charge (...)

Louise Michel décrit l’assassinat par les Versaillais d’Eugène Varlin qui est resté dans l’histoire du mouvement ouvrier, comme elle-même, le symbole du soulèvement populaire. 
« La Commune était morte, ensevelissant avec elle des milliers de héros inconnus. Ce dernier coup de canon à double charge énorme et lourd ! Nous sentions bien que c’était la fin ; mais tenaces comme on l’est dans la défaite, nous n’en convenions pas...
Ce même dimanche 28 mai, le maréchal Mac-Mahon fit afficher dans Paris désert : “Habitants de Paris, l’armée de la France est venue vous sauver ! Paris est délivré, nos soldats ont enlevé en quatre heures les dernières positions occupées par les insurgés. Aujourd’hui la lutte est terminée, l’ordre, le travail, la sécurité vont renaître”. Ce dimanche-là, du côté dela rue de Lafayette, fut arrêté Varlin : on lui lia les mains et son nom ayant attiré l’attention, il se trouva bientôt entouré par la foule étrange des mauvais jours. On le mit au milieu d’un piquet de soldats pour le conduire à la butte qui était l’abattoir. La foule grossissait, non pas celle que nous connaissions : houleuse, impressionnable, généreuse, mais la foule des défaites qui vient acclamer les vainqueurs et insulter les vaincus, la foule du vae victis éternel. La Commune était à terre, cette foule, elle, aidait aux égorgements. On allait d’abord fusiller Varlin près d’un mur, au pied des buttes, mais une voix s’écria : “il faut le promener encore” ; d’autres criaient : “allons rue des Rosiers”.
Les soldats et l’officier obéirent ; Varlin, toujours les mains liées, gravit les buttes, sous l’insulte, les cris, les coups ; il y avait environ deux mille de ces misérables ; il marchait sans faiblir, la tête haute, le fusil d’un soldat partit sans commandement et termina son supplice, les autres suivirent. Les soldats se précipitèrent pour l’achever, il était mort. Tout le Paris réactionnaire et badaud, celui qui se cache aux heures terribles, n’ayant plus rien à craindre vint voir le cadavre de Varlin. Mac Mahon, secouant sans cesse les huit cents et quelques cadavres qu’avait fait la Commune, légalisait aux yeux des aveugles la terreur et la mort. Vinoy, Ladmirault, Douay, Clinchamps, dirigeaient l’abattoir écartelant Paris, dit Lissagaray, à quatre commandements.
Combien eût été plus beau le bûcher qui, vivants, nous eût ensevelis, que cet immense charnier ! Combien de cendres semées aux quatre vents pour la liberté eussent moins terrifié les populations, que ces boucheries humaines ! Il fallait aux vieillards de Versailles ce bain de sang pour réchauffer leurs vieux corps tremblants. »