Retraite

« Les retraités dans la société » : le Cese a accueilli le colloque organisé par les 9 organisations syndicales de retraités

, Union Confédérale des Retraités-FO

Recommander cette page

Dans l’hémicycle du Conseil économique, social et environnemental, le vendredi 13 janvier 2017 de 9h à 13h, s’est tenu le colloque organisé par les organisations syndicales de retraités UCR-FO, UCR-CGT, UNAR-CFTC, UNIR-CFE-CGC, SFRFSU, UNIR-Solidaires et les associations de retraités FGR-FP, LSR, Ensemble & solidaires- UNRPA autour du thème « Les retraités dans la société : pouvoir d’achat et autonomie ».

PDF - 1.5 Mo
Lettre électronique n°38

Avec près de 250 participants (dont une cinquantaine de camarades de l’UCR-FO), deux tables rondes sur les thématiques respectives de la place des retraités dans la société et du pouvoir d’achat des retraités, cet évènement a incontestablement été un succès. Ce colloque avait pour objet d’enrichir les réflexions autour de l’avancée en âge et de donner une résonance aux revendications portées par les neuf organisations de retraités sur des sujets qui préoccupent tous les retraités et qui constituent des enjeux majeurs. Les débats politiques qui animent cette période préélectorale montrent en effet combien les questions portant sur la perte du pouvoir d’achat des retraites et des pensions, les insuffisances de la prise en charge de la perte d’autonomie, restent des sujets négligés pour ne pas dire tabous.

■ Didier Hotte, Secrétaire général-adjoint de l’UCR-FO, a ouvert les travaux en dénonçant les discours, les divers rapports et études, voire même les propos tenus dans les cabinets ministériels, qui présentent les retraités comme des « nantis », des « privilégiés » et même des « égoïstes » avec toujours le même objectif : attiser les oppositions entre les générations et que les intérêts des uns se dressent contre les intérêts des autres.

■ La première table ronde consacrée au sujet de « la place des retraités dans la société », était animée par Bernard Ennuyer, sociologue, spécialiste de questions de la vieillesse, du vieillissement et du handicap. Celui-ci a montré tous les dangers des politiques menées qui nient la reconnaissance de la qualité de « retraité » pour privilégier un statut biologique celui de « personne âgée » à laquelle s’associent des images défavorables et stigmatisantes « d’oubliés » ou « d’inutiles ». Il a longuement démontré que de la même façon qu’il y a de fortes inégalités parmi les actifs, il y a beaucoup d’inégalités parmi les retraités et, en tout état de cause, plus d’inégalités qu’entre les retraités et les actifs. Les inégalités sociales se reproduisent encore plus à la retraite car On vieillit comme on a vécu !. Il a aussi insisté sur la nécessité de travailler à renforcer le statut social du retraité car la retraite est un droit et non pas une faveur !.

JPEG - 415.9 ko
Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

■ La deuxième table ronde animée par Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives économiques, portait sur le pouvoir d’achat des retraités et la perte d’autonomie. Le journaliste a commencé par préciser le rôle majeur joué par les retraités dans le fonctionnement de la société lesquels, dans bien des domaines, pallient les carences des services publics. Il a montré les incohérences des réformes des retraites successives : elles ont consisté à repousser toujours plus, l’âge de liquidation de la retraite et constituent un frein à l’inversion de la courbe du chômage. Il considère que du point de vue du marché du travail, il n’y a aucune urgence à poursuivre dans ce sens. De même, il a souligné le faible montant de la pension moyenne (de l’ordre de 1 320 euros) et alerté sur les conséquences des réformes qui toutes, conduisent à dégrader le niveau des retraites et à baisser le taux de remplacement du salaire. Sur ce dernier point, il a ajouté que l’écart entre le niveau du salaire et celui de la retraite ne se justifie en aucune façon.

■ Didier Hotte était chargé de conclure les débats. Il a souligné l’intérêt de ce colloque qui a permis d’enrichir les revendications portées par les militantes et militants des neuf organisations syndicales de retraités. Il a émis le souhait que cette initiative puisse se reproduire dans d’autres villes. Le niveau des retraites et des pensions est directement lié à la question de répartition des richesses produites a-t-il déclaré. Contrairement à ce qu’affirment les gouvernements, le Medef, les divers experts, les think tank libéraux, nous n’allons pas léguer à nos enfants et à nos petits-enfants des dettes… Nous voulons leur léguer un système, celui des retraites par répartition… qui a fait ses preuves et qui se fonde sur la solidarité entre les générations… La retraite est un droit, acquis par le travail et les cotisations sociales. Et il n’y a pas d’autre forme pour faire valoir un droit que celui de la revendication. Il a appelé à une mobilisation des retraités par une journée d’action le 30 mars prochain sur la base des revendications communes des neuf organisations syndicales de retraités et la détermination partagée de ne pas taire nos revendications pendant la campagne pour l’élection présidentielle.

A propos de cet article

Sur l’auteur

Sur le même sujet

Mots-clés associés

En complément