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Ministère du Travail : les agents en grève stigmatisent la pénurie des moyens

, Valérie Forgeront

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Manifestation des agents du ministère du travail le 20 juin 2017. Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Après une journée de grève le 19 mai, les agents du ministère du Travail étaient de nouveau dans l’action ce mardi 20 juin à l’appel de l’intersyndicale à laquelle participe FO. Ils demandent que cesse le massacre de services souffrants de la perte de leurs effectifs et de leurs moyens et mis en difficultés par les multiples réformes lancées depuis dix ans.

Ils demandent notamment l’arrêt des suppressions d’emplois et le recrutement d’effectifs supplémentaires, le maintien de tous les sites et de toutes les missions, le retrait d’un projet qui ne ferait que gérer la pénurie… Les personnels du ministère du Travail étaient en grève ce 20 juin à l’appel de sept syndicats réunis en intersyndicale dont le syndicat FO des personnels du secteur Travail Emploi et Formation professionnelle (FO-TEFP).

Alors que diverses actions (rassemblements, distributions de tracts…) étaient prévues dans les régions, à Paris une manifestation —de Montparnasse au ministère du Travail— a rassemblé dans la matinée près de 300 agents d’Ile-de-France. L’intersyndicale qui a demandé à rencontrer la ministre du Travail, Mme Muriel Pénicaud, a obtenu un rendez-vous avec le cabinet ministériel.

Pour les agents, la situation dans les services ne peut plus durer. En dix ans, on note la disparition de 20% des effectifs dans les services déconcentrés indiquait ainsi dans la matinée et en amont de la manifestation parisienne Laurent Lefrançois, le secrétaire général de FO-TEFP.

Des réformes en cascade

Il y a dix ans, on comptait environ 9 800 postes dans les services déconcentrés. Il n’en reste que 7 800 actuellement. À titre d’exemple, le nombre de contrôleurs du travail a diminué de 23% en dix ans. Les personnels du ministère subissent de plus en plus de la souffrance au travail, certains font des burn-out souligne Laurent Lefrançois évoquant aussi des drames ayant endeuillé des services. En quelques années, plusieurs agents ont mis fin à leurs jours.

Les personnels sont les victimes d’une bombe budgétaire qui met à mal les services insiste FO-TEFP rappelant que cette bombe budgétaire fait des dégâts depuis maintenant plus de dix ans. Même la hiérarchie intermédiaire réagit désormais et montre qu’elle est d’accord avec nos actions de protestation. La dernière grève des agents de ce ministère remonte ainsi au 19 mai dernier.

Au fil des réformes entraînant moult restructurations de services et de missions, les services du ministère du Travail perdent leur substance s’alarment les syndicats.

RGPP (révision générale des politiques publiques (de 2007 à 2012) puis MAP (modernisation de l’action publique depuis 2012) en passant par la RéATE (réforme de l’administration territoriale de l’État en 2010) laquelle a notamment induit la création de sept grandes directions interministérielles régionales (et des directions départementales interministérielles), cela en fusionnant et en restructurant les 26 directions ministérielles existant auparavant…. Le secteur du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle a ainsi été noyé au sein de la géante direction Direccte en compagnie du secteur de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes ou encore du Commerce et de l’Artisanat, du Commerce extérieur et de l’Industrie, du Tourisme, de la Recherche et de l’Environnement…

Des effets néfastes pour les salariés

Les conséquences de ces réformes auxquelles il faut ajouter depuis la réforme territoriale (dont la loi NOTRe/nouvelle organisation territoriale de la République en 2016) —qui a réduit le nombre d’implantations des services de l’emploi, restructuré les missions et amoindri les effectifs— se voient désormais. Et ces conséquences sont désastreuses insiste Laurent Lefrançois.

Ainsi, faute d’effectifs suffisants et de moyens, les services emploi du ministère ont de plus en plus de mal à mettre en œuvre les politiques gouvernementales. Des sections d’inspection du travail sont par exemple supprimées ce qui induit moins d’agents et donc moins de contrôle des entreprises. Qui dit moins d’agents dit aussi moins de services généraux. Ces politiques ont donc des effets néfastes pour les administrés, en premier lieu les salariés.

A l’occasion de cette journée, l’intersyndicale du ministère du Travail à laquelle participe FO-TEFP a réitéré ses revendications. La longue liste traduit à elle seule les difficultés auxquelles sont confrontés actuellement les agents des services de ce ministère.

Maintenir les services, leurs emplois et leurs missions publiques

Dans un premier temps demandent les syndicats il faut un arrêt des suppressions de postes en administration centrale et en services déconcentrés. Il faut aussi pourvoir les postes laissés vacants et cela en effectuant un recrutement statutaire. L’augmentation des effectifs doit concerner particulièrement les catégories B et C et cela pour rattraper les baisses d’effectifs des années passées.

Les syndicats demandent aussi qu’il n’y ait plus de suppression de sections d’inspection du Travail. Par ailleurs notent-ils les services de renseignements, gratuits, de proximité avec accueil physique -et non au numéro unique- doivent être maintenus. Il faut maintenir aussi tous les sites et missions des unités départementales, ne pas fermer non plus dans les anciennes capitales régionales les services de recherche et de contrôle (SRC) ni ceux dédiés au fonds social européen (FSE).

Les syndicats demandent encore qu’il n’y ait pas de transfert d’effectifs dans le cadre des délégations de compétences aux régions dans le cadre de la loi NOTRe.

Enfin, l’intersyndicale demande le retrait du projet 3MO (projet de modernisation des missions, des moyens et des organisations. Concrètement explique FO-TEFP il s’agit d’une adaptation des missions à la diminution des moyens. En clair un projet pour savoir comment gérer la pénurie…

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Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

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Valérie Forgeront

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