Emploi et Salaires

Pour le droit de grève, contre le projet de loi Travail

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Communiqué de la Fédération Nationale de l’Action Sociale FO

À moins d’une semaine de la grève et de la manifestation nationale à Paris appelée le mardi 14 juin 2016 par les organisations syndicales de salariés et d’étudiants CGT, FO, Solidaires, FSU, Unef, Fidl et UNL, l’Union Nationale des Syndicats de la Santé Privée et la Fédération Nationale de l’Action Sociale Force Ouvrière tiennent à réagir au « Communiqué de Presse commun » des organisations patronales CGPME-FNSEA-Medef-UDES-UNAPL-UPA.

Que la grève « provoque des difficultés d’approvisionnement en carburant », fait que « certaines entreprises tournent au ralenti » jusqu’à « impacter l’activité économique de notre pays » est logique : une grève qui ne se verrait pas ne serait pas une grève. Les patrons semblent s’apercevoir que sans les salariés, leurs entreprises ne fonctionneraient pas ! En cela, ils sont les fidèles relais d’un gouvernement qui ose dire aux travailleurs « qu’il faut savoir arrêter une grève »... sans pour autant avoir obtenu satisfaction !

Faut-il rappeler aux employeurs que les « grévistes » sont eux aussi des salariés ? Ils ne font pas grève pour le plaisir, mais pour améliorer collectivement leurs garanties collectives contre toute régression sociale. Le projet de Loi Travail est une attaque frontale contre les droits des salariés.

Ni amendable, ni négociable, il doit être retiré. Et c’est bien la raison pour laquelle les salariés font grève.

Pourtant, l’UDES en particulier, les patrons de l’économie sociale, qui reconnaît craindre que « la primauté donnée à l’accord d’entreprise par le projet de loi travail soit la porte ouverte à une dérégulation du secteur qui tirerait l’ensemble du système vers le bas » (Revue TSA du 23 mai 2016), préfère défendre la « liberté de travailler » plutôt que de soutenir les salariés en grève qui sont en état de légitime défense.

La grève est un droit constitutionnel, qui consiste pour les travailleurs à cesser le travail dans le but d’obtenir satisfaction sur leurs revendications. Il ne s’agit pas de « semer le désordre » comme l’affirment les fédérations d’employeurs.

Et de quel droit les organisations patronales peuvent-elles parler de « surenchère » et surtout s’arroger celui de définir « le cadre acceptable d’un mouvement de contestation » ? Serait-ce celui qui ferait, une fois encore, qu’une grève n’aurait aucune incidence sur l’activité économique ?

L’utilisation de l’article 49-3 de la Constitution pour faire adopter un projet de Loi contesté par des millions de salariés serait-il, lui, un « cadre acceptable » ?

Par ailleurs, le chantage des patrons aux « replis identitaires » qui seraient une conséquence des « actes » des « acteurs du dialogue social » est totalement démagogue, populiste et inacceptable. Ce sont bien l’exploitation, la misère et l’affaiblissement des principes de la République qui en sont le terreau et non les revendications légitimes des salariés et fonctionnaires de voir leurs salaires augmenter, leurs conditions de travail améliorer et leurs garanties collectives confortées.

Ce ne sont pas des « intérêts particuliers » que les grévistes défendent, par la grève, et encore moins un « bien commun » que seraient les entreprises, qui socialisent toujours leurs dettes, mais réservent à une minorité leurs profits. Ce sont les intérêts de l’ensemble des travailleurs, du Public comme du Privé, et de la jeunesse, en lui apportant des perspectives d’avenir.

Soutenant l’ensemble des salariés en grève reconductible comme dans les raffineries, les transports (en particulier à la SNCF), ainsi que dans tous les autres secteurs, l’UNSSP FO et la FNAS FO appellent les salariés du secteur social et médico-social à se rassembler en assemblées générales afin de poursuivre et amplifier la mobilisation jusqu’au retrait du projet de Loi Travail.

Elles les invitent à faire grève et à participer massivement à la manifestation nationale du mardi 14 juin 2016 à Paris.

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Action sociale

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Pascal CORBEX
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