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Réforme des rythmes scolaires : grève des animateurs parisiens

, Evelyne Salamero

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Les animateurs de la ville de Paris en grève le 12 février 2016. Photographie : F. Blanc / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0

Les personnels de la Ville de Paris chargés des activités périscolaires dans les écoles de la capitale seront en grève demain vendredi 12 février, après un premier mouvement mardi, à l’appel de FO, de la CGT et de la FSU.

Les animateurs (contractuels et vacataires), mais aussi les agents spécialisés des écoles maternelles (ASEM, fonctionnaires territoriaux) à qui l’on demande de faire de l’animation sans aucune formation, revendiquent les moyens de faire face aux conséquences de la réforme des rythmes scolaires.

Ils ont déjà largement répondu à l’appel à la grève de mardi et plusieurs d’entre eux se sont rassemblés et feront de même demain à 14 heures devant la Direction des affaires scolaires, 3 rue de l’Arsenal dans le 4e arrondissement.

Rappel

La réforme des rythmes scolaires de 2014 a augmenté le temps consacré au sein de l’école (primaire et maternelle) à des activités autres que l’apprentissage scolaire assuré par les maîtres et les maîtresses. Ces activités sont déterminées dans le cadre de « projets éducatifs territoriaux » élaborés par les collectivités locales et varient d’une école à l’autre.

Les syndicats FO des enseignants et des agents territoriaux revendiquent le retrait de cette réforme, estimant notamment qu’elle remet en cause l’égalité d’accès à l’instruction pour les élèves et la gratuité de l’école, puisque bien souvent les parents doivent payer de leur poche pour des activités que les collectivités n’ont pas les moyens de financer. Selon FO elle désorganise totalement la vie scolaire avec, pour conséquence pour les enfants, une grande fatigue et une perte de repères.

La réforme a aussi entraîné une dégradation considérable des conditions de travail des personnels enseignants et territoriaux et une multiplication des contrats précaires.

Pouvoir assurer correctement l’hygiène des enfants...

Aujourd’hui, les personnels de la ville de Paris chargés des activités périscolaires exigent notamment de vraies formations débouchant sur des diplômes professionnels. Ills appellent à l’arrêt des contrats à durée déterminée à 25%, 37% ou 50% d’un temps complet et voudraient qu’un maximum de 14 enfants à encadrer par adulte en primaire et de dix en maternelle, soit instauré sans aucune possibilité de dérogation. Enfin l’ouverture de postes supplémentaires pour s’occuper spécifiquement des enfants handicapés ou souffrant de maladies graves et chroniques est une de leurs exigences.

Ils revendiquent également que l’hygiène des enfants de maternelle soit de nouveau une tâche à part entière non cumulable avec le travail d’encadrement d’une animation, y compris, ce qui n’est plus le cas depuis la réforme, dans le cadre du centre de loisirs les mercredi après-midi et pendant les vacances. Les Agents spécialisés des écoles maternelles (ASEM) étaient dévolues à cette tâche, ce qui n’est plus le cas depuis la réforme.

Pour le bon fonctionnement du service public

Ces dernières exigent en revanche de pouvoir arrêter de faire le travail d’animation qui leur a été imposé sans augmentation de salaire, en plus de leur travail habituel (aide aux enseignants, dans la classe, pour l’accueil, l’habillage, le déshabillage, le rangement des affaires, le lavage des mains, le goûter, le change des plus petits... mais aussi l’entretien des espaces et du matériel utilisés par les enfants).

Parmi les revendications, figure aussi en bonne place l’exigence que tous les fonctionnaires titulaires dirigeant l’animation périscolaire d’une école soient en catégorie B, alors que pour l’instant certains sont en catégorie C et perçoivent donc une rémunération inférieure pour le même travail, au prétexte, par exemple, qu’il y a moins d’enfants dans leur école.

« Le bon fonctionnement de notre service public, le bien-être des enfants, l’amélioration de nos conditions de travail et de nos rémunérations, dépendent de la prise en compte de toutes nos revendications » concluent les organisations syndicales dans leur appel à la grève.

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Evelyne Salamero

Journaliste - Rubrique internationale

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