Emploi et Salaires

Alstom : des centaines d’emplois sur la sellette Belfort

, Valérie Forgeront

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Alstom vient d’annoncer ce 8 septembre l’arrêt d’ici 2018 de la production de trains sur son site d’assemblage de Belfort. Les syndicats le craignaient depuis plusieurs mois et n’avaient pas manqué d’alerter les pouvoirs publics.

Le groupe donne pour raisons la baisse des commandes et des perspectives de projets d’investissement.

Les activités (ingénierie et production) du site historique belfortin, créé en 1879, partiront vers l’usine de Reichshoffen (Bas-Rhin/1000 salariés) indique la Direction. Celle-ci annonce encore qu’elle proposera aux salariés des « transferts » vers d’autres sites Alstom.

Les salariés en colère

L’usine de Belfort compte actuellement 450 salariés environ et fait appel à quasiment autant de sous-traitants. C’est dire l’impact social et économique dévastateur que pourrait avoir sur le bassin d’emplois de Belfort la mise en arrêt du site de production.

« On est en colère ! Et il va falloir œuvrer, et vite, pour limiter les dégâts » réagissait Philippe Pillot, délégué syndical central FO d’Alstom à l’annonce de cette volonté de liquider la production à Belfort. « Et peut-être pas qu’à Belfort » ajoute le militant.

Employant 9000 salariés sur douze sites en France, la branche Transport d’Alstom vit sous la menace. « Selon la direction d’Alstom, ces douze sites sont des trop ! » fulmine Philippe Pillot.

La Fédération FO des Métaux et les différents syndicats FO d’Alstom se disent « abasourdis » par cette annonce de « restructuration » alors même que « d’autres sites rencontrent des difficultés » et cela « après le triste démantèlement du groupe ».

En novembre 2015 en effet, l’américain General Electric (GE) a finalisé son rachat de la branche Energie d’Alstom. Quelques mois après, GE annonçait 6500 suppressions d’emplois en Europe dont près de 800 en France.

FO demande que « tout soit mis en œuvre » pour les emplois

FO Métaux s’indigne de la politique menée par Alstom qui « dit devoir rationaliser ses sites en France malgré les commandes très importantes remportées à l’international. Ces commandes ne profitent manifestement pas ou peu aux usines françaises ».

Par ailleurs interroge la fédération « Pourquoi l’attribution du récent marché de 140 millions pour 44 locomotives s’est faite au détriment du constructeur français Alstom au profit d’une société allemande alors que la SNCF détient 50% de la société donneur d’ordres ? »

D’ores et déjà les syndicats dont FO soutenu par la fédération FO Métaux ont commencé à agir.

Ils seront ainsi reçus le mardi 13 septembre par le secrétaire d’État à l’Industrie, M. Christophe Sirugue. Par ailleurs, un comité central d’entreprise extraordinaire (CCE) se tiendra le 27 septembre.

Dès l’annonce surprise de la restructuration, le ministre de l’Economie Michel Sapin et le secrétaire d’État à l’Industrie, M. Sirugue, ont convoqué quant à eux le P-DG d’Alstom, Henri-Poupart-Lafargue. Ils lui demandent « d’engager une phase de discussion et de négociation avec l’État, les partenaires sociaux, les élus locaux et l’ensemble des parties prenantes ».

Pour FO Métaux, « tout doit être mis en œuvre pour défendre notre industrie qui est simplement la garantie de nos emplois de demain ».