Pouvoir d’achat

Energie : Grève le 31 janvier contre le gel du salaire national de base

, Evelyne Salamero

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FO Energie et Mines et les quatre autres fédérations du secteur (CGT, CGC, CFDT et CFTC) ont appelé les salariés de toutes les entreprises électriques et gazières à se mettre en grève mardi 31 janvier pour obtenir l’ouverture d’une véritable négociation sur la revalorisation du salaire national de base (SNB).

Le gel du salaire national de base dans les industries électriques et gazières (IEG), a été annoncé le 12 décembre par les employeurs de la branche. L’ensemble des organisations syndicales avait alors quitté ce que FO a qualifié de parodie de négociation et refusé les jours suivants de signer le texte entérinant la décision patronale.

Dans un contexte de suppressions d’emplois

Le gel du SNB, sans précédent depuis 1946, a fait l’effet d’un détonateur dans un contexte déjà marqué par des fermetures de sites et la multiplication des suppressions d’emplois : 2 000 ont notamment déjà eu lieu à EDF en 2016 et la volonté de la direction d’en faire disparaître 5 000 de plus dans les trois années à venir devrait être confirmée lors du CCE du 2 février.

Pour FO, qui avait proposé aux autres organisations syndicales une rencontre dès le 3 janvier pour réfléchir à une mobilisation unitaire, le gel du SNB est une provocation.

Le 19 janvier, les organisations syndicales ont réitéré leur demande d’ouverture d’une véritable négociation, demande ignorée par la direction.

Le SNB, élément du statut des personnels

Le SNB, négocié au niveau de la branche, conformément à l’article 9 du statut des personnels des industries électriques et gazières, est l’unité de base dont tout salaire dans la branche est un multiple.

Son augmentation bénéficie donc à l’ensemble des salariés de la branche, contrairement aux mesures individuelles (également réglementées par le statut et négociées au niveau de la branche, mais par définition tributaires des choix de la hiérarchie).

L’augmentation du SNB, souligne la fédération FO, est une garantie d’augmentation pour l’ensemble des agents, particulièrement pour celles et ceux pour lesquels le système n’attribuera aucune mesure de reconnaissance individuelle. L’évolution du SNB n’est pas une gratification générale, mais un élément nécessaire d’évolution visant à maintenir le pouvoir d’achat au regard de l’inflation.

FO Energie et Mines fournit aux agents des Industries électriques et gazières une fiche de calcul de leur pouvoir d’achat

Selon FO, une majorité des agents des Industries électriques et gazières (IEG) se trouve déjà en situation de pauvreté en conditions de vie, définie par l’Insee comme le cumul de plusieurs des difficultés suivantes : contraintes budgétaires (taux d’endettement, fréquence des découverts bancaires), retard de paiement des factures incontournables (loyer, impôts), restrictions de consommation (le fait de ne pouvoir s’acheter des vêtements neufs), difficultés de logement (espace insuffisant rapporté au nombre d’habitants).

La fédération FO, qui a décidé d’inviter l’ensemble des agents des IEG à calculer leur pouvoir d’achat en remplissant une fiche qu’elle leur fournit, estime que un grand nombre d’agents se situe très probablement en deçà du niveau de vie médian.

La branche professionnelle des Industries Électriques et Gazières (IEG) regroupe les entreprises qui exercent des activités de production, transport, distribution, commercialisation et fourniture d’électricité et de gaz et dont le personnel relève du statut national du personnel des IEG.
Au 31 décembre 2015, la branche professionnelle comptait 158 entreprises et près de 146 000 salariés dont 90% travaillaient dans les entreprises issues des deux entreprises « historiques » EDF et GDF : EDF SA, ERDF devenue depuis ENEDIS, RTE, ENGIE SA , GRDF, GRT GAZ, STORENGY, ELENGY, et GDFSUEZ EPI.
Les autres salariés travaillent dans 144 régies, coopératives, entreprises de production ou distribution de gaz ou d’électricité dont les effectifs vont de 1 à 1 300 salariés.