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Énergie : succès de la mobilisation

, Evelyne Salamero

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Au moins un quart des électriciens et gaziers étaient en grève ce 18 février dans tout le pays, avec des pointes allant de 60% à plus de 80% de grévistes, notamment dans les centrales thermiques plus immédiatement menacées, mais aussi dans le nucléaire, à l’appel de leurs principaux syndicats.

En région parisienne, ils étaient au moins 600 à se rassembler aux premières heures de la matinée devant le bâtiment de Levallois-Perret (92) où siégeait le comité central d’entreprise d’EDF SA, dont l’Etat est l’actionnaire majoritaire (à 85%).

La direction d’EDF a présenté son projet de fermetures de centrales thermiques

La direction d’EDF SA, qui avait déjà annoncé la suppression de 3 500 emplois en janvier (les syndicats en redoutent au moins 4 000), a présenté cette fois son projet de fermeture des centrales thermiques. Elle commencerait par les centrales au fuel de Porcheville (Yvelines) et de Cordemais (Loire-Atlantique) dont il a été plus particulièrement question aujourd’hui, puis dans un second temps supprimerait trois autres centrales au charbon.

« FO demande le retrait de ce projet et revendique la renationalisation de tout le secteur »

« Cela correspond à 5 600 mégawatts de réserves qui contribuent à l’équilibre du réseau pour éviter des coupures en cas de grand froid ou d’indisponibilité de tranches du nucléaire où des installations hydrauliques. FO demande le retrait de ce projet. Rien n’est joué. Fermer ces tranches signifierait exposer le pays à des risque de black-out comme aux États-Unis. La direction appliquerait servilement la loi de transition énergétique qui prévoit la fin des énergies fossiles. Nous nous battons pour permettre aux usagers d’avoir un approvisionnement sécurisé et bon marché et c’est pourquoi nous revendiquons la renationalisation du secteur de l’Energie » a notamment déclaré Christophe Sey, secrétaire du syndicat FO de la centrale de Cordemais, dans la salle où se réunissait le CCE et où quelque 150 manifestants ont pu pénétrer sans incidents.

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Christophe Sey, secrétaire du syndicat FO de la centrale de Cordemais, l’une des centrales dont la direction projette la fermeture, a pris la parole pour la fédération FO, dans la salle où se déroulait le CCE et où quelque 150 manifestants ont été autorisés à pénétrer.

Les élus du CCE s’opposent à la fermeture des centrales de Porcheville et Cordemais

Dans un communiqué diffusé en fin de matinée, les élus du CCE, dont ceux de FO, « s’opposent fermement au projet de la direction d’EDF présenté ce jour, concernant les fermetures de l’usine de production d’électricité à Porcheville (78) et de deux tranches sur quatre à Cordemais (Loire-Atlantique) ».

Ils considèrent que « la production d’électricité à partir de combustibles fossiles pour laquelle le savoir-faire et l’ingénierie d’EDF sont mondialement reconnus, doit connaître de réelles perspectives, notamment par le développement de technologies propres et de captage de CO2 »

« Il y aura forcément d’autres mobilisations »

Si, comme lors des mobilisations précédentes, les organisations syndicales étendent leur appel à l’ensemble des salariés du secteur, c’est que « la situation est identique dans de nombreuses entreprises de la branche », soulignent-elles. A Engie (ex GDF –Suez) notamment, 1 500 suppressions d’emplois sont à l’ordre du jour. La loi de transition énergétique prévoit aussi de limiter la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50% d’ici 2025.

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Maurice Isler, délégué syndical central FO à EDF SA a pris la parole pour la fédération FO Energie et Mines devant les 600 électriciens et gaziers rassemblés ce 18 février devant l’immeuble où se déroulait le CCE.

« Pour FO, la situation est à la fois simple et grave. Après 20 ans de déreglementation tout le groupe, mais aussi tous les salariés du secteur et tout le pays est menacé. C’est pourquoi FO s’est adressé aussi aux pouvoirs publics. Le gouvernement doit revoir sa feuille de route et la direction doit être plus critique. Nous allons continuer ! » , a notamment déclaré Maurice Isler, délégué syndical central FO à EDF, devant les manifestants.

Les organisations syndicales ont été reçues au ministère en début d’après-midi. Pour FO, indiquait Rémy Scoppa, délégué fédéral, à l’issue de cette entrevue, « les réponses entendues ne sont pas à la hauteur des enjeux. La mobilisation d’aujourd’hui aura forcément des suites. »

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Photographie : F. Blanc / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0

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Evelyne Salamero

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