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Fermeture de bureaux de poste : postiers et usagers manifestent à Rennes

, Evelyne Salamero

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Pas moins de 200 postiers en grève et usagers, porteurs d’une pétition avec 3 600 signatures, ont manifesté à Rennes le 27 septembre à l’appel de FO, de la CGT et de la CFDT, contre la fermeture de sept bureaux de poste sur les 19 que compte la ville. Cette mesure, annoncée avant l’été, s’inscrit dans un plan national de La Poste visant à réorganiser le maillage de ses implantations sur l’ensemble des zones urbaines du territoire.

Après avoir fermé 7 000 bureaux de poste en zone rurale ces dernières années, La Poste s’apprête à en faire disparaitre quelques milliers de plus dans les villes pour les remplacer par des RPU, des relais de poste urbains, qui seront implantés dans des commerces, du bureau de tabac au supermarché.

Ces « points de contact », pour reprendre la terminologie de la direction postale, offriront pour tout service l’affranchissement du courrier et la vente de quelques produits, voire dans le meilleur des cas le retrait des lettres recommandées. En revanche il ne sera plus possible d’y avoir un quelconque conseil, ni d’effectuer la moindre opération bancaire.

A Rennes, un quartier de 30 000 habitants privé de bureau de poste

A Rennes, les usagers du quartier de la Poterie, qui compte 30 000 habitants, vont ainsi se trouver privés de véritable bureau de poste. « Comment feront les personnes âgées pour leurs retraits et pour voir leurs conseillers bancaires ? On nous dit qu’elles ne sont pas les plus nombreuses, mais elles existent ! » souligne Sébastien Toyer, du syndicat FO Com d’Ille-et-Villaine.

« L’un des bureaux de poste qui va fermer, explique-t-il aussi, jouxte quasiment un foyer pour personnes handicapées qui font en moyenne un petit retrait chaque semaine. Le service public, c’est tenir compte de toutes les catégories de la population, même les plus minoritaires, surtout les plus vulnérables, ce n’est pas privilégier la rentabilité »

Une vingtaine d’emplois supprimés

Les syndicats avec le soutien notamment de l’Union départementale FO, ont déposé une pétition de 3 600 signatures (auxquelles s’ajoutent 3 000 autres recueillies par des partis politiques) à la Mairie et demandé aux élus de délibérer. « Nous les avons alertés sur la montée du risque populiste partout où l’on supprime des services publics », explique Sébastien Toyer.

Il souligne aussi que la direction a anticipé ces fermetures en supprimant une vingtaine d’emplois ces derniers mois.

A l’échelon national, FO craint une réduction de l’ordre de 20%, comme pour les concurrents

Un nouveau rassemblement est prévu devant la mairie de Rennes le 10 octobre à partir de 16 heures, au moment où se déroulera le conseil municipal.

A l’échelon national, la direction de la Poste se refuse toujours à ce jour à donner le chiffre exact du nombre de bureaux de poste voués à la fermeture. « La direction qui nous a reçus début septembre nous a simplement confirmé que la mise en place de ce nouveau schéma allait monter en puissance fin 2016, début 2017. Selon nos dirigeants, nous serions « sur-présents » dans les villes ! Nous craignons que La Poste s’achemine vers une réduction de sa présence bancaire de l’ordre de celle à laquelle ont déjà procédé ses concurrents, comme la Société Générale qui a fermé 20% de ses agences », dénonce Patricia Nadaud, secrétaire fédérale de la fédération FO Com.

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Evelyne Salamero

Journaliste - Rubrique internationale

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