Saisonniers : pas de vacances pour les revendications

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Article publié dans l’action Dossier Climat

Plus de 40 délégués du syndicat FO des Remontées mécaniques et domaines skiables (FO RMDS), représentant tous les massifs français (Alpes, Auvergne, Pyrénées et Jura), se sont réunis les 25 et 26 janvier à l’Union départementale FO de Savoie, en présence de Patrice Clos, secrétaire général de la Fédération FO Transports et des instances nationales et départementales, pour définir les orientations à privilégier pour la branche Remontées Mécaniques et plus largement la saisonnalité dans son entièreté.

Tous ont partagé le même constat : une dégradation des conditions de l’emploi qui s’intensifie d’année en année, mais aussi la réduction de la durée des contrats saisonniers. En parallèle, les questions et revendications ont pointé du doigt le coût et la carence de logements décents, le transport, la vie chère, la modulation du temps de travail, éléments déterminants en lien avec les difficultés évidentes de recrutement.

FO reste le moteur de la branche et de la saisonnalité. Pour preuve, la signature récente de l’augmentation des salaires de 4,5 % linéaire dans la branche Remontées mécaniques, proposition menée à l’initiative du syndicat. Cette négociation n’élude en revanche aucunement une réflexion que mène actuellement FO RMDS sur les anciens accords de branche et une autre négociation sur une meilleure sécurisation des parcours professionnels
Autre sujet sur la table, celui de l’Assurance chômage. Les délégués ont fait part des difficultés réelles pour les saisonniers d’obtention de l’allocation chômage, qui reste un large frein à l’emploi. FO, signataire en novembre 2023, du protocole d’accord national d’assurance chômage, avait réussi, entre autres, à assouplir les conditions d’entrée en indemnisation pour les saisonniers (5 mois de travail au lieu de 6) et corriger sensiblement la baisse de l’allocation chômage par la modulation du plancher des jours non travaillés.

Pourtant, et malgré la signature majoritaire des organisations syndicales et patronales, le gouvernement a refusé de l’agréer, conditionnant son agrément aux négociations sur l’emploi des seniors.

L’avenir de l’emploi saisonnier

Les débats ont également largement été alimentés par l’impact du manque d’enneigement qui touche de plein fouet principalement les plus petites stations et surtout les régies pour lesquelles aucune aide n’est envisagée par l’exécutif. Si ce dernier a annoncé envisager la suppression de l’activité partielle de droit commun, pour FO RMDS, c’est un non catégorique.

Les délégués ont donc adopté l’initiative d’interpeller et mobiliser l’ensemble des acteurs politiques concernés par le tourisme qui devraient être sensibles au poids économique que le tourisme représente dans l’économie locale, régionale mais aussi nationale. Un sujet que porte fortement Eric Becker, mandaté par la confédération pour la représenter au Conseil national de la montagne.
Alors que les vacances débutent, FO RMDS reste déterminé à défendre les revendications des travailleurs saisonniers.

Le Conseil national de la montagne (CNM) est une instance consultative, présidée par le Premier ministre et composée de parlementaires, de représentants des régions et départements, de représentants des six massifs métropolitains (Alpes, Corse, Jura, Massif central, Pyrénées et Vosges et des trois massifs ultramarin (La Réunion, la Martinique et la Guadeloupe), de socioprofessionnels (représentants des chambres consulaires et des syndicats patronaux et de salariés) et de représentants du monde associatif.
Le CNM joue à la fois un rôle de veille et de force de proposition pour définir les objectifs de développement, d’aménagement et de protection de la montagne.

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