Concurrence - FO Hebdo

Télécommunications : FO demande une véritable politique publique

, Evelyne Salamero

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Le mariage entre Bouygues et Orange a été annulé le 1er avril. Quatre opérateurs continuent de se disputer le marché des télécommunications en France. Une hyper-concurrence dont FO COM dénonce les effets destructeurs. Elle demande une véritable politique publique des télécommunications organisée autour de l’opérateur historique, Orange, ex France Telecom.

Après trois mois de discussion, Orange et Bouygues ont annoncé le 1er avril, dans des communiqués séparés, la « fin des discussions » sur le rachat de Bouygues Télécom par l’opérateur historique.

Bouygues visait 15% de participation au capital de ce dernier. Mais cela aurait fait baisser la part de l’État à moins de 20% (contre 23% aujourd’hui) ce qui lui aurait fait perdre son statut d’actionnaire de référence et sa minorité de blocage. De plus l’Autorité de la concurrence exigeait qu’Orange se défasse de certaines activités de Bouygues Télécoms en les vendant aux concurrents SFR-Numericable et Free, qui du coup étaient entrés dans la négociation. Cette exigence mettait en danger des milliers d’emplois, notamment dans les boutiques filialisées de Bouygues-Télecom.

L’hyper concurrence a déjà détruit plus de 50 000 emplois

La fédération FO COM, qui depuis le début défend la nécessité que l’État reste prédominant chez l’opérateur historique a pris acte de l’échec des négociations et a décidé d’interpeller le gouvernement pour une « consolidation » de la filière des télécommunications, mais selon « des modalités respectueuses des personnels, de la santé économique du secteur et de l’opérateur historique qui doit être la locomotive de la filière ».

En effet, si le mariage Bouygues-Télécom, tel qu’il se profilait, aggravait la situation, son annulation n’a rien réglé pour autant.

Alors que plus de 50 000 emplois ont déjà été détruits depuis l’arrivée d’un quatrième opérateur, Free, en janvier 2012, la situation des télécommunications reste très critique en France et l’investissement indispensable pour développer le Très Haut Débit (THD), fortement menacé. Les quatre opérateurs sont fortement endettés.

Les télécommunications : le secteur qui investit le plus en France

« Le secteur des télécoms français ne prospèrera pas avec quatre acteurs majeurs. La question de la consolidation reste ouverte et si elle ne trouve pas de solution, il y aura des morts. Et des salariés sur le carreau », n’hésite pas à alerter la fédération FO COM qui « appelle solennellement le ministre de l’économie à prendre des initiatives pour la mise en œuvre d’une véritable politique publique des télécommunications organisée autour de l’opérateur historique ».

Cette politique, souligne FO, « doit reposer sur une vision industrielle visant à développer l’emploi et l’investissement et non sur une hyper concurrence destructrice qui favorise les aventuriers de la finance et les opportunistes de toutes sortes ».

L’enjeu est considérable : les télécommunications sont le secteur qui réalise le plus d’investissements en France. Et, à titre indicatif, 1 euro d’investissement dans le Très Haut Débit (fibre ou 4G) générerait 6 euros de croissance du PIB de la France.

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Evelyne Salamero

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