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Travail dominical aux Galeries Lafayette : FO exerce son droit d’opposition

, Françoise Lambert

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Plusieurs syndicats des Galeries Lafayette ont exercé leur droit d’opposition à l’accord sur le travail du dimanche signé le 20 mai. Une opposition qui s’inscrit aussi dans le combat contre la loi El Khomri, pour FO Commerce.

En exerçant leur droit d’opposition à l’accord sur le travail dominical aux Galeries Lafayette, les trois syndicats FO, CGT et SCID, qui représentent plus de 50% des salariés, invalident de fait le texte.

Mais l’annulation de l’accord reste suspendue à une décision de justice sur la représentativité du SCID, un syndicat qui s’est désaffilié de la CFDT en début d’année. La direction des Galeries Lafayette conteste en effet sa représentativité. Le TGI de Paris pourrait rendre son délibéré mi-juin, à moins que le dossier, complexe, ne soit renvoyé à plus tard.

Un accord qui conduit à une plus grande précarité

Après le rejet d’une première mouture du texte, l’accord sur le travail dominical avait été signé le 20 mai par la CFE-CGC et la CFTC, qui représentent ensemble 37,94% des voix aux élections professionnelles.

Les négociations sur le travail dominical, entamées en juin 2015, n’ayant pas abouti au niveau de la branche de l’Union des grands commerces de centre ville (UCV), des négociations se sont alors ouvertes dans les enseignes.

Les Galeries Lafayette avaient été les premières en février, souhaitant pouvoir ouvrir tous les dimanches son magasin amiral, situé dans une des zones touristiques internationales (ZTI) créées par la loi Macron d’août 2015.

FO, premier syndicat à annoncer qu’il exercerait son droit d’opposition à l’accord conclu aux Galeries Lafayette, se montre très critique à l’égard d’un accord qui n’assure pas le volontariat des salariés et qui conduit à une plus grande précarité, avec des embauches prévues à temps partiel. Il s’oppose aussi à une disposition qui exclut tout majoration des heures supplémentaires.

Rupture d’égalité entre salariés

Le projet d’accord opère une distinction entre les salariés qui travaillent occasionnellement le dimanche et ceux qui sont embauchés spécifiquement à temps partiel en fin de semaine. Il prévoit pour les premiers une rémunération double le dimanche et une récupération, tandis que les seconds ne pourront pas prétendre à une récupération.

Rien n’est prévu dans le texte pour les salariés embauchés par les prestataires de service ou les partenaires disposant d’un stand de démonstration, lorsque leurs entreprises n’ont pas conclu un accord sur le travail dominical.

Les organisations syndicales contournées

Si Force Ouvrière se bat contre la remise en cause du repos dominical, « une conquête de cent dix ans », rappelle Christophe Lecomte, responsable de FO Commerce, cette lutte s’inscrit aussi dans l’opposition à la loi Travail.

« Le projet de loi détruit les garanties collectives et prévoit le contournement des organisations syndicales par voie référendaire », indique Christophe Lecomte. « Cela tombe à pic dans le commerce comme le montre la situation aux Galeries Lafayette », ironise-t-il.

Si un accord est rejeté par les syndicats majoritaires, comme aux Galeries Lafayette, le projet de loi Travail autoriserait les syndicats minoritaires, mais qui représentent au moins 30% du personnel, à consulter les salariés par référendum sur l’accord qu’ils approuvent.

Le résultat du référendum, au cours duquel l’employeur ne manquera pas d’exercer des pressions, primerait in fine sur les signatures syndicales.

La loi El Khomri donne aussi la possibilité aux entreprises de modifier, avec un préavis de deux mois, les horaires des salariés amenés à travailler le dimanche, à l’encontre d’une disposition de la loi Macron sur le travail du dimanche qui prévoyait un calendrier annuel…

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Françoise Lambert

Journaliste FO Hebdo - Santé - Retraite

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