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Les Finances publiques en grève ce 15 novembre

, Valérie Forgeront

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Cette journée sera « une journée DGFIP morte ». A l’appel de trois syndicats dont FO, les fonctionnaires des finances publiques seront en grève ce 15 novembre. Ils demandent l’arrêt des suppressions d’emplois et des restructurations. Ils revendiquent des effectifs, des moyens budgétaires et la reconnaissance financière de leur travail.

« Ils nous prennent pour des coûts ! » Derrière le jeu de mots potache se cache un profond mécontentement. Les agents des finances publiques (DGFIP) seront en grève ce mardi 15 novembre à l’appel de trois syndicats dont FO.

Par cette journée d’action soutenue par la fédération FO des Finances, les agents entendent montrer leur « détermination » au ministère. La grève sera assortie d’un rassemblement à 13h30 devant le ministère de l’Economie à Bercy à Paris.

D’autres rassemblements auront lieu en province devant les directions régionales et départementales de la DGFIP. Les trois syndicats dans l’action ont demandé à être reçus par le ministre de l’Economie et des Finances, M. Michel Sapin.

Les agents en ont « marre d’être exemplaires ». Comprenez marre d’assurer chaque jour leurs missions alors que les moyens et les conditions de travail ne cessent de se détériorer.

Pour appuyer la contestation qui a enflé au fil des mois, voire des dernières années, les fonctionnaires affichent une série de statistiques, officielles et qui en disent long sur la dégradation des services.

25 000 emplois perdus en neuf ans

Ainsi entre 2008 (date de sa création via la fusion des secteurs du Trésor et de la Comptabilité publique) et 2017, la Direction générale des finances publiques (DGFIP) aura perdu 25 000 emplois. Plus de 16% de l’effectif global.

Prônant le non remplacement d’un départ en retraite sur deux, la RGPP (révision général des politiques publiques entre 2007 et 2012) a largement participé à ces pertes. Depuis, la modernisation de l’administration publique (MAP) a poursuivi ce mouvement vers la diminution des effectifs.

Toujours considérée comme un secteur non prioritaire, le DGFIP perdra ainsi encore 1815 emplois en 2017. « La DGFIP supportera 57.42% des suppressions d’emplois alors qu’elle ne représente plus que 5.40% des effectifs de la fonction publique de l’État ». Cela revient à supprimer les effectifs de deux directions départementales comme le Puy-de-Dôme.

« A croire que pour les gouvernements successifs la perception des recettes et le règlement de la dépense sont des missions mineures dans l’action de l’État ! » Au fil des années, cette baisse chronique des effectifs entraîne des conséquences graves, jusqu’à détruire les implantations de la DGFIP sur le territoire. Et par là même supprimer les services rendus aux usagers.

Le Credo de la baisse des coûts

« La méthode employée est toujours la même, souligne FO. Les suppressions d’emplois mettent en péril le bon exercice des missions au sein de structures, ce qui permet aux directions locales d’en proposer la fermeture ».

Et voilà comment au 1er janvier prochain, on pourra comptabiliser la disparition de plus de 600 unités de proximité en cinq ans. « La purge continue, sans autre justification que la réduction des dépenses publiques » s’indigne FO contestant les restructurations perpétuelles faites de fusions voire de suppressions de services, de regroupements de missions, de privatisations... Tout est fait pour accélérer encore « la diminution du coût de fonctionnement de la DGFIP » constate FO-Finances.

A la « spirale infernale » de la baisse des effectifs s’ajoute celle des budgets de fonctionnement. Les agents en sont souvent réduits à user d’un système de « débrouille » pour pouvoir répondre aux demandes des usagers. « La DGFIP n’a plus les moyens d’exercer ses missions, alors que nos concitoyens notamment les plus démunis sont en droit d’attendre autre chose que des services en ligne aussi performants soient-ils » estime FO-DGFIP.

Des moyens pour un service public de qualité

Le syndicat conteste la multiplication des réformes, dont la dernière en date, celle du prélèvement à la source. Le gouvernement compte qu’elle sera en vigueur en janvier prochain. Pour FO, c’est « une réforme inutile, complexe et insoutenable à mettre en place dans le calendrier programmé ».

Sur fond d’une insuffisance en moyens et en effectifs, les réformes et leur cadence de mise en œuvre exacerbent « les tensions dans les services » insistent les agents soulignant une nette aggravation des phénomènes de souffrance au travail.

A ces difficultés s’ajoute l’absence de reconnaissance financière dont fait preuve le ministère de l’Economie et des Finances vis-à-vis de ses agents insiste FO. Les carrières sont « de moins en moins attractives » avec un nombre de promotions internes divisées par six depuis 2012, les rémunérations « ne sont plus à la hauteur ni des efforts demandés ni de la technicité requise » cela après un gel des salaires pendant six années, le pouvoir d’achat « diminue inexorablement »…

A travers la grève ce 15 novembre, les agents de la DGFIP feront entendre tout ce mécontentement. Pour FO, il faut « des moyens à la hauteur des enjeux d’un service public de qualité ».

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Valérie Forgeront

Journaliste à FO Hebdo

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