Circulation alternée : pair, impair et manque ?

Voix de presse par Michel Pourcelot

L’instauration d’un dispositif de circulation alternée à compter du lundi 17 mars a été décidée par le gouvernement, pour Paris et sa petite couronne, en raison du dépassement pendant plusieurs jours du seuil d’alerte maximal de pollution aux particules fines. Beaucoup d’encre a coulé dans la presse quant à l’efficacité et l’opportunité de cette mesure.

Le Parisien
« Le niveau d’information est déclenché à partir d’une concentration de 50 microgrammes. Il avait été déclenché mardi 11 mars en Île-de-France or les niveaux ont atteint le seuil d’alerte, a constaté Airparif. Les pollutions aux PM 10, poussières de compositions diverses, sont fréquentes en hiver avec l’augmentation des émissions liées au chauffage, principalement à bois mais aussi au fioul, qui s’ajoutent à celles émises par l’industrie et le transport (diesel). » Le gazole, l’essence moins chère, montré du doigt ?

La Provence
Pour l’association 40 millions d’automobilistes « seule une infime partie du parc automobile français est émettrice de particules fines. En effet, si les véhicules essence ne sont pas concernés, les véhicules diesel mis en circulation après 2005 ne le sont pas non plus ». Les vieilles voitures au diesel, l’automobile du pauvre, dans le collimateur ?

Sciences et Avenir
Et le diesel n’est pas le seul à émettre des particules, or « les deux seuls secteurs qui ne sont pas interpellés sont pourtant ceux qui voient leur responsabilité augmenter. La part de l’agriculture dans les émissions de particules fines passe de 11% en 1990 à 20% en 2012 et celle de l’industrie de 24% à 31% ».

L’Usine Nouvelle
D’autre part, « la forte utilisation du charbon en Allemagne et le chauffage urbain y contribuent également. Si l’on en croit une étude d’Airparif, la pollution ne connaît pas de frontières. Pour ce qui concerne l’Île-de-France (hors du trajet du périphérique), 68% de la pollution aux particules fines est importée depuis d’autres régions, voire d’au-tres pays ». Le modèle allemand manquerait-il d’air ?

La Montagne
Assez pour souffler un vent mauvais. Car si une des raisons de cette pollution est « une météo stable sans vent au sol », l’autre est « l’arrivée en masse de particules venues des pays de l’Est et du Nord, notamment de l’Allemagne et des Pays-Bas, explique le directeur d’Atmo Auvergne, Serge Pellier ».

Le Figaro
Et qu’ont fait les exportateurs de particules ? « Berlin, à l’instar de près de deux cents villes européennes, a instauré une “Low Emission Zones” (LEZ), zones à faibles émissions dont l’accès est interdit aux véhicules les plus polluants. Pour y accéder, les automobilistes doivent d’abord acheter une vignette », mais « selon un rapport d’Ademe mis à jour en mai 2012, la LEZ n’a pas eu d’impact significatif sur les concentrations en particules PM10 ». En revanche, sur les porte-monnaie...

Michel Pourcelot Journaliste

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