Vous avez dit croissance, quelle croissance ?

Voix de presse par Michel Pourcelot, journaliste L’inFO militante

Le « G20 finance », regroupant à Sydney, les 24 et 25 février, les « grands argentiers » des vingt principales économies du monde, s’est achevé sur l’ambition de gagner deux points de croissance d’ici à 2018, en « développant des politiques ambitieuses mais réalistes ». Circonspecte, la presse a répercuté cet optimisme.

Les Échos
« C’est dans la foulée de la crise asiatique, en 1999, qu’a été lancé le G20 finance. Avec cette nouvelle crise émergente, le G20 montre une nouvelle fois toute son importance dans la coordination des politiques économiques. En vingt-cinq ans, il a gagné ses let-tres de noblesse. » Et perdu toute connexion avec la réalité ?

Capital
« Les principales puissances économiques mondiales ont affiché dimanche leur volonté de générer plus de 2 000 milliards de dollars (1 450 milliards d’euros) d’activité économique supplémentaires en cinq ans et de créer des dizaines de millions d’emplois, pour tourner définitivement la page de la crise. » Voilà qui ne mange pas de pain...

Le Nouvel Observateur
Quant à la brioche : « Pour la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, cet objectif “peut être atteint, voire dépassé”, à condition “de mettre en œuvre les réformes identifiées” dans chacun des pays concernés. » Réformes, quelles réformes ?

Libération
« Ces engagements chiffrés constituent une victoire pour Joe Hockey, qui a plaidé, lors des débats à Sydney, en faveur d’un soutien clair à la croissance face au scepticisme affiché par certains participants, notamment l’Allemagne dont le ministre des Finances a déclaré après la réunion : “Les taux de croissance susceptibles d’être atteints résultent d’un processus très complexe. Le résultat de ce processus ne peut pas être garanti par des responsables politiques.” » Si c’est un ministre qui le dit...

Le Monde
Un ministre dont le pays a dû se sentir visé quand un représentant de l’Administration américaine a pointé le fait qu’en Europe « il sévit “une inflation basse chronique et une faible demande”, spécialement dans “certains pays clés excédentaires” de la zone euro ». Il réitérait « à mots couverts les reproches des États-Unis vis-à-vis de l’Allemagne et de ses excédents commerciaux, alors que sa demande intérieure fait pâle figure. Se reposer sur une croissance nourrie par les exportations n’est “pas la recette pour une expansion équilibrée”, a encore ajouté ce responsable ». Ce ne sont pas les salariés allemands, au régime sec, qui diront le contraire.