Portrait

A la scission, elle choisit Force Ouvrière

, Françoise Lambert

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À 106 ans, Germaine Gourdon est la doyenne des militantes et militants FO. Lors de la scission entre FO et la CGT, en 1947, la trésorière du syndicat CGT des PTT d’Angers choisit son camp. Elle rejoint Force Ouvrière.

Germaine Gourdon est née en 1911. Bon pied bon œil, à 106 ans, elle est un peu la mémoire de FO. Elle demeure l’une des rares militantes FO encore en vie qui a vécu la scission et la création de FO en 1947. Germaine est entrée aux PTT à l’âge de 17 ans. C’était en 1928. Originaire d’Angers, elle fait alors des remplacements dans les bureaux de poste et télécommunications du Maine-et-Loire. Plus tard, dans les années cinquante, elle sera chargée, à la direction départementale des PTT d’Angers, de gérer la mise en place des lignes téléphoniques chez les nouveaux abonnés, avant d’être nommée au service départemental des affaires sociales.

Après un passage éclair à la CFTC, Germaine adhère à la vieille CGT en 1933. Elle devient vite trésorière du syndicat des PTT d’Angers, une fonction syndicale qu’elle continuera à occuper à Force Ouvrière, dès la scission. Des collègues de Bordeaux m’ont téléphoné. Ils m’ont parlé de la création d’un nouveau syndicat, Force Ouvrière. Moi je n’étais pas communiste, alors j’ai décidé de quitter la CGT et j’ai adhéré à FO, raconte-elle. La militante évoque l’emprise du communisme au sein des PTT à l’époque, et les difficultés à exprimer des opinions au sein de la section syndicale CGT.

J’ai reçu des menaces, mais je ne m’en suis pas occupée

1947

C’est la date de la scission entre FO et la CGT. Le 19 décembre de cette année la rupture était actée.

J’ai envoyé une lettre à mes adhérents pour leur demander de prendre position, se rappelle-elle. La plupart suivent Germaine à Force Ouvrière. J’ai aussi reçu des menaces et des insultes de la part de certains, mais je ne m’en suis pas occupée. Au congrès constitutif de FO, en 1948, je n’y étais pas, car j’étais enceinte, se souvient encore Germaine.

Sa fidélité à l’organisation syndicale ne se démentira pas au fil du temps. Son dévouement aux œuvres sociales non plus. Germaine en sera une pionnière dans le Maine-et-Loire. Elle contribue au début des années 70 à la création d’un camping, Les Onchères, sur l’Ile de Noirmoutier, en Vendée. Un camping dont elle assurera la présidence pour le compte des œuvres sociales des PTT.

L’important, c’était de payer sa cotisation. Une cotisation, ça se paye !, aime-t-elle à répéter, un sourire au coin des lèvres, lorsqu’elle évoque son passé de trésorière dans son syndicat FO. Une fonction syndicale qu’elle occupera jusqu’en 1976, année de son départ à la retraite. Germaine sera ensuite responsable pendant une quinzaine d’année de la section des retraités FO des PTT du département, puis de la région. Avant de prendre sa retraite du syndicat, lorsqu’elle quitte la région pour se rapprocher de sa fille, qui habite en Ile-de-France.