Congrès d’UD

Charente : un nouveau secrétaire général et des délégués déterminés à combattre

, Evelyne Salamero

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Pas moins de 260 militants participaient au congrès de l’Union départementale FO de la Charente le 13 novembre 2018, sous la présidence du secrétaire général de la confédération, Yves Veyrier. Les délégués de soixante syndicats ont défini les priorités pour les trois années à venir et élu un nouveau secrétaire général. Henri Lalouette (enseignement professionnel) prend ainsi la suite de Patrick Gardin qui a fait valoir ses droits à une retraite bien méritée.

Combattre l’austérité et défendre l’emploi. Telle est la première des priorités mise en avant par les délégués au congrès de l’Union départementale FO de la Charente. Comment s’en étonner ? Dans ce département, le nombre de « bénéficiaires » du RSA avait déjà augmenté de 30% en 2017 par rapport à 2009. Les jeunes s’en vont. Le taux de chômage reste supérieur à la moyenne nationale (9,8% contre 9,1%) et sa légère baisse ces trois dernières années s’explique par le recours aux contrats précaires et aux temps partiels subis.

On ne peut pas accepter une modernité fondée sur la paupérisation des travailleurs

On ne peut pas accepter une modernité fondée sur la paupérisation des travailleurs et la dégradation de leurs conditions de travail. On ne peut pas nous expliquer que la simplification administrative et le numérique vont remplacer les services publics de proximité et opposer une France périphérique à celle des métropoles, a notamment déclaré le nouveau secrétaire général de l’Union départementale, Henri Lalouette.

Les syndicats FO de la Charente sont tout aussi déterminés à se battre pour l’augmentation générale des salaires, des pensions de retraite, des allocations et des minima sociaux. Au-delà de cette revendication immédiate, les délégués ont réaffirmé leur volonté de défendre la protection sociale, l’assurance-chômage, les retraites et les pensions.

Approuvant la décision de la confédération FO de ne pas signer l’accord sur les retraites complémentaires concocté par le Medef et la CFDT qui recule notamment de 62 à 63 ans l’âge permettant de bénéficier de la pension complémentaire à taux plein, les militants FO charentais ont commenté : à terme le Medef, la CFDT et leurs alliés veulent faire évoluer les retraites complémentaires d’un régime de droit vers un régime d’aide sociale.

Tout cela, concluent-ils, participe de la tentative de mettre en œuvre une réforme systémique des retraites visant à la création d’un régime unique à minima, favorable aux fonds de pension et aux régimes par capitalisation, dont la crise actuelle a confirmé tous les dangers.

Le développement de FO : les militants charentais ne se reposeront pas sur leurs lauriers

Actuellement, FO est la deuxième organisation syndicale du département dans le secteur privé, avec un taux de représentativité de 21,57%. Mais si les résultats sont particulièrement bons dans l’industrie (26,75%) et le Commerce (28,11%), la marge de progression reste importante dans l’agriculture, les activités diverses et l’encadrement.

Les délégués ont donc appelé l’ensemble des militants à poursuivre et amplifier la syndicalisation par la mise en place de nouvelles implantations, par le renfort des structures existantes et par l’accroissement du nombre (des) adhérents.

Ils ont aussi insisté sur la nécessité de revendiquer et négocier des moyens syndicaux nouveaux qui permettront d’agir plus efficacement.

Pour les y aider, le nouveau secrétaire général, Henri Lalouette, compte beaucoup sur le lancement d’un journal qui s’adressera avant tout aux adhérents et la pratique d’un syndicalisme de proximité, sur le terrain, car le temps des grandes déclarations est fini.