Chili : les revendications sociales au cœur de la contestation

International par Evelyne Salamero

Manifestation du 8 novembre 2019 à Santiago du Chili. © Adrian Manzol/ZUMA Wire

Le 12 novembre, plus de deux millions de Chiliens répondaient à l’appel à la grève générale lancé par un ensemble d’organisations regroupées au sein d’un comité national de grève.

P lus de 90 % du secteur public et plus de 60 % du secteur privé chiliens étaient à l’arrêt le 12 novembre dernier, indiquait la CUT (Centrale unitaire des travailleurs) au soir de la grève générale à laquelle elle avait appelé, avec d’autres organisations. Cette mobilisation se veut un ultimatum pour le gouvernement, avec une revendication claire : une nouvelle Constitution via une assemblée constituante et non via le Congrès actuel, déclarait Barbara Figueroa, présidente de la centrale.

Déclenché par une hausse du prix du ticket de métro à la mi-octobre, le mouvement de contestation populaire n’a cessé de prendre de l’ampleur dans ce pays classé par l’OCDE en 2016 comme le plus inégalitaire de ses trente-six États membres. Nous avons manifesté des milliers de fois dans la rue sans que personne ne nous écoute. Aujourd’hui le Chili s’est réveillé et c’est une bonne chose, expliquait un autre dirigeant de la CUT lors de la conférence de presse annonçant l’appel à la grève.

Des rustines ne suffiront pas

Une grande partie de ce que demande le peuple chilien suppose de satisfaire les revendications des travailleurs. Des rustines ne suffiront pas, il faut des changements structurels, ajoutait un responsable du syndicat du secteur du bâtiment et de l’assemblage industriel.

Les syndicats chiliens revendiquent notamment la liberté de négociation collective au niveau de la branche, la reconnaissance du droit de grève comme droit fondamental, ainsi qu’une augmentation du salaire minimum à 500 000 pesos (585 euros) et non à 350 000 pesos comme le propose le gouvernement. De plus, ils refusent que cette hausse soit payée par l’État sous forme de bons, ce qui reviendrait à subventionner les employeurs sur le dos de l’ensemble de la population. Autre grande revendication : le retour à un véritable système de sécurité sociale, en opposition aux fonds de pension privés mis en place par la réforme de 1980 pour remplacer l’ancien système de retraite par répartition. Dans l’immédiat, souligne la CUT, il s’agit de garantir une pension minimum qui ne puisse pas être inférieure au salaire minimum revendiqué de 500 000 pesos.

Evelyne Salamero Journaliste à L’inFO militante - Rubrique internationale

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