Dans les Ardennes, FO combative malgré la crise

Congrès d’UD par Clarisse Josselin, journaliste L’inFO militante

Le XXIXe congrès de l’union départementale FO des Ardennes s’est tenu le 7 novembre à Charleville-Mézières avec 200 participants et sous la présidence de Marjorie Alexandre. Dans ce département très rural, malgré une situation économique grave, FO parvient à maintenir le nombre de ses adhérents.

C’était un congrès positif dans un climat économique difficile, résume Jean-Pierre Glacet, qui a été réélu à l’unanimité des congressistes au poste de secrétaire général pour un second mandat. Le département des Ardennes perd 1 200 habitants par an, soit près de 5 par jour, sur une population totale de 265 000 personnes. La seule tranche d’âge qui augmente c’est les plus de 60 ans, ajoute-t-il. Les plus jeunes quittent le département pour trouver un emploi. D’autres partent dès leurs études, les Ardennes ne disposant pas d’université.

Dans le département, l’activité économique traditionnelle est l’industrie et notamment la métallurgie, un secteur en pleine crise. Il y a eu la fermeture des hauts-fourneaux de La Chiers dans les années 1980 avec 1 500 emplois supprimés, puis une succession de catastrophes, poursuit le secrétaire général. Ainsi, la fermeture d’Electrolux en 2018, un fleuron qui par le passé avait compté plusieurs milliers de salariés. Aujourd’hui encore, près d’un salarié sur trois travaille dans l’industrie et un sur quatre dans la métallurgie.

Le département dispose cependant de quelques fleurons, comme l’usine Hermès spécialisée dans la fabrication de sacs à main. FO est y est le seul syndicat implanté. La marque de luxe va même renforcer son implantation puisqu’une nouvelle maroquinerie est en construction, avec 250 emplois supplémentaires à la clé.

Services publics : FO se bat pour maintenir des points d’accueil de proximité

Reste que l’an dernier, le département a enregistré une baisse de 960 emplois, soit 1,8% du total. Quant aux embauches, les contrats précaires sont en forte augmentation dans le privé comme dans le public. Dans le département, le taux de chômage, de 10,5%, est largement supérieur à la moyenne nationale (8,5%). Il atteint même 12% dans le nord du département. Il y a tellement peu d’offres d’emplois ici que Pôle emploi a envisagé de transférer 17 emplois ETP vers l’Alsace, dénonce Jean-Pierre Glacet. L’intervention de FO auprès du préfet a freiné les choses. Dans sa résolution, le congrès estime au contraire que les Ardennais ont besoin d’accompagnements spécifiques. Il demande plus de moyens aux structures compétentes pour assurer un suivi de qualité aux demandeurs d’emploi.

Ce département très rural est un désert administratif à tous les niveaux déplore Jean-Pierre Glacet. L’UD se bat notamment pour maintenir des points d’accueil de proximité dans les sous-préfectures. Le congrès s’oppose à tous les plans d’austérité mis en œuvre par les gouvernements successifs et aux concepts de contractualisation, de déconcentration et de mutualisation des moyens qui menacent les administrations. Il condamne aussi la politique de suppressions d’emplois statutaires, avec pour conséquences un affaiblissement du service public et une dégradation des conditions de travail des agents.

Avec 22% de représentativité, FO demeure incontournable

Le congrès appelle à poursuivre le combat contre les licenciements, les fermetures d’entreprises et les suppressions de services publics de proximité. Il rappelle aussi son opposition à toute réforme systémique des retraites qui remettrait en cause le système par répartition basé sur la solidarité intergénérationnelle. Chez nous à 55 ans les métallos sont rincés, il n’y a plus grand monde au travail, ajoute Jean-Pierre Glacet.

Malgré ce climat économique, FO parvient à maintenir le nombre de ses adhérents. C’est une performance avec la baisse de 1,8% des emplois, souligne le secrétaire général. FO enregistre aussi 27,43% de taux de présence dans les entreprises et 22,07% de représentativité, en augmentation. FO demeure incontournable, se félicite-t-il. La CGT et la CFDT sont à 27%. On n’est pas entendus de la même façon quand on est proche des deux autres organisations syndicales.

Pour le prochain mandat, la priorité sera mise sur le développement et la syndicalisation. Cela passera notamment par la poursuite des permanences de l’Afoc et du service juridique. Un autre axe sera la relance des unions locales. Il y en a 5 actives, d’autres en sommeil dans la vallée industrielle, l’objectif est d’en rouvrir 2 ou 3 .