Revue de presse

Des maux, une lettre et un débat

, Michel Pourcelot

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© Charles ROBERGE/REA

La « Lettre aux Français » adressée par le chef de l’exécutif le 13 janvier et préludant à un « grand débat national » officiellement ouvert le 15 janvier 2019 a été abondamment commentée dans les médias. Aperçus.

L’Est-Eclair
Des chiffres et une lettre : Initialement diffusée dans les médias et sur les réseaux sociaux, la lettre du chef de l’État devrait finalement bien être envoyée à tous les Français. Une opération qui pourrait coûter très cher, près de 10 millions selon France Inter. Un pognon de dingue.

Le Monde
Parlant d’argent, la question du pouvoir d’achat est évacuée de la lettre d’Emmanuel Macron, alors qu’il s’agit d’une des préoccupations centrales du mouvement, autour de revendications comme celles d’une hausse du salaire minimum ou du plancher minimal des retraites, ou encore la limitation des loyers.

L’Union
Car Leur préoccupation, c’est pouvoir d’achat, pouvoir d’achat, pouvoir d’achat : pendant un mois, les habitants des petites communes ont exprimé leur colère et leurs revendications sur des cahiers de doléances ouverts dans les mairies. Le résultat doit à présent alimenter le grand débat voulu par le gouvernement, désireux de trouver une issue à la crise des Gilets jaunes.

Ouest-France
Près d’un Français sur deux souhaite que le thème du pouvoir d’achat soit abordé pendant le Grand débat national qui s’ouvre ce mardi 15 janvier. [...] Quels sujets seront abordés pendant le Grand débat national qui commence ce mardi ? Selon un sondage Elabe pour BFMTV datant de ce mardi 15 janvier, les Français plébiscitent les thèmes ayant trait au pouvoir d’achat et à la baisse des taxes. 40 % des Français comptent participer au Grand débat national, mais un tiers seulement estime qu’il permettra une sortie de la crise des Gilets jaunes. La majorité d’entre eux juge en outre que l’exécutif ne tiendra pas compte des opinions exprimées.

Le Figaro
Un débat qui prête à débat. Pour Arnaud Benedetti, professeur associé à l’Université Paris-Sorbonne, qui vient de publier Le coup de com permanent (éd. du Cerf, 2017), Le chef de l’État corsète le débat sur le logiciel économique et social. On voit qu’il y a là assez peu à négocier. Excluant un retour à l’ISF, marqueur fort de la revendication giletiste, l’exécutif reste intraitable sur ses fondamentaux. Or toute la difficulté relève de ce sentiment diffus d’une partie de l’opinion qui considère que les grandes orientations économiques et sociales échappent de plus en plus à la confrontation démocratique. Macron est platement maastrichtien : pour lui, la décision économique relève d’abord de l’expertise, mais pas de la sphère démocratique. Peut-être est-il dans d’autres sphères ?

L’Express
Des sphères toujours alignées sur le même cap : L’exécutif avance pourtant sur une ligne de crête. Tout en jouant la carte de l’écoute et de la proximité, il a d’ores et déjà tracé des lignes rouges : pas question de détricoter les réformes entreprises depuis l’été 2017, encore moins de changer de cap.