Emploi

Deutsche Bank : un plan social sans précédent

, Michel Pourcelot

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Deutsche Bank. © Arne Dedert/ZUMA Press/ZUMA/REA

Le géant bancaire allemand va se séparer de 20% de son effectif mondial. Soit quelque 18.000 suppressions de postes. Si ce n’est pas le seul de ce secteur à tailler dans ses coûts, la santé du mastodonte d’outre-Rhin inquiète, tant sa chute pourrait être douloureuse.

Après avoir déjà supprimé des milliers de postes ces dernières années, le groupe bancaire allemand Deutsche Bank (DB) a présenté le 7 juillet dernier le plan de restructuration le plus important de son histoire. Et il a aussitôt commencé à le mettre en œuvre. Le nombre de ses effectifs devrait passer de quelque 92.000 à 74.000 (postes à temps plein). Le spectre d’un effondrement du type Lehman Brothers, intervenu il y a une décennie, a été évoqué, Deutsche Bank étant classé dans les banques systémiques.

Trop d’affaires nuisent aux affaires

Si sont invoqués des problèmes liés aux taux négatifs de la BCE (banque centrale européenne), le géant de Francfort a été plus sérieusement plombé par un nombre incalculable d’affaires et de procédures judiciaires, allant de la fraude fiscale aux malversations financières, voire économico-politiques. Le groupe, qui visait les plus hautes marches mondiales, paye encore les errements sur les « subprimes » qui ont conduit à la crise de 2007-2008. Il a dû s’acquitter d’une amende de 7,2 milliards auprès du Département de la Justice américain en 2017 et traîne toujours pas moins de 288 milliards d’euros d’actifs douteux, qui en fait, selon l’aveu de la direction même, ne valent seulement que 74 milliards d’euros. Tant vanté, le secteur bancaire allemand connaît depuis quelque temps de sérieuses difficultés et a supprimé 32.000 postes en 2018, soit 5,4% de ses effectifs, un record depuis 1990. Les milliards valsent, les salariés trinquent.