Communiqué de Force Ouvrière

Droit à la migration : L’urgence d’une cohésion et d’une solidarité européenne

, Andrée Thomas

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Au-delà des annonces faites par le Président François Hollande lors de la Conférence de presse du 7 septembre 2015, concernant l’accueil de 24 000 réfugiés sur 2 ans et la proposition d’organiser une conférence internationale sur la crise migratoire, le sort des milliers de migrants fuyant la guerre et la misère, reste dramatique.

La Confédération Force Ouvrière réclame à nouveau, la mise en place d’une cohésion et d’une solidarité européenne en matière migratoire

Pour Force Ouvrière, migrer dignement est un droit fondamental et gérer collectivement et de manière solidaire les afflux de réfugiés est un devoir.

L’Europe ne doit pas ériger davantage de barrières ou laisser les premiers pays d’entrée seuls face à la gestion de cette crise mais instaurer un principe effectif de solidarité de tous les pays.

Pour Force Ouvrière, répondre dignement et solidairement à cette situation dramatique est une obligation.

L’Europe que nous voulons est une Europe humaine, sociale et solidaire à l’ opposition des modalités actuelles de la construction européenne.

Outre l’urgence d’une réflexion de fond sur la nécessaire mise en place d’une politique migratoire européenne, nous revendiquons la suspension des accords de Dublin et l’application de la directive européenne relative à la protection temporaire en cas d’afflux massif de personnes déplacées.

Force Ouvrière dénonce par ailleurs, la situation indigne et intolérable qui se déroule à Calais et ses répercussions humanitaires inadmissibles sur les migrants et la population locale.

Pour Force Ouvrière, au nom des droits de l’homme et de la dignité humaine l’Europe et tous ses acteurs politiques doivent surmonter les divisions et apporter une réponse commune à cette urgence humanitaire et politique.

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Éphéméride

21 mars 1884

Les syndicats deviennent légaux
Dans la foulée des grandes lois démocratiques sur l’école laïque et sur la liberté de la presse, la République se rend à l’évidence et renonce à mettre hors la loi un mouvement qui, de toute façon, s’exprimera. Après le traumatisme engendré par les massacres de mai 1871, le mouvement ouvrier reprend (...)

Dans la foulée des grandes lois démocratiques sur l’école laïque et sur la liberté de la presse, la République se rend à l’évidence et renonce à mettre hors la loi un mouvement qui, de toute façon, s’exprimera. 

Après le traumatisme engendré par les massacres de mai 1871, le mouvement ouvrier reprend progressivement de l’ampleur. 

En 1872, le gouvernement dissout le Cercle de l’Union ouvrière de Paris qui réunit quinze chambres syndicales. Pour faire face à la multiplication des grèves, le pouvoir accepte enfin l’abrogation de la loi Le Chapelier et des articles du Code pénal napoléonien contre les coalitions, qui interdisaient depuis 1791 le principe même des associations de défense des « prétendus intérêts communs » des ouvriers. 

Jules Ferry est l’initiateur, dès 1880, d’un projet de texte législatif, autorisant les syndicats (ouvriers et patronaux). Mais, confronté aux multiples tentatives d’enlisement menées par les députés les plus conservateurs, ce n’est qu’à l’issue de quatre ans de bataille parlementaire que Waldeck-Rousseau, alors ministre de l’Intérieur du second gouvernement Ferry, pourra, enfin, faire voter la loi du 21 mars 1884. Elle soumet le fonctionnement des syndicats à des règles strictes. Elle marque cependant le point de départ pour de nouvelles étapes : l’organisation des salariés peut désormais se développer au grand jour, mais à l’extérieur des ateliers et usines, les syndicats restant interdits sur les lieux de travail. Il n’est également pas question d’autoriser les syndicats dans la fonction publique. 

« Les syndicats ou associations professionnelles, même de plus de vingt personnes, exerçant la même profession, des métiers similaires ou des professions connexes concourant à l’établissement de produits déterminés, pourront se constituer librement sans l’autorisation du gouvernement » affirme cette loi, qui accorde également à ces syndicats professionnels « le droit d’ester en justice », de disposer du produit de leurs cotisations, d’acquérir les immeubles nécessaires à leur activité, de constituer des caisses de secours mutuels ou de retraites. Ces syndicats professionnels peuvent, certes, former des unions de syndicats, mais ces unions ne peuvent, elles, ni posséder d’immeubles, ni entamer des actions en justice. Enfin, obligation est faite à ces syndicats de déposer leurs statuts et d’indiquer les noms de leurs dirigeants, qui devront impérativement être français et jouir de leurs droits civils. 

Ces nombreuses contraintes ont pesé lourd. La généralisation des syndicats professionnels espérée par Jules Ferry et Waldeck-Rousseau a été beaucoup plus lente que prévu. Essor bien évidemment freiné par le patronat qui multiplie les menaces sur les ouvriers pour retarder l’application de la loi. 

Face à cette offensive en règle, les dirigeants ouvriers sont divisés, avec d’un côté, les défenseurs d’un syndicalisme indépendant, et de l’autre, les"guesdistes", pour qui la lutte a une finalité essentiellement politique. Ces derniers ne veulent voir, du moins dans un premier temps, dans la loi de 1884 qu’une tentative de récupération et d’intégration du mouvement ouvrier. Une fédération nationale des Syndicats est créée à Lyon en octobre 1886 mais les rivalités en son sein entre"guesdistes"et"possibilistes"diminueront son influence. Elle sera concurrencée en 1892 par la fédération des Bourses du Travail. Ces divisions sont mal vécues par la classe ouvrière. Cette dernière impose dès 1893 un processus de rapprochement entre les deux organisations qui aboutira deux ans plus tard à la constitution de la première centrale syndicale, la Confédération générale du Travail.