Retraites

Editorial de Philippe Pihet : Le tabou de l’âge a sauté !

, Philippe Pihet, Secteur Retraites

Recommander cette page

FO Actualités Retraites n°75

PDF - 2.9 Mo

C’est le commentaire du représentant de la délégation patronale au soir du 30 octobre dernier, saluant l’accord sur les retraites complémentaires qu’il venait de trouver avec trois syndicats signataires. C’est, en effet miroir, exactement ce pourquoi notre confédération a refusé de signer cet accord.

Non seulement les régimes ne sont pas sauvés comme s’en glorifient les signataires, mais ils vont changer profondément, en passant d’essentiellement contributif à un système beaucoup plus redistributif.

Jusque là, le système de retraite des salariés du privé s’appuyait sur un régime de base, principalement solidaire et deux régimes complémentaires contributifs. L’accord du 30 octobre 2015, en introduisant une variable constituée par la situation fiscale du ménage, modifie les équilibres patiemment construits depuis plus de cinquante ans.

En fait, l’unique message des signataires est bien en direction de la classe politique qui ne s’est pas fait prier pour en accuser rapidement réception. Le recul de l’âge légal est maintenant possible pour les politiques qui prendront appui sur l’accord.

Pire, si c’est possible et tel qu’il est conçu, l’accord produira ses effets néfastes quel que soit l’âge légal arrêté par les pouvoirs publics. Il est en effet précisé qu’il faut différer sa demande de retraite complémentaire de quatre trimestres à partir du moment où la ou le futur(e) retraité(e) remplira les conditions « du taux plein ». Sauf incompétence notoire, l’ensemble des négociateurs savaient que cela signifiait à la fois un âge et un nombre de trimestres.

Quant aux « garanties » prévues pour les plus modestes, elles ignorent également le droit fiscal : ce n’est pas le montant du droit qui est déterminant mais le revenu fiscal de référence du foyer. Vous avez pu lire le détail de l’analyse que nous avons faite en son temps, je resterai au niveau « politique » pour confirmer que les signataires ont et auront une lourde responsabilité si l’âge légal venait à être relevé dans les années futures.

Pour notre part, respectant le mandat qui nous avait été donné, nous n’avons pas signé, comme il sied à un syndicat libre de ses choix et indépendant de toutes pressions extérieures.

A propos de cet article

Sur les auteurs

Philippe Pihet

Secrétaire confédéral au Secteur des Retraites, de la Prévoyance complémentaire


  • Retraites, pensions et retraites complémentaires
  • Prévoyance sociale et Assurance maladie complémentaire
  • Union Confédérale des Retraités (UCR)
  • Vieillesse et dépendance

Envoyer un message à Philippe Pihet

Sur le même sujet

Vidéos sur le même sujet

Dossiers sur le même sujet

Mots-clés associés

En complément