Finances publiques : un mouvement de grève de grande ampleur

Service Public par Valérie Forgeront

Rassemblement DGFIP en Haute-Marne ce 16 septembre 2019.

A l’appel de l’intersyndicale comprenant le syndicat FO-DGFIP, les agents des services des finances publiques étaient en grève ce 16 septembre. Et le moins que l’on puisse dire c’est que le mouvement est fort indiquait en début d’après-midi Hélène Fauvel, secrétaire générale du syndicat FO.

Avec une moyenne nationale de 40% de grévistes, le mouvement de contestation aux finances publiques (DGFIP) est d’ampleur. A midi ce 16 septembre on comptabilisait 72% d’agents en grève dans le Finistère, 75% en Corrèze, 58% dans le Cher, 54% dans le Maine-et-Loire, 61% en Haute-Marne... Actuellement se tiennent des assemblées générales et déjà dans trois départements (Vendée, Rhône, Finistère), les agents ont décidé de reconduire la grève précise Hélène Fauvel, la secrétaire générale du syndicat FO-DGFIP.

Les agents s’élèvent contre les suppressions d’effectifs (près de 5 800 sur l’ensemble des ministères économiques et financiers d’ici 2022 dont environ 4 900 suppressions à la DGFIP). Ils contestent aussi une nouvelle réforme baptisée « géographie revisitée » par le ministre de l’Action et des comptes publics, Gérald Darmanin.

Les collègues sont très remontés !

Cette réforme viendrait en quelque sorte en appui au programme de massacre des effectifs. La géographie revisitée consiste en effet en une refonte du réseau DGFIP et de ses implantations. Elle prévoit de faire disparaître environ un millier de trésoreries sur 1 600 d’ici 2022. Concrètement 68% des sites de plein exercice seraient rayés de la carte. Ces implantations seraient remplacées par des ersatz de services intitulés « points d’accueil de proximité ». Or, dans la plupart des cas, l’accueil y serait rudimentaire, limité par exemple à la présence ponctuelle d’un agent qui plus est itinérant. Sur le territoire, beaucoup d’élus ne s’y sont pas trompés. Certains comme dans le Pas-de-Calais ou encore à Toulouse soutiennent ouvertement les grévistes de la DGFIP indique Hélène Fauvel.

Les collègues sont très remontés contre les attaques menées par le gouvernement envers les services des finances publiques, leurs missions, leurs implantations, leurs emplois et les conditions de travail des agents explique la militante.

Par cette grève assortie ce 16 septembre de rassemblements organisés devant les trésoreries mais aussi à Paris/Bercy, les personnels (quelque 104 000 à la DGFIP) signifient au gouvernement leur rejet d’une réforme destructrice du maillage territorial propre aux finances publiques et des missions mêmes de services désormais exsangues par les suppressions de postes infligées en quelques années : autour de 40 000 en moins de vingt ans.

Multiplier les actions et mobilisations dès le 17 septembre

Alors que le mouvement de grogne a débuté par une première grève fin janvier, les agents refusent de subir la dégradation des conditions de travail qui s’installe insidieusement, faute d’effectifs suffisants et alors que les multiples restructurations au sein de la DGFIP ont désorganisé et compliqué le travail des personnels.

C’est bien le programme du comité CAP22 (recherche/propositions de réformes structurelles visant à réduire la dépense publique, NDLR) que le gouvernement est en train de mettre en œuvre. (…) Nous sommes face à une modification profonde des conditions d’exercice des missions, à leur transfert, voire à leur abandon expliquent cinq syndicats de la DGFIP dont FO. Cette désagrégation sera inévitablement assortie de mobilités fonctionnelles et géographiques forcées (la nouvelle loi de transformation de la Fonction publique apporte d’ailleurs tous les outils pour cela, NDLR), de conditions de travail dégradées et d’une remise en cause profonde de notre avenir et professionnel et personnel sans commune mesure avec ce que nous avons déjà connu.

Les agents qui demandent au ministère de l’Action et des Comptes publics et plus largement au gouvernement d’abandonner leurs projets dévastateurs appellent à multiplier dès le 17 septembre et les jours suivants les actions et mobilisations, sous toutes les formes déterminées collectivement, y compris en décidant la reconduite de la grève.

Valérie Forgeront Journaliste à L’inFO militante

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