FO Hebdo n°3159 du 20 mai 2015

Chaque semaine les articles du magazine et leur prolongement en ligne.

À la une

Éditoriaux de Jean-Claude Mailly

Événement

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  • La dépense moyenne par collégien au plus bas depuis 15 ans

    , par Mathieu Lapprand

    Alors que le ministère de l’Éducation nationale affiche une hausse des dépenses par collégien, les chiffres de son tableau de bord sont formels, si tant est qu’on les harmonise en tenant compte des chiffres de l’inflation de l’Insee : depuis 4 ans, les dépenses par élève du collège et plus globalement (...)

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Actualité

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Idées

Pratique

La force des droits - FO Hebdo

Ce qui change

À compter du 1er juin 2015, les salariés travaillant plus de 32 heures par mois pour un même particulier employeur pourront, s’ils le souhaitent, toucher la totalité de leurs congés payés lors de la prise effective de vacances. Pour les autres, le versement mensuel de l’indemnité compensatrice de (...)

Le chiffre de la semaine - FO Hebdo

15,2 millions d’euros

C’est le montant de l’amende infligée, le 6 mai, par l’Autorité de la concurrence à une vingtaine d’industriels de la volaille et deux syndicats professionnels pour entente commerciale. Les industriels devront aussi créer une interprofession de la filière avicole associant éleveurs et grande (...)

Entre militants

Emploi et Salaires - FO Hebdo

Le conflit : La clinique des Trois Cyprès

FO a appelé l’ensemble des salariés de la clinique des Trois Cyprès, à La Penne-sur-Huveaune (13), à faire grève à partir du 4 mai pour obtenir l’abandon des nouveaux plannings. Ces derniers ne respectent « ni la législation, ni la continuité et la qualité des soins », selon un tract de FO Santé privée. (...)

Emploi et Salaires - FO Hebdo

L’élection : Entrepôt Amazon de Lauwin-Planque

Le tribunal d’instance de Douai a annulé, le 24 avril, le premier tour des premières élections à l’entrepôt Amazon de Lauwin-Planque. FO, suivie de la CGT, avait claqué la porte des négociations préélectorales et refusé de signer le protocole. « La direction ne respectait pas les règles sur l’ancienneté (...)

Emploi et Salaires - FO Hebdo

L’alerte : Delphi France à Périgny

FO Métaux dénonce la fermeture, annoncée en CCE le 4 mai, du site Delphi France à Périgny, qui emploie 320 salariés. L’équipementier automobile prétexte une perte de volume de production et la volonté des actionnaires de produire dans des pays à bas coûts. FO s’insurge contre cette « stratégie de (...)

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  • Delphi France : Fermeture du site de Périgny en 2016

    , par Métaux

    La Direction de l’équipementier automobile Delphi France a annoncé, lors du Comité Central d’entreprise du 4 mai 2015, la fermeture du site Delphi France à Périgny qui produit des injecteurs.
    La fermeture du site de Périgny concerne 320 salariés qui risquent de perdre leurs emplois.
    La direction (...)

En complément

Agenda

Tous les événements à venir

  • Jeudi 14 décembre de 08h33 à 08h58

    France info
    Jean-Claude Mailly sera l’invité de Jean-Michel Aphatie sur France Info

Éphéméride

14 décembre 1923

Mort de Théophile-Alexandre Steinlen
Article de Théodore Beregi paru dans Force Ouvrière n°397, daté du 10 septembre 1953. À l’occasion du trentième anniversaire de la mort de Steinlen, célèbre par ses dessins, ses peintures et ses lithographies, la Bibliothèque Nationale lui a consacré récemment une très belle exposition, où nous avons pu (...)

Article de Théodore Beregi paru dans Force Ouvrière n°397, daté du 10 septembre 1953.

À l’occasion du trentième anniversaire de la mort de Steinlen, célèbre par ses dessins, ses peintures et ses lithographies, la Bibliothèque Nationale lui a consacré récemment une très belle exposition, où nous avons pu admirer dans la variété et la diversité de ses compositions un talent viril et spontané, un style vif et châtié, auxquels cet artiste français d’origine suisse, dut naguère sa popularité et son succès.

Son élan vers le prolétariat vint sans doute de sa générosité foncière, mais aussi de son goût pour des thèmes simples, humains et concrets qui expriment les faits vécus et les événements immédiats de la vie. Sa sensibilité et ses idées sociales le guidaient vers la classe ouvrière dont l’exaspération et la détresse l’inspiraient et le stimulaient curieusement, ce qui donna à son art une puissance d’expression une âpreté et des traits incisifs. Il y eut très peu d’artistes à fin du XIXe siècle comme Steinlen pour sentir avec autant d’acuité la portée du mouvement social du prolétariat en faveur de sa libération et de son émancipation.

Dans ses dessins, ses lithographies ou ses eaux-fortes, qui représentent soit une scène tragique de la vie ouvrière, soit un événement provoqué par un patronat égoïste, on sent le sentiment de la solidarité, la communion d’idées qui lient Steinlen à la révolte et aux aspirations du prolétariat, d’autant plus qu’ils évoquent des inquiétantes vérités universelles que Steinlen a su traduire dans toutes ses formes et dans toutes ses manifestations. Par cet art audacieux et sincère, il a acquis la sympathie chaleureuses de Sévérine, de Paul Delesalle, l’amitié admirative d’Anatole France qui l’a si bien compris : « Il aime les humbles, écrit-il, et il sait les peindre. La pitié coule de ses doigts habiles à retracer la figure des malheureux. Il est doux. Il est violent aussi. Quand il représente les méchants, quand il fait des tableaux de l’injustice sociale, de l’égoïsme, de l’avarice et de la cruauté, son crayon éclate, flamboie, terrible comme la justice vengeresse. Cette haine est encore de l’amour…. »

Les réflexions si probantes d’Anatole France sont illustrées par des lithographies révolutionnaires de Steinlen qui ont paru en 1894 sur les premières pages de Chambard Socialiste, revue satirique de Géraud Richard. C’est une lithographie expressive, empreinte d’une douloureuse ironie, intitulée : « Jolie société » où des chiens des riches sont plus heureux que les enfants pauvres ; puis une autre : 18 mars glorifiant la Commune avec la légende de la Carmagnole : « Elle aura sa revanche, vive le son du canon. » Quelle intensité, de rythme et de puissance irrésistible dans Aujourd’hui, représentant les paysans français brisant le joug et écrasant le propriétaire terrien. La Sécurité des rues est inspirée par la fête du Premier Mai de 1894, avec cette légende sarcastique : « Grâce à l’attitude pacifique de la police, le Premier Mai s’est passé sans incident ». Une très belle lithographie : 24 mai 1871 qui set une allégorie vibrante de la Commune, attire notre attention. Mais comme elle est significative cette autre lithographie : Retour en arrière, avec cette légende : « La loi pour les retraites ouvrières est renvoyée à la prochaine session. » Une autre composition qui servit de programme au concert donne le 30 mars 1895 au profit de la soupe populaire du XVIIe arrondissement, avec une légende pleine d’allusion : « En attendant ! » qui présage la révolution sociale.

Steinlen a illustré le numéro spécial du 1er mai 1896 du Monde nouveau, journal socialiste. Sa composition a été inspirée par une chanson de Maurice Boukay : Le Soleil rouge, lorsque à l’aurore deux ouvriers du bâtiment chantent : « Vers la cité de l’avenir, l’Humanité poursuit sa route. » Le dessinateur y a mis toute sa flamme, son espérance et son enthousiasme.

En 1893, une grève éclate dans les mines du Pas-de-Calais ; les repressions impitoyables qui s’ensuivirent et les familles privées de pain ont suggéré à Steinlen un dessin en couleur : « L’attentat du Pas-de-Calais, 3.000 victimes », composition qui reflète l’anxiété et la détresse des ouvrières.

Il y aura encore de l’humour amer et atroce dans un autre dessin paru dans la revue satirique : L’Assiette au beurre, du 9 mai 1901, Fin de grève, avec cette légende : « Charmé de revoir ces gaillards qui voulaient nous faire mourir de faim ! » C’est le patron bien nourri et bien vêtu qui fait cette remarque aux ouvriers amaigris et abattus, qui ont dû renoncer momentanément à leurs revendications. Sa composition : La Catastrophe d’Issy, La Foudre a parlé, évoque la désolation des familles des victimes de l’explosion d’Issy-les-Moulineaux, produite le 14 juin 1901 à la poudrerie Gévelot, et faisant 17 morts.

Steinlen a aussi illustré le roman d’Émile Morel : Les Gueules Noires ; la couverture du livre de Paul Delesalle : Le Mouvement syndicaliste ; Crainquebille, d’Anatole France ; Les Soliloques du pauvre, de Jehan Rictus. Ses fusains, ses dessins aquarellés, ses toiles représentant des mineurs du Pas-de-Calais, des ouvriers du bâtiment, des terrassiers, des débardeurs, la sortie de l’usine, des blanchisseuses sont pleins de vie, de force, de naturel et d’une simplicité attrayante. Dans touts ces œuvres, c’est le cœur passionné et ardent d’un génial artiste qui palpite. Steinlen a donné le meilleur de lui-même aux ouvriers qu’il aimait, qu’il comprenait si bien et qu’il servit par son art subtil et robuste, dans leurs révoltes et leurs combats.
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