FO Hebdo n°3184 du 13 janvier 2016

Chaque semaine les articles du magazine et leur prolongement en ligne.

À la une

Éditoriaux de Jean-Claude Mailly

Événement

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Actualité

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  • General Electric / Alstom

    , par Métaux

    La Fédération FO Métaux réagit aux annonces de Général Electric qui veut supprimer 6 500 postes en Europe dont 765 en France.

Europe - FO Hebdo

Belgique : Grève du rail

Les cheminots belges étaient appelés à la grève les 6 et 7 janvier par les deux centrales, la FGTB et la CSC, qui revendiquent le maintien d’un nombre minimum d’agents et s’opposent à un plan d’augmentation de la productivité. Les branches flamandes de la FGTB et de la CSC du secteur avaient toutefois (...)

Chine - FO Hebdo

Grèves en hausse et vague de répression

Alors que le nombre de grèves a presque doublé en un an, plusieurs militants des droits des travailleurs ont été arrêtés en décembre. Le plus souvent, les grévistes s’opposent à des délocalisations d’usines vers l’Asie du Sud-Est. Leurs employeurs, fuyant la hausse des salaires de ces dix dernières années (...)

Pratique

La force des droits - FO Hebdo

Ce qui change

Le Smic a été indexé sur l’inflation au 1er janvier. Il s’élève à 1 466,62 euros brut mensuels, soit 6 euros net de plus par mois. Les tarifs réglementés du gaz (appliqués par Engie, ex-GDF Suez) ont baissé en moyenne de 2 % au 1er janvier. En revanche, la taxe intérieure de consommation sur le gaz (...)

Le chiffre de la semaine - FO Hebdo

150,3 millions

C’est le nombre de travailleurs migrants dans le monde, ce qui représente les deux tiers du total (232 millions) selon l’OIT (Organisation internationale du travail). Ils se concentrent dans le secteur des services, (106,8 millions), puis dans l’industrie, le bâtiment et enfin (...)

Entre militants

Le désaccord - FO Hebdo

Industrie et du commerce en gros de viande

La FGTA FO demande aux fédérations patronales de l’industrie et du commerce en gros de viande de « prendre leur responsabilité sociale » concernant l’avenir du régime de prévoyance de ce secteur où nombre de salariés vivent la pénibilité des métiers. Le 16 décembre, alors qu’une réunion paritaire devait (...)

L’accord - FO Hebdo

Essilor : accord sur les salaires

À l’issue d’une longue négociation, les métallos FO d’Essilor ont signé le 22 décembre un accord sur les salaires. Le premier depuis 2010 dans le cadre des négociations annuelles obligatoires. L’accord prévoit au total 2,3 % de hausse des salaires dont 1,8 % au titre d’augmentation générale, une enveloppe (...)

L’élection - FO Hebdo

Succès électoral chez SDVI

La section FO du site nantais de la Société de diffusion de véhicules industriels (SDVI, 180 salariés sur quatre sites) a recueilli une large majorité des suffrages lors des dernières élections professionnelles du 16 novembre. Dans cette entreprise qui compte près de deux cents salariés répartis sur (...)

En complément

Éphéméride

18 décembre 1915

Mort d’Édouard Vaillant
Article de Théodore Beregi paru dans Force Ouvrière n°600, le jeudi 29 octobre 1957 Dès sa jeunesse, Vaillant tout en étudiant la médecine, s’intéressait passionnément aux questions sociales et économiques de son temps. Il était naturellement destiné à la direction des combats par sa sensibilité et son (...)

Article de Théodore Beregi paru dans Force Ouvrière n°600, le jeudi 29 octobre 1957

Dès sa jeunesse, Vaillant tout en étudiant la médecine, s’intéressait passionnément aux questions sociales et économiques de son temps. Il était naturellement destiné à la direction des combats par sa sensibilité et son humanité. La compréhension immédiate du sort des déshérités l’orientait vers les groupements syndicaux en formation.

Nous sommes sous le régime dictatorial de Napoléon III. Ce dernier fait des tentatives renouvelées pour prendre sous sa protection « paternelle » la classe ouvrière mécontente de sa situation. Certes, l’Empereur toléra la constitution des sociétés mutualistes et des premières Chambres syndicales - il autorisa même à une importante délégation ouvrière de se rendre à l’Exposition universelle de Londres, mais lorsque les mineurs du Nord et du Pas-de-Calais se mirent en grève pour obtenir une augmentation de salaire et quand une section de l’Association internationale des travailleurs se forma en France, Napoléon III craignant pour la stabilité de l’Empire « libéral » dévoila son hostilité foncière et devint impitoyable. Il fit traquer et emprisonner les meilleurs militants des corporatives ouvrières.

C’est dans un tel climat psychologique et social, en effervescence continuelle que Vaillant se lança dans la mêlée, en donnant son adhésion à la Première Internationale. Il participa au deuxième Congrès de Lausanne (1867) et soutint avec Varlin et Frankel, les revendications ouvrières : la journée de huit heures, l’organisation de l’école-atelier et l’enseignement scientifique et professionnel. Sa popularité était si grande parmi les travailleurs du quartier du Temple qu’il fut élu membre de la Commune et délégué à l’enseignement.

Jusqu’à la Semaine sanglante il fut un des plus fervents partisans de la collaboration de la Commune avec les Chambres syndicales. Si les organisations ouvrières et les sociétés coopératives ont joué en 1871 un rôle actif dans la vie sociale, le mérite lui revient incontestablement. Après la défaite de la Commune de Paris, il put s’enfuir à Londres, où il devint membre du Conseil général de la Première Internationale. Condamné par contumace à la peine de mort par le Conseil de guerre de Versailles, Vaillant ne revint en France qu’après l’amnistie. Aussitôt il reprit la lutte pour le triomphe des idées qui lui étaient chères.

Lorsqu’il fut élu conseiller municipal dans le quartier du Père-Lachaise, Édouard Vaillant demanda des pensions pour les anciens combattants de la commune et proposa que le nom de ceux qui s’étaient distingués en 1793 et en 1871 fut donné à des rues de Paris.

Son sens de justice et d’équité le guidait encore quand il suggéra à la municipalité la réquisition des appartements inoccupés en faveur des sans-logis. La condition sociale des travailleurs était un de ces soucis constants. Vers 1884, la recrudescence du chômage avait forcément engendré la misère dans la population ouvrière. Pour remédier à cette situation il proposa l’institution d’un fonds de secours, destiné à verser aux chômeurs une allocation correspondant au coût moyen de la vie.

Dans toutes les circonstances des conjonctures sociales de l’époque, la classe ouvrière trouva Édouard Vaillant à là pointe du combat entre le capital et le travail ; elle pouvait compter sur son dévouement et sur son abnégation. Il était avec les mineurs en grève à Anzin, à Decazeville et à Carmaux, leur apportant son encouragement, sa parole chaleureuse, son concours réconfortant pour animer et maintenir la solidarité ouvrière.

Édouard Vaillant a toujours vécu parmi les travailleurs. Il connaissait la genèse de leur révolte, de leurs revers et de leurs aspirations, de même que l’égoïsme incommensurable la duplicité et le culte du Profit du patronat. Il a démontré que le rapport des forces détermine la défaite ou la victoire. Il a mesuré avec perspicacité le rôle éminent et la portée économique et sociale considérable des groupements syndicaux et le prouva en 1895, lors de la création de la Confédération Générale du Travail, en saluant avec enthousiasme cet événement capital de l’histoire syndicale.

Il est significatif que dans cette période critique où le sectarisme des politiciens ambitieux divisait le mouvement ouvrier, Vaillant, en prenant position se rallia spontanément aux initiatives des fondateurs de l’ancienne CGT, quand il écrivit : « Ce sont les représentants de la partie organisée, syndiquée de la classe ouvrière, qui, encore une fois, ont fait appel à tous les travailleurs, leur traçant la voie de leur émancipation et les invitant à sortir de la masse inorganisée pour grandir, fortifier l’organisation, et l’armée ouvrière de combat ».

Édouard Vaillant voyait, en effet, dans la Confédération Générale du Travail, la naissance d’une puissante force ouvrière, basée sur une structure unifiée, capable sur le plan national, avec plus de mordant et d’efficacité, de conduire les batailles corporatives entre les salariés et le patronat. Cependant, au-delà de luttes quotidiennes pour le mieux être il y a le but définitif que Vaillant n’a jamais perdu de vue et qu’il considéra comme la pierre angulaire de la théorie syndicaliste : la libération du monde du travail de la servitude capitaliste et la transformation complète de la condition économique des salariés.

Ainsi jusqu’à sa mort, survenue pendant la première guerre mondiale, « le père Vaillant » resta inébranlablement fidèle à lui-même, à ses principes syndicalistes et à la vision éthique de sa jeunesse. Il avait l’intelligence des sages et la foi profonde des apôtres.

Tel était Édouard Vaillant. Simple, infiniment bon, épris de liberté et de justice, grand défenseur des droits ouvriers, promoteur d’un idéal éternellement jeune et dont les convictions concordaient si parfaitement avec les actes de sa propre vie.

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